République, 11, 372 e
france y est inconnue, puisque les biens de la terre s'offrent spontanément aux hommes. Nulle guerre δ n'éclate, puisqu'il n'existe pas de besoins excessifs à satisfaire. Et cependant, de cet état idéal, on ne saurait dire s’il est aux yeux de Platon, pour les hommes qui en sont les membres, une source de félicité. — « Si tu voulais fonder un état de pores, demande Glaucon à Socrate, les ferais-tu paître autrement ? » — « L'état vrai, répond Socrate, me « parait être celui que nous venons de considérer, car « il est sain ; mais si vous voulez examiner l’état sous sa forme morbide, rien ne l’interdit !. » Qui done, de Glaucon ou de Socrate, a raison? Cest ce qu'il est difficile de decider. Si, dans cette condition, les . hommes pratiquent la philosophie et connaissent la nature éternelle des choses, ils sont heureux; mais on ne nous dit pas cela, et, s’ils ne font que manger, boire et dormir, leur condition est peu enviable. Or la seconde hypothèse paraît, d’une part, plus probable,
si l’on songe que les hommes du temps de Kronos sont ces « fils de la terre * » dont Platon, dans le Soplhiste, parle avec mépris. Mais d'autre part cet état social, c’est l’état dans sa vérité et sa pureté; et s’il ne répond pas à notre condition, — car « de toutes les villes qui sont régies non par un dieu, mais par un mortel, nulle ne peut échapper au mal et à la