République, V, 460 a
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Au point de vue de la pratique, ce qui existe, c'est Re (à χαιρές), ce qui est proportionné à sa fin (=à 242»), ne va pas au delà et ne reste pas en deçà a but : le vrai, c'est l’utile. Mais le vrai, c'est aussi - le divin et le saint. Done lutile c'est le saint, «Il faut rendre les mariages aussi sacrés que possible : que ceux-là soient sacrés qui seront les plus utiles‘. » La société platonicienne est religieuse, et réciproque ment la religion platonicienne n'est pas autre chose qu'une consécration du social. Veut-on régler les + mariages ? « Il faut décréter des fêtes qui réuni- “ront les nouveaux mariés, des sacrifices, et nos poètes devront composer des hymnes nuptiaux ?, » Et c'est celle même idée d'une alliance étroite entre l'éducation, la religion et le jeu, la même conception cérémonielle de l'état, qui est reprise au livre VIL des Lois. « Ce qu'il y a de meilleur en J'homme », c'est d'être « le jouet des dieux », le oduit d’un art divin. D'où la réponse du législa- {eur aux poètes tragiques qui viennent lui demander | quelle législation ils seront soumis dans l'état: « Nous travaillons, nous aussi, à un drame que nous faisons aussi beau et aussi bon que possible ; toute 10 » constitution est disposée pour imiter la plus belle et la meilleure des vies, cette vie dont nous disons qu’elle est de tous les drames le plus vrai.
République, V, 458 e.
| République V,459 e.
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Vous êtes poètes, nous aussi sommes poètes, poètes
tragiques comme vous, vos rivaux et vos adversaires dans la composition du plus beau drame, celui que, selon notre conviction, la loi vraie peut seule engendrer!.» Être citoyens dans un état, c'est être acteurs dans un drame : la vie sociale est un jeu sacré.
Ce principe pénètre et alimente, jusque dans le détail, l’organisation de la vie sociale, la réglementation des fêtes religieuses, la consécration des formes politiques. Pour nous borner à un exemple, le législateur veut-il fixer le nombre des citoyens dans l’état, nombre dont Platon, dans la République, conçoit le minimum comme pouvant être abaissé jusqu'à 1000?, et qui doit rester immuable autant que possible*, Platon, dans les Lois, choisit le nombre 5040 à cause de ses utiles propriétés arithmétiques ‘. Car le nombre 5040 est divisible par les dix premiers nombres consécutifs et par 12; pour le rendre divisible par 11,11 suffit d’en retrancher deux parties égales à 125. Par là ce nombre se prête mieux qu'un autre à toutes les divisions et subdivisions, territoriales ou autres, qui peuvent sembler nécessaires : 1l est utile. Mais en même temps ces propriétés qui font le nombre 5040 socialement utile