‹ La théorie platonicienne des sciencesChapitre 256 sur 276 · République, 11, 382 d · texte numérisé non relu

République, 11, 382 d

un corps, et gâtée par celle union, comme le corps. 3 ᾿ Ι

fondamentales de la solidarité et de la division du travail, 1l imaginera un artifice ou procédé

SAS A (μηχανή) utile, la légende phénicienne des quatre espèces

, qui sera de leur raconter un mensonge

d'hommes : hommes d’or, hommes d’argent, hommes de fer, hommes d’airain. — « Mais, demande Glaucon, quel artifice inventer pour leur faire ajouter foi à cette fable? — Eux-mêmes, il n’y ἃ pas moyen; mais on peut la persuader à leurs enfants, aux enfants de leurs enfants et aux générations qui suivront.» De même s'agit-il de régler les unions des deux sexes, et d'éviter que les plus mal partagés s’indignent, le gouvernant aura l’air de s’en fier au sort pour faire le partage ; en réalité les dés seront pipés, mais, grâce à ce mensonge utile, les citoyens mécontents de leur lot s’en prendront à la fortune, et non au gouvernant ?. On peut dire sans rien forcer que l’état platonicien repose sur le mensonge, mais cela dans la mesure où le mensonge, le contradictoire et l’équivoque font partie

de la nature des choses. La société est un tout

vivant ; mais la vie n’existe que par rapport à l’idée qui l'organise ; la société tend vers cette fin, elle est un système d’utilités orientées vers cette fin.

1. République, ΠῚ, 414 b, sqq. — C’est que la vie sensible de l’homme est tout entière une illusion, le produit d'un artifice divin. Cf. Lois, VII, 803 ὁ : ἄνθρωπον ... θεοῦ τι παίγνιον εἶναι μεμιηχανημένον. — Sur 16 sens des mots μηχανή, μηχανᾶσθαι, v. plus haut, p.296, en note.

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