‹ La théorie platonicienne des sciencesChapitre 41 sur 276 · Timée, 69 d · texte numérisé non relu

Timée, 69 d

se proposent l'amélioration du corps et celles qui poursuivent l'amélioration de l'âme, un parallélisme rigoureux et un rapport étroit d'expression {, « La vraie gymnastique ? (ἡ βελτίστη γυμναστιχή) est sœur de la musique », si l'on entend par musique le système littéraire et artistique qui constituait chez les Grecs le programme de l'éducation morale. « Le défaut de simplicité, en musique, produit l'intempérance et l'irréflexion (2122272), en gymnastique, la $

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maladie; la simplicité, inversement, produit, en musique, la réflexion et la modération (σωφροσύνην) dans les âmes, en gymnastique, la santé physique ὃ,» En raison de ce parallélisme, le vice peut, d'une A . part, être expliqué, comme dans le Timée, par des causes pathologiques : « le méchant devint méchant par l'effet d'une mauvaise disposition de son corps "». ) … Mais inversement la santé physique, dans la Répubüque, ne prend de sens que par rapport à la santé psychologique. Le corps ne peut, par sa vertu propre, rendre l'âme vertueuse : mais tout au contraire c’est l'âme vertueuse qui peut, par sa vertu,

donner au corps toute la vertu dont il est suscep- ἊΝ

tible 5, L'action de l’éducateur sur les âmes peut 4 |

> 4. République, ΠῚ, 403 d, sqq. ἐς 2. République, Π|, 404 b. ΄.

- 3. République, II, 4e. κεν | 4. Timée, 86 e. Platon ajoute : et d'une mauvaise éducation. < 5, République, IN, 403 d. — Cf. Charmide, 156 d, sq. Ἢ

ètre conçue comme une sorte de médecine, et le vice comme une « maladie de l’âme ». Mais inversement un art comme la médecine peut être conçu comme une pédagogie appliquée aux maladies ᾽, et même un art tel que l’agriculture comme ayant pour objet l'éducation des plantes *. Seulement, ces croisements, ces interversions dans l’application des mots, n’ont pas, dans les deux cas, la même valeur : car, s’il y a, entre l’âme et le corps, rapport d'expression, ce rapport n’est pas strictement réciproque. C'est l'âme qui fait la réalité du corps, c’est le point de vue de l’âme qui donne au point de vue du corps une valeur dialectique ; aussi, du langage physiologique et du langage psychologique, c’est le second qui est le vrai. Le corps existe non pour soi, mais pour l’âme, et la médecine doit s'inspirer de ce principe

par dessus tout autre. Car santé, c’est proportion,

et, dans l'être vivant, la proportion la plus importante est celle du corps à l'âme * : le médecin vrai est un moraliste, « un politique 1 », et comme le juge fait périr le coupable qu'il juge incapable de s’amender, de même le médecin vrai abandonne et « condamne » le malade qu'une santé chétive doit

1. République, 111, 406 a: τῇ παιδαγωγιχῇ ταύτῃ τῶν νοσημάτων + 2 Ξ ‘ τῇ νῦν ἰατριχῇ.

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