Timée, 92 d, sqq
le feu, la terre, l’eau, l'air, ne sont pas des éléments - irréductibles : il ne faut pas les comparer à des lettres, “mème pas à des syllabes "ἡ. L'idée du feu, l'idée de l'air, l'idée de l’eau, l'idée de la terre sont des - formes intelligibles, choisies pour obéir à des considérations de régularité et de beauté. Ainsi la cons- » titution de la matière est elle-même l'œuvre d'une activité intelligente, et il ne faut pas dire que le feu, l'air, l'eau, la terre préexistent à l'action de l'intelligence ; avant que cette action ne s'exerçât, « nul de ces corps n'existait si ce n'est par un effet - du hasard (ὅσον μὴ τύχην, rien ne pouvait recevoir une dks dénominations qui trouvent maintenant à . s'appliquer, telles que celles de feu, d'eau et autres . semblables » *. Il peut être nécessaire de concevoir que l'univers se préexiste à soi-mème comme matière; mais il faut ajouter que la cause instrumentale, la moyen en tant que moyen, est, abstraction faite de Ja cause efliciente et de la cause finale, inconcevable indéterminable.
l'instrument, au sein de l'être vivant : elle tend ncessamment à se supprimer elle-même. Ni la fin, la cause, ni la matière de l'univers n'ont une
si ce n’est dans les abstractions du logicien. L’uni= vers ἃ pour fin sa propre organisation, pour cause | celte activité spirituelle qui tend incessamment, dans l’univers, à sa propre organisation; et la matière enfin n'existe que comme tendant à s’orga-. & niser, comme devant se résoudre en une organisation. La thèse de la finalité se ramène donc à la ra thèse de la vie organique, où, dans le tout, toutes 2 les parties sont solidaires ; par là l’opposition de Part” # et de la nature se trouve résolue. La nature, dit-on, est première, et nature est synonyme de hasard sa l’art vient ensuite, qui travaille sur les données de la nature. Il est même des théories qui réduisent + encore le rôle de l’art dans la nature, et vont jusqu'à É lPannihiler : tout, dit-on, est nature, ou contingence, ë et ce qui nous apparait comme un produit de notre | art n’est, en réalité, qu'un accident de la nature !. ἡ | Il faut complètement retourner cette conception. La nature n’est ni opposée à l'art, ni identique au hasard ; elle est une organisation gouvernée par un système d'idées, un produit de l'intelligence. ΙΔ pature est l’idée même de l’art, elle emploie le ἢ hasard comme une matière et un instrument pous ses fins; et l’opposition de la nature et de l'art se réduit à l'opposition de l'art divin et de Part “ humain. L'art humain n’est donc pas en contradic-. ‘À