Lois, VI, 781 d
sans rien omettre de ce qui en fait la beauté et la vérité ; si quelqu'un ne peut le réaliser tout entier, qu'il fasse donc fléchir l'idéal et ne le réalise pas, mais du moins qu'il travaille à faire ce qui, en dehors de l'idéal, a le plus de rapport et d’affinité avec ce qui est le devoir (τῶν προσηχόντων πράττειν) » ἡ. C’est que « nous sommes gens de loisir; rien ne nous presse ? ». Sans doute l’état, tel qu'il est décrit dans les Lois, admet (comme aussi bien déjà Pétat dont la description est contenue dans la République, et qui est fondé sur la guerre) un élément de contingence ; mais ces données de fait, Platon se les donne à lui-même, il a choisi les conditions dans lesquelles il lui plait d'organiser la constitution du nouvel état, et, comme 1] s’agit de la fondation d’une colonie, la forme même de la constitution (monarchique, aristocratique ou démocratique) n’est pas préjugée. Aussi, après l'état de second degré, distinct de l’état idéal, Platon fait allusion, dans les Lois, à un état de troisième degré. Et quoique, dans le passage en question, Platon ne définisse pas cette troisième forme de l'état, on est autorisé à supposer qu'il s’agit d’un état dans lequel on prend, pour nécessité de fait, pour donnée, non seulement une notion très générale, comme, dans la République, la notion de guerre, non seulement certains détails
d'Lots, V, 746.0 c: