République, 1, 343 a, sqq
ayant son domaine et sa puissance propres ΄. Bien plus, qu'il y ait des récompenses pour celui qui assume la charge du gouvernement, comme des châtiments pour celui qui refuse, cela prouve que l'objet du gouvernement n’est pas l’intérêt du gou= vernant. Le gouvernant n'accepte de gouverner que | moyennant compensation ; le motif qui le pousse 44 accepter le pouvoir étant soit l'espoir d’une rétribution, soit, motif peut-être plus puissant encore, la crainte d’être mal gouverné, s’il ne gouverne lui- 4 même. « Car il semble que s'il existait un état composé d'hommes vertueux, l'ambition de tous serait « de ne pas gouverner. et qu’il deviendrait alors mas nifesle que le véritable gouvernant, dans son essence, ᾿ n’a pas pour caractère de considérer son intérêt propre, mais l'intérêt des gouvernés ?. »
Enfin, en se conformant toujours à l’analogie des « autres sciences, on peut définir, par induction, le caractère de la méthode en matière de gouvernement. Car la science de la répression pénale a été L définie, dans l’ensemble des sciences qui ont pour » objet le gouvernement des âmes, par analogie avec M la médecine, qui réprime la maladie comme la jus- : tice sociale réprime l'injustice. Il est donc à présu- M mer que la méthode de la science politique sera 3