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sence en soi de l’idée d'identité. En d’autres termes, * 3
l’idée d'identité étant donnée, on ne saurait en dé-
duire l’idée de différence, ni, l’idée de différence « étant donnée, l’idée d'identité. Si donc, néanmoins, ces deux idées font partie d’un même univers, participent l’une de l’autre, c’est qu’un lien, extérieur à l’une et à l’autre, les unit l’une à l’autre, qu'un 4 principe commun les fonde l’une et l’autre. Ce prin- « cipe, c’est la pensée pure, l'accord de la pensée avec elle-même, principe que l’on peut définir, par des expressions approchées, comme le bien ou le beau, qui est peut-être inexprimable, comme 1] est inexplicable, hypothèse supérieure à toute hypothèse (ἀνυπόθετον), supérieure aux distinctions de l’être et M du non-être, de l'identité et de la différence, de l'unité et de la multiplicité, puisque la pensée pure comprend en soi toutes ces distinctions. Or ce lien idéal peut, par une métaphore empruntée au monde sensible, être défini comme une contrainte, en ce sens qu’il est extérieur aux idées qu’il unit; mais 1] n’en est pas moins un lien dialectique, qui exprime une nécessité intelligible, « la nécessité géométrique » opposée par Platon à la nécessité tyrannique de l'amour ‘. Il lie toutes les idées en un système, puisque c’est par rapport à lui que toutes existent; de toutes les idées, peut-on dire, il forme une seule idée.