‹ La théorie platonicienne des sciencesChapitre 136 sur 276 · Ménon, 80 d, sqq · texte numérisé non relu

Ménon, 80 d, sqq

tique de l’idée de développement intellectuel est vraie. Elle est « éristique » seulement, parce qu’elle est stérile, parce qu'elle n’a d’autre résultat que « de nous rendre paresseux » et mal disposés à la recherche. Mais « voici une théorie qui nous rendra propres au travail et à la recherche » (ἐργατιχούς re χαὶ ζητητιχούς) !: cette théorie, c’est la théorie de la réminiscence. L'âme est capable d'apprendre, parce qu’elle ἃ déjà connu: elle ἃ l’air d'apprendre, en réalité elle sait déjà, tout en ignorant qu'elle sait, et, à son insu, elle rapprend. Est-ce à dire que les mêmes difficultés ne peuvent pas être soulevées contre la théorie de la réminiscence qui valaient tout à l’heure contre l’idée de développement spirituel? Nullement, mais la théorie de la réminiscence se donne pour ce qu’elle est: une métaphore et un symbole. Le devenir, le pur passage d’une idée à une autre, reste toujours inexprimable en termes intelligibles ; mais il constitue une transition nécessaire pour qui veut s'élever jusqu’au point de vue de la science absolue : pour savoir, il faut avoir appris, et par suite avoir cru que la science peut s’apprendre. Il reste donc à exprimer ce degré nécessaire de la dialectique sous forme symbolique. Pour exprimer comment la science s’acquiert et se conserve, se développe dans les âmes, Platon recourra par

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