‹ La théorie platonicienne des sciencesChapitre 268 sur 276 · République, IV, 429 ὃ c · texte numérisé non relu

République, IV, 429 ὃ c

2, République, IV, 430 D.

est évident que toutes les sciences pratiques s'évanouiraient‘ », et que la vie pratique serait impos- sible.

… Prise absolument, la légalité est done un mal; mais peut-être a-t-elle une valeur relative et doitelle être admise, dans la science du gouvernement, ὰ titre de condition nécessaire. Nul mortel n'est - capable de la science politique dans son intégrité; il s'agit donc de découvrir des méthodes provisoires qui permettent, le cas échéant, de suppléer à la science absente. Or la légalité fournit la solution du - problème : elle est à la justice idéale ce que la con- - naissance empirique est à la science pure. Pour - rendre la chose sensible par un exemple, le professeur de gymnastique n’a pas le loisir de donner des . ordres à chacun de ses élèves pris individuellement, de prescrire à chacun ce qui convient au corps de . chacun. ΠΟ procède donc d’une façon plus grossière, plus massive (παχύτερον), par généralités (ὡς ἐπὶ τὸ πολὺ nai ἐπὶ τοὺς πολλούς) ; « à tous en masse il impose des peines égales? », en négligeant les différences individuelles, et le point de vue de la fausse égalité sst justifié comme un substitut Qu point de vue de légalité vraie, lorsque celui-ci, par l'effet de notre gnorance, ne peut être appliqué. A défaut de la science vraie, pour laquelle la distinction du

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général et du particulier n'existe pas, et qui connaît directement le particulier, ou plus exactement le singulier, sans l’intermédiaire de lois générales, il est nécessaire de recourir aux méthodes de la connaissance empirique, qui, devant l’impuissance de l'intelligence humaine à serrer la réalité mouvante et infiniment complexe des choses, recourt à des généralités empiriques (τύποι) !, dont le défaut est de ne pas être exactes (οὐχ ἀχριξεῖς), mais dont l'avantage est d’être simples (ἁπλᾶς). — De plus, au caractère de la généralité, la loi joint le caractère de la stabilité. Les lois peuvent présenter un obstacle aux innovations de la science, sans doute, mais elles préservent aussi la société contre les révolutions dont le mobile est l'intérêt, le caprice, la folie des individus. « Celui qui ose agir contre les lois établies à ia suite d’une longue expérience (x πείρας πολλῆς)--commet une faute égale à plusieurs fois celle plus

haut mentionnée, et détruit toute pratique, beaucoup

plus sûrement qu'il ne ferait en respectant le système des lois écrites” » et de la tradition non écrite

(νόμοι ἄφραφοι). — A un double titre, par la géné-

ralité et par la stabilité des règles qu'elle établit, la connaissance empirique imite l’universalité et

1. Cf. République, 1Π, 414 a : ὡς ἐν τύπῳ, μὴ δι’ ἀχριδείας. — 403 de: l'opposition établie entre les deux expressions : ἀχριδολογεῖσθαι, et: τοὺς τύπους ὑφηγεῖσθαι.

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