L Politique, 293 ος 2. Lois, IV, 114 bce
+4 sr μά LA SCIENCE POLITIQUE. 90]
- chose reste qui n'est pas justifié : à savoir, l'erreur « et le mal. L'erreur, dans la philosophie de Platon, consiste essentiellement à confondre le relatif avec l'absolu, à accorder à la partie l'existence autonome d’un tout, à croire que ce qui existe pour autre chose » que soi existe pour soi, que le nécessaire c'est le bien.
L'erreur prend plusieurs formes. Sous une première forme, elle est rhétorique. Le peuple est un
. seigne à l'orateur que la parole est un instrument de persuasion et de flalterie, non de démonstration, que le bien c’est ce qui lui plait, et que la sagesse 4 consiste dans l'expérience de ses goûts et de ses passions. C’est comme si, voulant domestiquer quelque
. appétits, « on appelait bon ce qui le réjouit, mauvais 5 qui le fait souffrir, n'ayant pas d'autre méthode que d'appeler juste et beau ce qui est nécessaire, sans avoir jamais vu, sans être capable de montrer à un autre combien diffèrent le nécessaire et le bien, par nature ‘ ». Le point de vue auquel se place le rhéteur constitue un renversement de la vérité : au
ses démonstrations, que de plaire; il prend
sophiste redoutable οἱ un mauvais maitre : il en- .
animal grand et fort, étudiant ses instinets et ses
lieu de plaire afin de convaincre, il n’a d'autre but,
pour la fin ce qui est normalement le moyen, pour le bien ce qui est le nécessaire.
Sous une forme plus éclatante, et en quelque sorte plus publique, l'erreur est tyrannie. De même que, parmi les gouvernements légaux, la monarchie est susceptible de devenir le meilleur, de même parmi les gouvernements illégaux, la tyrannie est le pire. Elle naît de la démocratie, comme la démocratie naît de l’oligarchie. L’oligarchie place le bien dans la richesse : ce qui constitue une erreur, car la richesse est un moyen nécessaire, non un bien inconditionnel; et le désir excessif de la richesse produit le gouvernement démocratique, qui définit le bien comme liberté : nouvelle erreur, car la liberté n'est pas un bien en soi, elle n’est un bien que dans la mesure où elle est un élément nécessaire de l’union sociale. De même, enfin, le désir excessif de
la liberté détruit toutes les lois et produit la.
tyrannie, qui est à la fois l’excès de la liberté et la négation de toute liberté : la tyrannie, c’est la royauté renversée, comme l'erreur est la vérité renversée. Du gouvernement démocratique comme du gouvernement aristocratique il est vrai de dire quil comprend toutes les variélés du caractère, et, par suite, dans leur principe toutes les formes de gouvernement ! ; mais celui-ci organise ces principes
1. Cf. République, VII, 558 ὁ: ἡδεῖα πολιτεία χαὶ ἄναρχος χαὶ ποι-
σὰ), ΤΟ 8 TE
divers dans un système et par rapport à une fin; celui-là contient tous les éléments de l'état à
l'état inorganique et de désordre. De mème l'oflice
du gouvernement monarchique est essentiellement d’épurer ou de purifier l'état, par des moyens préventifs ou correctifs, en détruisant le vice,
ou en faisant disparaître le vicieux. Le (yran lui
aussi épure'; mais c'est une « belle épuration »
une épuration à rebours, « et toute contraire à
celle que les médecins pratiquent sur les corps;
car ceux-ci suppriment le pire et retiennent le meilleur ; lui tout au contraire ». Il est dans l’état
ce qu’une passion aveugle est dans l'âme; il détruit,
exile, fait périr, corrompt tous les éléments vertueux, supprime tout ce qui est bon, et ne retient
que ce qui est nécessité et esclavage. De la tyrannie ᾿ il est particulièrement vrai de dire ce qui s'applique à tous les états dépourvus de lois et de tra-
dition, qu'elle n’est pas un élat, mais un « nonétat », un état de sédition, non une constitution, mais une désorganisation *. L'âme {yrannique est “
sept cent vingt-neuf fois plus misérable que l'âme æ κ΄.
royale. \ “À χιλή, — et Lois, Π|, 693 d': αἱ δ᾽ ἄλλαι σχέδον ἅπασαι... ἐχ τούτων εἰσὶ “ἜΤ. ᾿διαπεποιχιλμέναι. | 1. République, VII, 567 c; IX, 573 a, 544. ἜΝ
3. Lois, VII, 833 ὃ: τὰς οὐ πολιτείας ... τούτων γὰρ δὴ πολιτεία μὲν ᾿ οὐδεμία, στασιωτεῖα: δὲ πᾶσαι λέγοιντ' ἂν ὀρθότατα. -- Cf. Lois, IV, à T5 b: στασιώτας ἀλλ' οὐ πολίτας. + # 21 #3 ἣν
My ”
La rhétorique, la tyrannie sont des formes fausses …
de la pratique. Mais d’une façon générale, le nom de l’erreur, quand elle prend la forme de la spéculation théorique, c’est la sophistique. Le type de l'être, pour le sophiste, c’est la sensation immédiate, l'impression pure (αὐτὸ τὸ πάθος) : tout ce qui ἃ l'existence de fait est, comme tel, justifié. Pour le dialecticien, le type de l’être c’est l’idée, et tout est
justifié dans l’univers, dans la mesure où tout est en |
relation avec l’idée. Le bien, en conséquence, pour le sophiste, c’est le plaisir, l'affection sensible immédiate. Le bien, pour le dialecticien, c’est l'alliance du plaisir avec la représentation consciente du plaisir, un système de plaisirs, dans lequel toutes les sciences sont admises, mais non pas tous les plaisirs. Car le plaisir a une nature double ‘., D’une part, il accompagne un désir et se rapporte à une fin. Le désir et le plaisir de manger tendent à produire la santé, et sont limités par cette fin; ils sont
nécessaires, parce qu'ils sont des conditions de la
vie, des moyens par lesquels il faut passer pour « atteindre cette fin. D'autre part, le désir et le plaisir τὸ
semblent avoir leur réalité propre et indépendante ;
et si le désir se considère comme une existence abso= lue, non comme une existence relative à une fin, il devient limité. Si le désir de manger dépasse la