XX INTRODUCTION
contre Aristote sans doute, et cependant en s'appuyant" sur le témoignage d’Aristote, que la véritable distine=. tion à établir dans l’histoire de la pensée de Platon est entre une période où 1] se borna à spéculer, à Ια Ὁ manière critique de Socrate, sur la définition des vertus, et une seconde où sa philosophie devint, du même coup, une philosophie de la nature et une phi= losophie des nombres ? Mais alors c’est une nouvelle M difficulté qui se présenterait : car il n’est pas évident que les dialogues critiques de Platon soient uniquement ces courts dialogues généralement relatifs à des notions morales, jadis classés comme « dialogues socra= tiques ». Le Théétète et le Sophiste, par exemple, sont F deux dialogues relatifs au même ordre de notions, lun négatif, l’autre positif dans ses conclusions, et dans « l’un et l’autre desquels la pensée de Platon semble pourtant au même degré mûre et maitresse d'elle même. D'autre part, et d’une facon générale, étudiet-on de près les dialogues? Il est visible que déjà dans 4 À l'Euthyphron, l'expression d'idée (εἶδος, ἰδέα) est déjà Ὁ employée pour désigner l’unité intelligible d'une multiplicité! sensible, que déjà dans le Lysis, dans le 4 Charmide, les problèmes les plus profonds de la pensée à platonicienne (contradictions de l’amour, possibilité M d’une science de la science) sont soulevés, et que | ! même Platon semble donner à entendre qu'il possède ΕΣ la solution de ces problèmes? Inversement, dans …
1, Euthyphron, 5 d; 6de.