INTRODUCTION. XXV
qu'Aristote : Platon est un mathématicien, Aristote
un biologiste. Mais Platon n'en est pas moins,
comme Aristote, un savant : il écrit et pense en savant. Que l’on songe à ses utopies sociales (telle l'idée d'appliquer les méthodes de l'élevage et de la sélection artificielle aux sociétés humaines), à ses utopies pédagogiques (telle la conception d'un système d’éducation morale par les sciences exactes), à ses plaisanteries elles-mêmes, plaisanteries de mathématicien !, à la polémique, qui remplit sa vie tout entière, contre les poèles et les rhéteurs. Quand il fonde l'Académie, c’est pour réparer, par son initiative, le mépris où les gouvernements tiennent les sciences inutiles ; et de mème, lorsqu'il philosophe, ce n’est pas pour déprécier, c'est pour justifier et organiser la science humaine. La philosophie de Platon est un dogmatisme, elle vise à constituer un système intégral des sciences : étudier la méthode platonicienne pour fonder les sciences, la théorie platonicienne des sciences, c’est se placer au point de vue central du système.
Il n'est donc pas possible, pour échapper à la difficulté initiale, résultant du conflit logique entre
1. P. ex. le Politique, 265 δ, le calembour difficile à rendre en français, entre la propriété d'être un bipède et la racine de deux pieds, la propriété pour une grandeur de devenir égale à deux pieds, si on la multiplie par elle-même : χαθάπερ ἢ διάμετρος ἢ δυνάμει δίπους. — République, VIE, 534 d : des hommes irrationnels comme des grandeurs, ἀλόγους ὄντας ὥσπερ τραμμὰς.