DEUXIÈME PARTIE
Le fondement et le point de départ de la dialectique, entendue comme méthode non plus de décomposition, mais de composition, conçue non plus comme régressive, mais comme progressive, c'est la pensée, νόησις Où φρόνησις, qui consiste dans ὁ ὁ ὃΘ6ὉῸ l'accord interne, ἑμόνοια, et dans la réflexion sur soi, ; σωφροσύνη. L'être, c'est ee c’est-à-dire l'harmonique, τὸ ὁμολογούμενον αὑτῷ ". Mais l'identité de la pensée Fe ὴ avec elle-même n’est pas une identité stérile, qui a s'épuise dans l'affirmation d'elle-même. Si la pensée
… absolue est connaissance de soi, science par réflexic L la pensée, dans cette réflexion sur soi-même, Ρ en une double signification : en même temps elle οἱ
ἃ, Phèdre, 265d: τὸ... σατὲς καὶ ταὐτὸν αὑτῷ bimiolle—
elle est connue. Or le fait d’être connu constitue une passion, un mouvement passif; au contraire, le fait de connaître constitue un mouvement actif. Le mouvement est une idée nécessaire, une condition fondamentale de la pensée. — D'autre part, le mouvement est la négation et l'abolition de la pensée. Car il faut, pour qu'il y ait pensée, qu’à l'identité de l'affirmation corresponde l'identité de l’objet de l'affirmation. Soit que, l'affirmation demeurant identique, l’objet change, soit que, l’objet demeurant identique, l'affirmation change, l’erreur succède à la science, et il y ἃ destruction de la pensée. La pensée, c’est ce qui est quant à un rapport identique, d'une manière identique, sur un objet identique (τὸ χατὰ ταὐτὰ χαὶ ὡσαύτως χαὶ περὶ ταὐτό 1), et cette triple identité suppose l’immobilité, ou le repos. Le repos, comme le mouvement, est une condition fondamentale de la pensée ?.
La pensée comporte donc trois formes nécessaires, ou idées : l'être, le mouvement et le repos. Il ne convient d'ailleurs plus de soulever, sur l'existence simultanée du repos et du mouvement, des difhcultés logiques, puisque l'existence de ces deux idées est fondée idéalement, dialectiquement, sur leur rela-
1. Sophiste, 249 ὃ. — Cf. Lois X, 898 a: τὸ χατὰ ταὐτὰ δήπου χαὶ ὡσαύτως χαὶ ἐν τῷ αὐτῷ χαὶ περὶ τὰ αὐτὰ χαὶ πρὸς τὰ αὐτὰ... χινεῖσθαϊ, — Phédon, T8 ο: ἀεὶ χατὰ ταὐτὰ χαὶ ὡσαύτως: --- Timée, 98 a : ἀεὶ κατὰ ταῦτά, --- οἱ passim.