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Ε΄. LA SCIENCE POLITIQUE. 335 --»ν᾿-
itres que lorsqu'on se propose de veiller à la production d'une espèce animale? Le politique , comme le gardien d’un troupeau, un éleveur, ai doit appliquer à la société humaine les lois de la sélection sexuelle. C'est une grave erreur que, dans l'humanité, l’union des sexes soit abandonnée au hasard, livrée aux caprices et aux fatalités de l'instinct. Le politique devra veiller, selon le prinipe posé dans la République ‘, à ce que les meilleurs s'unissent avec les meilleures, afin qu'une arislo-
atie se constitue, vraiment apte à garder l'état. Dans le Politique ?, les mariages sont soumis à une réglementation plus subtile. C'est un principe posé ns la Aépublique *, et développé dans le Politique *, . la classe gouvernante doit allier les facultés ᾿ l'action aux facultés de réflexion, le courage à la | douceur, être à la fois militaire et philosophe. Mais 5 t équilibre de vertus contraires n’est pas garanti 3 le mariage libre. C’est une loi que, par nature, semblable aime le semblable : les doux s'allieront ne avec les doux, les violents avec les violents, et divorce des deux formes fondamentales du caracà s’aggravant, au détriment de l'unité sociale. ar la réglementation des mariages, le politique
publique, V, 458 c, 516.
Le Politique, 310 a, 544.
République, 11, 374 e, 5}1.
Dpt 305 6, 514.
lutte contre cette tendance destructive de la société. Et la réglementation des mariages est, à proprement parler, l'élément nécessaire dans l’État, aux deux sens du mot : nécessaire. Car d’abord elle consiste dans la mise en œuvre d’une force instinctive et aveugle, de « la nécessité innée » qui est le désir, de la « nécessité de l'amour »'. Mais ensuite cette nécessité cesse d’être une fatalité, lorsqu'elle devient finalité, lorsqu'elle est employée en vue du bien, lorsque linstinct sexuel est tourné en une force sociale utile.
Le véritable objet de la réglementation des mariages, c'est d'assurer l’unité de la société humaine. Mais il est un autre moyen de l’assurer, plus direct, plus profond, plus « divin » ? : ce moyen, c'est l'éducation. A propos des mêmes objets éprouver Jes mêmes plaisirs ou les mêmes douleurs, concevoir les mèmes pensées, c’est là ce qui unit vraiment les hommes, et c’est le produit d’une éducation commune. L'état doit être gouverné par les philosophes, en d’autres termes l'éducation est le vrai fondement de l’état, parce que la communauté d'idées fonde l’union et l'amitié. Pour celui. qui aura reçu l’éducation rationnelle et philosophique, il n’y aura rien de choquant ni de ridicule dans les paradoxes apparents du communisme plato-