‹ La théorie platonicienne des sciencesChapitre 18 sur 276 · INTRODUCTION. XXII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXII

tromper par le mode d'exposition souvent fuyant, souvent poétique, adopté par Platon, pour inter- - préler sa philosophie comme une simple méthode | d'investigation critique, sans intention et sans conclusion dogmatiques. Non seulement Platon a toujours écrit des dialogues, — et le dialogue qui pro- . cède toujours par suggestions et par tâtonnements, ne paraît pas être la forme qui convient à une philosophie dogmatique — mais encore, lorsque Platon suspend, pour un temps, l'emploi de la forme dialoguée, lorsqu'il semble vouloir donner à sa philosophie un caractère plus synthétique et plus positif, il arrive toujours qu'il recourt au procédé d'exposition mythique, laissant mal discerner ce qui, dans sa cosmologie et sa théologie, ne doit pas être tenu pour un jeu poétique de l'imagination, pour une simple mythologie. Des hypothèses poétiques, à peine for- . mulées, aussilôt détruites par le raisonnement eri- . tique : voilà une conception possible du Platonisme, conception qui reviendrait, en dernière analyse, à négliger la seconde face, la face positive du système. Or cette conception serait peut-être justifiée si la forme du dialogue impliquait nécessairement une . conclusion négative et sceptique; mais en vérité il n'y a rien là de nécessaire, et c'est dans un dialogue que Platon a énoncé le second principe de sa méthode, « qu’il faut fonder toutes les sciences ». Elle pourrait

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encore se justifier, si l'on devait considérer comme M identiques l’une à l’autre la partie constructive et M la partie mythique du système. Mais l’arithmétique 4 et la géométrie sont les premières des sciences dont la philosophie positive doit démontrer l'existence ; ce sont cependant les plus exactes et les plus pures de toutes les sciences, tout élément conjectural en est absent, et ce n’est pas une existence mythique et métaphorique que l’on doit attribuer au monde . des idées mathématiques. Il est vrai que si, aujourd'hui, un philosophe procédait par dialogues et par récits mythiques, on serait en droit d'hésiter à interpréter dogmaliquement sa pensée. Mais, lorsque Platon philosophait par dialogues, il se conformait à l'exemple de Socrate, suivi d’ailleurs par tous les Socratiques ; — la question restant entière de savoir si à la dialectique il donne exclusivement la portée critique que parait lui avoir attribuée Socrate. De même lorsqu'il parlait de la nature par mythes, il n’y avait pas si longtemps que la philosophie et la science de la nature avaient renoncé au 4 langage poétique ; — sans préjuger, encore une fois, si Platon n'a pas eu de raisons philosophiques pour procéder ici par dialogues, là par mythes. En tout cas, Platon n’est pas le poète, par opposition à M Aristote, qui serait le savant, selon une opinion dont lon n'ose dire qu’elle ait cessé d’être courante. Platon ne conçoit pas la science de la même façon

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