‹ La théorie platonicienne des sciencesChapitre 241 sur 276 · Philèbe, 28 d · texte numérisé non relu

Philèbe, 28 d

2 qui est, par définition, mobile, ce qui n'est jamais

“πιῇ ais toujours devient, a pour fin ce qui est, par

dé inition, immobile, l'être idéal : l'idée est la fin de

“la nature. Chaque fois donc que l'on voudra expliquer

un phénomène, on aura le choix entre deux modes

d'explication. Le phénomène de la vision peut être

expliqué par des causes matérielles, comme la pro-

duction d'un corps visible par le concours de deux

mouvements ignés !; le phénomène de l’audition, par

| des mouvements aussi, transmis à travers l'atmosphère

jusqu'à l'oreille, et, de là, à travers l'organisme,

jusqu'au foie, siège des sensations *. Mais, au point

. de vue de la finalité, la vue et l'ouie sont par rapport :

à leur fin, qui est la contemplation de l'idée. « La

vue nous a été donnée, afin que, capables de con- Ι

- témpler les révolutions de la pensée qui sont dans

le ciel (τὰς ἐν τῷ οὐρανῷ τοῦ νοῦ πε séèsu:), nous nous |

en servions pour connaître les mouvements pério- ἣ

diques de l'intelligence qui est en nous (τὰς περιτορὰς .

τὰς τῆς παρ ἡμῖν ξιχνοήσεως) * ». De même l'ouie n'est ,

cause d'un plaisir sensible que par accident et dans

Vopinion des ignorants ; sa véritable utilité est intelι elle, et, « parce que les mouvements sonores

a apparentés aux révolutions intérieures de l’âmer, |

e nous a été donnée «afin de ramener à l'ordre et

ΤᾺ pe Lo 67 €, sqq-

Timée, 67 ne 41 “4

Me)

à l'harmonie la révolution de l’âme, devenue en nous inharmonique ‘. » La contemplation de l’idée constitue l’utilité dialectique, le sens philosophique, la véritable cause de la vue ou de l’ouïe ; les autres causes ne font que concourir à cette fin. Mais on ne saurait s’en tenir à cette distinction ; si la notion du nécessaire ne s'oppose pas purement et simplement à la notion du bien ou du divin, si le néces- ο΄ saire est la condition de réalisation du divin, ce sans +

quoi la cause véritable des phénomènes ne serait pas cause, alors la notion complète de la fin implique la notion des moyens, les moyens font partie inté-

grante de la fin. Sans doute la fin est suffisance, τ elle est ce à quoi rien ne fait défaut. Mais d'autre M part la fin en tant que fin suppose l'existence des : moyens ; car les moyens sont les conditions nécessaires É de la fin. Par rapport à la fin absolue, eux-mêmes deviennent donc des fins subordonnées et condition nelles ?, des limites de l’activité *. Sans doute encore

la science, non le plaisir, est la fin de l'intelligence humaine. Mais la science pure, non accompagnée d’un

nike . ARE re Ca plaisir, est aussi peu désirable que le plaisir, abstraction faite de la conscience, ou de la connaissance de Œ

1. Timée, 41 d. 4 2. Cf. Timée, 75 d': ἕνεχα τῶν ἀναγχαίων χαὶ τῶν ἀρίστων, — 96: τὴν μὲν εἴσοδον τῶν ἀναγχαίων χάριν, τὴν δ᾽ ἔξοδον τῶν ἀρίστων. Σ 3. République, VI, 493 ἃ ; πέρα τῶν ἀναγχαίων. Cf. III, 373 b ἃ — Timée, 65d: πέρα... τοῦ μετρίου, — et T2e: τοῦ μετρίου καὶ La

, , ss = = αναγχαίου... πολλῷ... πλέονι.

» à ” ΕΟ" Le 2 | "“, Date Ὁ ἐ χ - vie t LA SCIENCE POLITIQUE. 419

pl r : le bien, ou le bonheur, consiste dans alliance de la science et du plaisir ᾿ς. De quelle science ? Est-ce de la science pure seulement? Non, ar la connaissance du nombre idéal et de la figure idéale ne nous fournit pas le moyen de retrouver le chemin de notre maison ; les sciences appliquées, - aussi bien que la science pure, font partie de l'idée - du bien, « si l'on veut que notre vie, et la vie en général soit possible *. » Et encore, de quels plaisirs S'agit-il ? Est-ce seulement du plaisir pur, celui qui n'est ni mêlé ni précédé d'aucune douleur, et qui résulte de la contemplation des idées pures et des belles formes ? Non, assurément ; car la vertu pratique par excellence, dans une vie qui est, par définition, un devenir, c’est la prudence, qui consiste à acheter an plus grand plaisir futur au prix de moindres louleurs présentes ; l’idée du bien comprend done, avec le plaisir pur, les plaisirs impurs, dont la naissance ἃ pour condition la douleur Les dieux balternes, imitant le démiurge, « prirent, écrit Platon dans le Z'imée, le principe immortel de l'âme,

logèrent dans ce corps, en mème temps, une autre

me de l'âme, la forme mortelle, siège de ces >

Philèbe be, 60 d, sq4.

2 Phiéte, 62 c: εἴπερ y” ἡμῶν ὁ βίος ἔσται χαὶ ὑπωσοῦν ποτὲ βίος, ΠΥ, Lois, X, 903 c : ὅπως ἡ ἢ τῷ τοῦ παντὸς βίῳ ὑπάρχουσα εὐδαίωων

Venveloppèrent ensuite d'un corps mortel... el

Du art ὡς

ré

ν. ὼ᾿ ΐ LU a , EN FN

phénomènes funestes et nécessaires, le plaisir qui attire au mal, la douleur qui détourne du bien, la confiance et la crainte, conseillers dénués de raison, la violence qui n'entend rien, l'espérance qui se laisse décevoir; puis, ayant combiné tous ces éléments avec la sensation irrationnelle et l’amour que nul obstacle n'arrête, 115. lièrent par des liens nécessaires (ἀναγχαίως) la partie mortelle de l'âme !. » Phénomènes fanestes, autant que nécessaires, si on les considère en soi, en dehors de toute relation à leur fin ; — mais justifiés, s'ils sont définis comme nécessaires par rapport à une fin. Effectivement, la vie universelle suppose l'existence des espèces mortelles, et Platon nous dit que, lorsque les dieux fixèrent le désir (τὸ ἐπιθυμητικόν) dans la partie du corps inférieure au diaphragme, ce fut «comme une bête sauvage, mais qu'il était nécessaire de nourrir là où elle était attachée, si l’on voulait que l'existence d’une race mortelle fût possible ?. » Bref, la fin, c’est d’abord l’idée, séparée du devenir, et qui constitue un point de vue transcendant par rapport au devenir ; mais, parce que la fin implique et organise les moyens, la fin c’est en. dernière analyse le bonheur, ou encore la vie, conçue comme une assimilation (ὁμοίωσις) du devenir à l’idée, une organisation du devenir.

1. Timée, 69 ὁ d. — 69 ἃ: χαὶ διὰ ταῦτα δὴ σεθόμενοι μιαίνειν τὸ θεῖον; ὅτι μὴ πᾶσα ἀνάγχη, χτλ.

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