‹ La théorie platonicienne des sciencesChapitre 233 sur 276 · LL . èle, 153 e · texte numérisé non relu

LL . èle, 153 e

neuse, et font en sorte qu’elle devienne un corps ? v

(σῶμα ἐμνηχανήσαντο γίγνεσθαι). Pour cela (en effet, γάρ)" ils distinguent deux mouvements ignés : l’un intérieur, l’autre extérieur à nous, et « par la rencontre de ces mouvements semblables et leur combinaison, un corps se constitue dans la direction des yeux » ἢ. Un corps n’est donc, en dernière analyse, qu’une apparence, produit d’une machination ou d’une illusion divine : un corps, c’est un concours de mouvements.

Mais les mouvements qui servent à rendre compte des formes diverses de la sensation ne sont plus des mouvements circulaires, ce sont des mouvements rectilignes. Car on a vu que toutes les qualités sensibles se réduisent à des phénomènes d’association et de dissociation ; or l'association et la dissociation supposent le choc, et le choc ne saurait se produire dans un système de mouvements circulaires concentriques. « Lorsque des objets se rencontrent, si le mobile rencontre un objet immobile, il est dissocié, s'il rencontre des objets qui vont à la ren-

1. Timée 45 Ὁ c. Noter l'emploi du verbe : μηχανᾶσθαι, qui signifie produire une illusion par des procédés méthodiques. Mryav signifie: procédé ou artifice, Republique, II, 415 c; V, 460 ὁ ; et passim. La mécanique, prnyavorotia, Où θαυματοποιία, entendue en ce sens (République, X, 602 d; Gorgias, 512 ὃ; Sophiste, 235 ὃ.) est une section importante de la science grecque. — Cf. Timée, 41 a : νῦν δ' ἡμέρα τε χαὶ νὺξ ὀφθεῖσαι μῆνές τε χαὶ ἐνιαυτῶν περίοδοι μεμηχάνηνται μὲν ἀριθμόν, elles ne produisent pas le nombre, elles produisent l'apparence sensible du nombre. — Cf. Timée, 54 b : προἠρήσϑω δὴ δύο τρίγωνα

y τ " - Ν Η͂ \ È Msn LR Ts ες ὧν τὸ TE TOY RUDOS χα! τὰ τῶν ἄλλων σώματα μεμηχανηνται.

contre l'un de l’autre, il s'unit à eux en un seul corps et s'associe à eux dans leur intervalle ‘, » D'où “suivent l'accroissement et la diminution (αὔξησις, φθίσις), l'apparition et l'évanouissement (τένεσις, ἀπόλλυσις). Par l'analyse de ces divers mouve- /

ments, s'oppose à la mécanique du mouvement

: circulaire, qui ne cherche pas la cause et l'origine des mouvements qu'elle considère, mais les prend | - pour éternels, et étudie la relation de leurs configurations et de leurs mouvements, une mécanique | du mouvement rectiligne, qui explique chaque

mouvement en remontant à des mouvements anté-

rieurs comme aux causes de ce mouvement, et se £ place au point de vue de la communication du | mouvement par le choc *. μ Le mouvement rectiligne n'est donc pas con- L tinûment rectiligne; il n’est pas davantage uniforme, 3 puisqu'il est soumis, par définition, à des altérations di

provenant de causes extérieures; 11 n'est pas . périodique *; et cependant il se prèle à une espèce d'explication scientifique. Il y a donc deux principes ientifiques distincts : le principe du bien ou de Tlharmonie, en d'autres termes de l’uniformité et de la périodicité, et le principe de la nécessité, en :

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