République, 1, 338 ἃ e
L'ÉTAT ET L'INDIVIDU, st
ils donneraient des ordres contraires à leurs intérêts, Au second sens seulement, la justice peut constituer une science ; mais le second sens est aussi le seul qui présente une valeur philosophique. On prétend à tort que le gouvernant peut se tromper sur son intérêt: mais alors il ne mérite plus, philosophiquement, la dénomination de gouvernant. On n'appelle pas médecin celui qui se trompe dans son diagnostic, en tant qu'il commet cette erreur, De même le gouvernant, au sens exact (ἀχριξεῖ λόγῳ), et non plus au sens vulgaire (ὡς ἔπος mot, est gouvernant, dans la mesure où il possède la science du gouvernement. C’est done qu'il existe une science du gouvernement, une science de la justice *.
Un autre indice conduit à la même conclusion, On dit: la justice est ignorance, l'injustice est science. Il convient donc de voir, en cherchant des analogies dans les sciences en général, comment se manifeste la relation de la science et de l'ignorance, comment se comporte le savant vis-à-vis de l'ignorant, et réciproquement. Le médecin ne vise pas à l'emporter sur le médecin : il reconnait en lui un | égal, et la science, égale en tous deux, crée entre - eux l'accord et l'harmonie. Mais il vise à l'emporter sur le non-médecin : la possession de la science lui