‹ La théorie platonicienne des sciencesChapitre 153 sur 276 · Parménide, 151 e, sqq · texte numérisé non relu

Parménide, 151 e, sqq

contemporain de soi-même. — Et de même, par rapport à ce qui est autre que lui, il est plus vieux : car ce qui est autre que lui est un nombre, et l'unité précède tous les nombres. Il est plus jeune : car il est la totalité qui comprend tous les nombres, et ne vient pas à l'existence avant le dernier nombre. Il est contemporain : car chacune de ses parties est une partie, et l'unité de chaque partie vient à l'être en même temps que la partie. D'autre part, il ne devient ni plus vieux ni plus jeune: car, la différence d'âge étant donnée, qui à des quantités inégales ajoute des quantités égales, le rapport arithmétique ne change pas. Il devient plus vieux et plus jeune : car à des quantités inégales si l'on ajoute des quantités égales, le rapport géométrique change.

Done l'un participe de l'avant, de l'après, du maintenant. Il était, il est, il sera, il est devenu, il devient, il deviendra ; il y a de lui science, jugement, sensation, nom et discours.

Ainsi la première thèse : « l’un est » implique deux séries distinctes de conséquences, qui sont contradictoires entre elles. Si l'un est, en vertu de la posilion de l’un en tant qu’un, nulle aflirmation ne vaut au sujet de l’un, mème l'aflirmation de l'être de l’un. Si l’un est, en vertu de la position de l'être de l'un, toutes les affirmations concevables, même contradictoires, conviennent à l’un. Mais, en réalité, comme on peut le prévoir, aucune des deux

déductions n'est vraie : l’une et l’autre reposent sur un principe faux qui vicie les raisonnements. | L’un s'entend en deux sens distincts : 1] se dit du tout, qui est l’unité des parties, et de la partie, qui constitue une unité distincte dans le tout. Mais le rapport de tout à partie soulève des difficultés logiques, auxquelles Platon fait déjà allusion dans le Protagoras , et qu’il a développées, sous des formes un peu différentes, dans le Théélète? et dans le Parménide. — Le tout peut s'entendre en deux sens. Ou bien le tout c’est toutes les parties. Mais si le tout est dans toutes les parties, c’est donc qu'il est au moins dans une; mais, s’il est dans une, il ne peut être dans toutes*. Donc le tout n’est pas dans les parties, mais au contraire les parties sont dans le tout, qui est une forme extérieure aux parties, et le rapport des parties au tout est un rapport de contenu à contenant‘. Mais cette deuxième concep-

tion est aussi insoutenable que l’autre. Car le tout ]

est synonyme de ce à quoi aucune partie ne fait défaut. Là où sont toutes les parties, là est le tout ; là où une seule manque, le tout fait défaut. « Que nous disions un, deux, trois, quatre, cinq, Six ou deux fois trois, ou trois fois deux, ou quatre plus

. Protagoras, 329 c, sqq.

. Théélèle, 201 d, sqq.

. Parménide, 145 ο. — Cf. Théétète, 203 ὁ.

. Parménide, 151 de. — Cf. Théétète, 204 «.

Co 19

ai Le ἫΝ LE PROBLÈME DE LA PARTICIPATION, 175 4 Εν...

x, Où trois plus deux plus un‘ », nous exprins toujours le mème ensemble, qui est le nombre six, égal à la somme de loutes ses parties. Ni les parties ne contiennent le tout, ni le tout ne contient les parties.

| Or l'erreur qui fait apparaître la difliculté comme insoluble consiste précisément à considérer comme un rapport intelligible le rapport de contenant à contenu : c'est là qu'il faut chercher la contradietion fondamentale d'où découlent toutes les contradictions du Parménide. Croire en effet que tout être est ou le contenant d'un contenu, ou le contenu d'un contenant, c'est se fonder sur le principe, deux fois explicitement énoncé, mais toujours supposé implicitement, dans le Parménide, que l'être est dans le lieu. « Ce qui n’est nulle part n'est rien?. » — « Il faut que ce qui est soit toujours quelque *. » Principe que Platon déclare, dans le Timée, illusoire et logiquement contradictoire : « De la représentation sensible de l'idée, il faut dire. u’elle devient en quelque chose d'autre que soi…., mais de l'être qui est véritablement (τῷ ἔντως 2) le raisonnement exact déclare que, étant donnés | deux termes différents, l’un ne peut pas être dans = l'autre », et que « nous rèvons lorsque nous disons F4

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