Timée
en soi, est la négation du bien, S'il y a un univers,
un ordre des choses, les causes mécaniques ne sau-
“raient être conçues, dans la réalisation de cet ordre,
comme causes proprement dites, mais comme causes
concourantes ou auxiliaires (συν ιτίσ) ‘: elles sont la
malière brute (%2r) avec laquelle la pensée organise
Je monde, les instruments (ξ; αν) de la finalité.
Or, avec l'idée de finalité, en d’autres termes si
l'idée est considérée comme une fin à la réalisation de laquelle tend le devenir, la possibilité d’une science pratique est fondée. Toute science se propose la mesure ; mais encore faut-il, dans la science de la mesure, distinguer deux espèces. 1] est une science de la mesure qui considère la grandeur et la petitesse dans leurs relations réciproques ; à ce point de vue, qui est celui de la science pure, l'excès et le défaut n'existent absolument pas, car l'excès et le défaut s'expriment eux-mêmes par des nombres, c'est-à- - dire par des rapports et des idées : tout est mesure. Mais ce n'est pas là 15 seule manière de considérer la mesure. « Prélendrons-nous que ce qui va au delà ou reste en deçà de la mesure, dans les discours ou dans les actes, ne se produit pas véritablement (ὡς ἔντως τογνξιιενον), alors que c'estrpar là précisément qu'on dis- Hingue les bons et les méchants ? » * Au point de vue 1. Le Politique, 287 b, sqq. — Timée, 46 c, sqq — Phédon, 99 a b.—
Cf. Aristote, Métaphysique, à, 5, 1015 a 20, sqq. 2 Le Politique, 283 6. — Remarquer la contradiction intentionnelle
du devenir l'excès et le manque sont incontestablement des réalités ; la preuve en est que chaque jour il faut lutter contre eux, si l’on veut établir dans les choses l’ordre et la suflisance. « Tous les arts, l’art du politique aussi bien que lart du tisserand, travaillent à éviter dans leurs actions le trop et le trop peu (τὸ τοῦ μετρίου πλέον χαὶ ἔλαττον), considérant ces deux termes non comme un non-être, mais comme un obstacle réel aux actions.» La mesure apparaît donc comme une moyenne entre deux extrêmes, comme une fin autour de laquelle la nature oscille sans toujours la réaliser complètement; et cette conception de la mesure implique l’idée d’une seience pratique, comme l'idée d’une science pratique implique, inversement, celte conception de la mesure. L'art est donc défini, connu dans son idée. Il est fondé en nature (ἐν τῷ παντί) ; la nature est un système de moyens ordonnés en vue d'une fin; c’est ce que l’on exprime en disant qu'il y ἃ un art divin, dont la nature est le produit, et dont notre art (παρ΄ uty) est la copie .
À quelles conditions logiques la nature peut-elle être ainsi conçue ? L'idée de finalité suppose, d’abord, que l’on distingue entre l’activité qui tend vers la fin, d’une part, et, de l’autre, la fin de cette activité.
entre les deux verbes εἶναι et γίγνεσθαι dans l'expression ὄντως γιγνόμενον.