‹ La théorie platonicienne des sciencesChapitre 5 sur 276 · Ménon, 75 ἃ · texte numérisé non relu

Ménon, 75 ἃ

INTRODUCTION. vi

(τὸ ὁμολογούμενον αὐτὸ αὑτῷ); et, de mème que le

. dialogue ἃ pour unique principe cette définition de

la vérité, de mème il n'a pas d'autre fin que de manifester, dans sa marche, cette harmonie de la pensée avec elle-même. Par là le dialogue socratique diffère du discours judiciaire ou du raisonnement éristique. Le discours judiciaire veut persuader, le raisonnement éristique veut embarrasser : l'un et l'autre poursuivent une fin extérieure à eux-mêmes. Le dialogue platonicien veut être, purement et simplement : il ne poursuit de but, il n'a de règle que de se développer conformément à son principe interne, qui est de ne pas impliquer contradiction, et de se supprimer dès qu'il implique contradiction. Ce libre progrès de la pensée dialectique, cette complète insubordination de la méthode philosophique, Platon ἃ employé, à diverses reprises, les expressions les plus énergiques pour les caractériser : « il faut suivre le raisonnement? », — « il faut aller là où les traces de nos raisonnements nous conduisent* », — « là où le vent du raisonnement nous emporte, il faut aller ‘ ». Or, on comprend que

1. Lois, V, 746 ce, et Phèdre, 265 d. Cf. les expressions : οὔτε γὰρ ξαυτοῖς οὔτ᾽ ἀλλήλοις ὁμολογοῦσιν (Phèdre, 237 c), — ὁ λόγος... ὁμολογεῖ co: [Gorgias, 487 αἰ, ete. — C'est le raisonnement rigoureux et exact : Er... ἀχριδέστερον ὁμολογητώμεθα (République, IV, 436 c).

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