‹ La théorie platonicienne des sciencesChapitre 125 sur 276 · République, VI, 511 d · texte numérisé non relu

République, VI, 511 d

| 11 République, VII, 534 a.

4. République, VI, 511 d'; VII, 533 d : διάνοια. — VII, 522 ο, διάνοιαι.

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subjective à la vérité objective, — Platon le dit textuellement : du rêve à la veille ᾿. Mais ce rapport est encore celui que la δόξα soutient avec la νόησις : la δόξα, c’est le jugement, la croyance subjective, l’apparence. Done, dans la νόησις elle-même, se retrouve l'opposition de la δόξα et de l’ëcisréun. Aussi bien est-il impossible de marquer l’endroit où se fait, dans le Théétète, la transition entre le point de vue de la δόξα et le point de vue de la διάνοια 2. D’une part, la δόξα n’est qu'un moment de la διάνοια, n’est que la conclusion de la διάνοια, comme le jugement est la conclusion du raisonnement ὃ; d’autre part, on sait que la διάνοια raisonne sur des données qui, n'étant pas elles-mêmes soumises à la discussion et à l’analyse, sont de simples croyances, des jugements de l'âme. On est autorisé à assimiler la διάνοια, telle qu'elle est définie dans le Théétète et la République, à la δόξα ἀληθὴς μετὰ λόγου, telle qu’elle est définie dans le Théétète.

De là le caractère absurde et instable des « sciences», entendues au sens vulgaire. Le jugement est un acte de l'âme; l'âme est un développement dans le temps; mais alors la science, puisqu'elle consiste,

à ce point de vue, dans une succession d’actes de

1. République, VI, 510 a; VII, 533 c : ὁρῶμεν ὡς ὀνειρώττουσι μὲν περὶ τὸ ὃν, ὕπαρ δὲ ἀδύνατον αὐταῖς ἰδεῖν.

2. Théélèle, 187 a : définition de la δόξα ; 189 ἃ : définition de la διάνοια.

9, Théétète, 190 a; Sophiste, 264 a : δόξα ... διανοίας ἀποτελεύτυσις.

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l'esprit, se développe et devient. « Non seulement parmi les sciences, les unes naissent, les autres périssent pour nous, et nous ne demeurons jamais identiques à nous-mêmes, même quant aux sciences qui sont en nous, mais encore la même chose arrive à chacune des sciences. Ce que l’on appelle apprendre {ou travailler, μελετᾶν), cela suppose que la science peut sortir de nous: car l'oubli, c’est la sortie de la science, et c’est l'action d'apprendre (l'étude, la μελέτῃ) qui, substituant une nouvelle mémoire à la mémoire perdue, renouvelle la science, et fait en sorte qu'elle paraisse demeurer identique à elle-même.» Mais la science vraie ne change pas avec- le temps, elle n’est pas en devenir ; elle est éternelle et immuable. Une science qui devient est contradictoire : or cette contradiction est celle du jugement.

Le jugement est un acte de l’âme : il est donc une réalité qui se produit à un certain instant du temps, en un certain point de l’espace, et cette réalité ne peut servir de mesure à la vérité intemporelle et universelle. On dit, plus précisément, que la science c’est le jugement vrai accompagné de raison (μετὰ λέγου). Mais qu'est-ce que la raison d'un jugement? Est-ce l'énumération complète des éléments de l’objet connu ?? Mais si, dans un cas donné, j'énumère complètement

1. Banquet, 207 e, 208 a. — Cf, Phèdre, 247 d e : ... καθορὰ (ἡ ψυχῇ)... ἐπιστήμην, οὐχ ἢ γένεσις πρόσεστιν, οὐδ᾽ ἢ ἐστί πον ἑτέρα ἐν ἑτέρῳ οὖσα ὧν ἡμεῖς νῦν ὄντων χαλοῦμεν.

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