‹ La théorie platonicienne des sciencesChapitre 172 sur 276 · Charmide, 170 d · texte numérisé non relu

Charmide, 170 d

lieu de la vérité on ne retient que le critérium formel de la vérité : la science n'est plus science que de sa propre identité avec soi. Et l’on pourrait être “tenté de considérer qu'ici encore, pour la dernière fois, la dialectique régressive a accompli un travail d'épuration logique ; si le pur accord de la pensée avec soi, sans contenu, forme et criltérium de la - dialectique régressive, en est devenu le terme et la fin, n'est-ce pas que l’idée de la réflexion est à l'idée de la justice, l'unité de la science pure au système des idées, comme le supérieur à l’inférieur, comme le logiquement vrai au contradictoire? Mais si, dans le Parménide, Y'idée d’une participation mutuelle des idées apparait comme contradictoire, cela ne tient pas à l'essence des idées, c'est que le mode d'existence et de participation réciproque des idées a été mal compris: le Parménide contient en soi la solution des contradictions qu'il soulève, il est à la fois le dernier terme de la dialectique régressive et la préparation de ce second moment de la philosophie . platonicienne, où la dialectique systémalise et cons- . truit. Et d'autre part on sait que la dialectique, en - s'élevant du point de vue du phénomène au point de vue de l'idée, a supprimé la distinction mème du supérieur et de l'inférieur : des termes qui sont tous telligibles par définition ne peuvent avoir tous qu'une égale valeur logique. Nul d’entre eux n'est meilleur, nul n'est pire qu'un autre; il ne saurait

donc plus être question ici d'épuration logique. Mais P 5

alors, et précisément parce qu’ils sont des intelligibles, ils ne sauraient rester absolument isolés les uns des autres: car en ce cas ils seraient inintelligibles, et il serait vrai de tenir leur mode d’existence pour contradictoire, « nul raisonnement ne serait possible ». L'idée d’unité est isolée par la dialectique des idées d'identité, de différence, d’existence même : à cette condition elle est définie, et en ce sens la première déduction du Parménide est vraie. Elle est, cependant, indéfinissable si elle ne participe en aucune manière de l'être, de l'identité et de la différence ; et en ce sens la première déduction du Parménide est fausse. Pour que le νοῦς, c’est-à-dire la

pensée pure, la science de la science ait une valeur

originale, il faut que son objet propre soit non la

réflexion sur sa propre identité, mais la systéma-.

tisation des idées, et que la science de la science et des sciences procède, comme toutes les sciences, par voie d'organisation et de liaison, il faut que, sans renoncer au Critérium de la dialectique, au point de vue de la relation pure et de l’accord de la pensée avec soi, une théorie scientifique de la participation des idées, une recomposition idéale de l'univers soit possible.

Or cette condition elle-même en implique deux autres. Il faut qu'entre les idées 1] y ait, outre des relations d'identité et de différence, des relations de

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similitude et de dissimilitude, qu'une idée puisse

re en mème temps différente d'une autre idée sous un certain rapport et cependant identique à cette idée sous un autre rapport. Par là les idées ne seront pas complètement isolées les unes des autres, et le dialecticien pourra classer les idées selon leurs simi- litudes, comme le grammairien classe les lettres, par exemple, en consonnes et en voyelles. — Mais sur- . tout il faut, pour que la systématisation des idées 3 soit complète, pour que leur participation réciproque . soit intelligible, qu'elles soient démontrées néces- Saires les unes par rapport aux autres, déduites les unes des autres. L'unité est multiplicité, voilà le type + de la proposition logiquement fausse ! : car la relation de la multiplicité à l'unité y est conçue comme relation d'un attribut à un sujet : mais l’inhérence des attributs au sujet constitue une relation contra- dictoire et non intelligible. En ce sens la seconde . déduction du Parménide est fausse. 1 y a unité et . multiplicité ? : voilà une proposition logique légitime, οἵ qui n'offre rien ni de nécessaire ni de contradictoire : elle est le produit de la méthode dialectique, conçue comme une méthode de division ou de décomposition logique. Si l'un est, le nombre est ὃ: c'est encore une proposition logique légitime ; mais de

D {. Parménide, 129 0.

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