‹ La théorie platonicienne des sciencesChapitre 131 sur 276 · Charmide, 174 b · texte numérisé non relu

Charmide, 174 b

3. V. dans le mythe du Phèdre l'emploi de termes empruntés au

sujet pour désigner l’objet de la contemplation. Phèdre, 240 ἃ : ὁρῶντι μὲν ὄψιν πρεσθυτέραν. — 253 6: ἰδὼν τὸ ἐρωτιχὸν ὄμμα.

-en soi est véritablement en soi, il n'est pas par rapport à la volonté ; si le beau en soi est véritablement en soi, il n'est pas par rapport à l'amour ; mais alors, en dehors de cette relation à la volonté et à l'amour, y a-t-il encore un bien et un beau ?

L'idée du beau est une idée complexe. On peut d'abord la considérer comme une idée dérivée, qui se ramène à l'idée du bien. Car le beau est tel par . son effet sur notre sensibilité, par son utilité ou le - plaisir dont sa contemplation est la cause ᾿ς Le beau, c'est la fin du désir, et le désir est le désir non de la beauté prise en soi, mais de la possession de la beauté. La soif est un désir, désir non pas de la boisson en soi, mais de la boisson en (ant qu'utile, où bonne, désir de boire la boisson ὃ. Le désir le plus profond dans l'âme est le désir du bonheur, c'est-à-dire le désir que le beau soit par rapport à elle (γενέσθαι αὑτῷ) ἢ. L'âme aime non le bien, mais

sa propre participation au bien, — non l'éternité ὯΝ 46 l'idée, mais sa propre immortalité 4, Si le beau δε est la fin du désir, le beau est défini non en soi, ἦν ἐ ὦ mais par le rapport extérieur qu'il soutient avec le ὶ ie désir: « le désir est cause de l'amour »°, Or cela est A contradictoire; car si le beau n'est fin que par le 7 + 41. Gorgias, 414 d. : δ 2. République, IV, 438 a.

᾿ς 3. Banquet, 901 d.

A4. Cf. Banquet, 206 a, 514. 5 ᾿ 8. Lysis, 331 d. ᾿ ἀν τὺ

plaisir qui doit résulter de sa possession, il n’est pas à proprement parler fin : la vraie fin de l’action c’est le plaisir. Cependant le plaisir ne possède pas les caractères qui conviennent à une fin. Car il est un devenir, un passage d’un état à un autre; et tout devenir est en vue (ξνεχα) d’une fin, loin d’être luimême une fin (τὸ οὗ ἕνεχα). « Chaque devenir est en vue d’une existence; le devenir dans son universalité est en vue de l'existence dans son universalité !. » Définir le beau comme le bien, fin d’une activité, c’est donner du beau une définition fausse et contradictoire, comme elle est extrinsèque.

Mais c’est le caractère paradoxal de l'idée du beau qu’elle possède deux définitions, l’une extrinsèque, l'autre intrinsèque. Aux termes de la première, l’idée du beau se réduit à l’idée du bien et de ᾿ 116. Ce n’est donc pas une idée véritable : car les catégories du bien et de l’utile sont des catégories non de l'être, mais du devenir; elles se distinguent

d’autres catégories, telles que l’identique et le diffé- :

rent, l’un et le multiple, le semblable et le dissemblable, en ce qu’elles impliquent la comparaison et l'opposition du passé et du présent avec le futur ?. Si l’idée du bien, c'est l’idée du devoir-être, elle disparaît donc et s’évanouit avec le point de vue du temps et du devenir. Mais il n’en est pas ainsi du

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