‹ La théorie platonicienne des sciencesChapitre 160 sur 276 · Parménide, 155 e · texte numérisé non relu

Parménide, 155 e

férents. Successivement il participe de l'être et du non-être, il se développe et s’évanouit. Successivement il participe de l’unité et de la multiplicité ; il y ἃ en lui association et dissociation. Et, d’autre

part, puisqu'il peut passer d’un état contraire à un état contraire, par exemple du repos au mouvement, et puisque cependant il ne peut pas exister un temps intermédiaire dans lequel il soit à la fois en repos et en mouvement, il doit done y avoir un intervalle, situé en dehors du temps. dans lequel il ne soit ni en repos ni en mouvement. Cet intervalle, c’est l’instant (τὸ ἐξαίφνης) ; telle est la nature absurde de l'instant, qu’il est situé dans l'intervalle du repos et du mouvement, sans être en aucun temps. Ainsi se trouvent conciliées, au point de vue de l'existence dans le temps, non seulement toutes les thèses affirmatives, mais toutes les thèses négatives, portant sur la nature de l’un. « L’un, en passant de l’unité à la multiplicité, et de la multiplicité à l’unité, n’est ni unité ni multiplicité. »

Enfin, dès qu'on ἃ fait de l’un, non pas une idée distincte entre d’autres idées, mais un sujet logique auquel les autres idées conviennent comme des attributs, dès que, au lieu de dire: «il y a unité et multiplicité », on a dit: «l’un est multiplicité», ce n’est pas seulement dans la position de l’un, mais dans la position, par rapport à l’un, de ce qui est autre que l’un, que les contradictions se multiphent.

* Dans la mesure où la position de l’un exclut de la nature de l'un tout ce qui n'est pas compris dans la position même de l’unité, les êtres autres que l’un | comprennent dans leur nature tout ce que l'un exclut de la sienne, tous les attributs même contradictoires ‘. Mais, dans la mesure où la position de l’un, plus la position de l'être de l’un, implique, sur la nature de l’un, toutes les affirmations concevables, même contradictoires, alors ce qui est autre que l’un rejette de sa nature toutes les aflirmations qui maintenant conviennent à l’un, et non à ce qui est autre que l’un ?. — Une participation réciproque des idées, un système d'idées semble impossible : mais c'est en réalité parce que la participation réciproque des idées est conçue comme un rapport de contenance, d'inhérence à un sujet logique, et l'être, sur le type de l'être dans le temps et dans le lieu.

Si donc une existence idéale doit ètre attribuée à l’un, ce ne saurait être l'existence d’une substance à laquelle conviennent divers accidents, d'un sujet logique indifférent en soi aux attributs qui en sont affirmés. Qu'est-ce done que l'être de l’un, conçu comme un intelligible, comme une idée ? d'une façon généräle, qu'est-ce que l'être d’une idée? L'examen de l'hypothèse positive : « l'un est» n’aboutit

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