République, V, 458 d
pl: : De νι τ En + +
sa définition logique, et cette définition est vraie, indépendamment de toute considération de lieu et de temps; aussi bien, les idées de lieu et de temps n'ont pas encore élé déduites. Les idées sont donc immuables et éternelles, et le point de vue de - Ja vérité pure correspond au point de vue du repos. Or, entre le point de vue du repos et le point de
- vue du mouvement, tels qu'ils ont été déduits, τ existe une différence fondamentale. Ce n’est pas au 34
mème sens que, dans l'acte de connaissance, le -: sujet connaissant et l’objet connu sont en mou- vement : celui-là meut, d’un mouvement actif; celui-ci est mû, d'un mouvement passif. C'est, au contraire, dans le même sens et en vertu d’une même démonstration qu'il doit y avoir repos el immobilité dans le sujet connaissant et dans l'objet “ connu, si l’on veut qu'une pensée et une dialectique soient possibles. Le point de vue du repos correspond par suite au point de vue où il y a indivision du connaissant et du connu, de la science et de son objet, point de vue que la dialectique avait antérieurement rencontré, dans sa marche régressive. Aussi comprend-on que la même définition convienne à l'objet de la science pure et à la science
pure elle-même, et que le terme de lien (δεσμός)
serve chez Platon indifféremment à désigner l’un et l’autre. L'idée, c'est « le plus beau des liens, celui qui réalise l’unité de soi-même et des termes liés (ὃς ἂν αὑτὸν nat τὰ Euvcüpevx ὅτι μάλιστα. ἕν ποιῇ) !». Mais, d'autre part, dans le Philèbe, Platon, voulant montrer, par l'exemple de la grammaire, comment se constitue une science, identifie la liaison idéale avec la science elle-même : le Dieu qui ἃ inventé les lettres, et leur classification en espèces distinctes, « voyant que nul de nous ne saurait apprendre une seule des lettres (srerysix), prise en soi, sans les connaître toutes, ayant conçu ce lien de toutes les lettres entre elles (τοῦτον τὸν δεσμόν) comme un ct réalisant l’unité de toutes les lettres (ὡς ὄντα ἕνα χαὶ πάντα ταῦθ᾽ ἕν πως ποιοῦντα), l’appela science de la grammaire, unité qui s'applique à cette multüplicité (μίαν ἐπ᾿ αὐτοῖς ὡς οὖσαν) » *. L'idée, entendue comme nombre, est à la fois objet et élément de la science : la vérité pure, c’est la science pure.