‹ La théorie platonicienne des sciencesChapitre 60 sur 276 · Timée, 70 a ὃ · texte numérisé non relu

Timée, 70 a ὃ

2. Alors un des deux termes peut s’employer pour l’autre. La χολαστιχή elle-même poursuit une fin pédagogique. Cf. Lois, XII, 944 ἃ : τὸν γὰρ χαχὸν ἀεὶ δεῖ χολάζειν, ἵν᾽ ἀμείνων Le οὗ τὸν δυστυχῆ. — Lysis, 311 be: Βούλομαι σὲ αὐτῷ διαλέγεσθαι. --- Ἵνα, ἦν δ᾽ ἐγὼ, καταγέλαστος γένωμαι; — Οὐ μὰ Δία, ἔφη, ἀλλ᾽ ἵν᾽ αὐτὸν χολάσῃς. — Gorgias, 509 ὃ: τὸ χολάζεσθαι ἄρα τῇ ψυχῇ ἄμεινόν ἔστιν ἢ ἣ ἀκολασία. — De même, l'opposition de la maladie et de la laideur, du vice et de l'ignorance ἢ ἃ chez Platon, rien d'absolu. L'opposition est, Gorgias, 477 b, entre ἀσθένειαν... χαὶ νόσον καὶ αἶσχος et ἀδικίαν χαὶ ἀμαθίαν καὶ δειλίαν, — République, IV, 444 de: entre ὑγίεια... χαὶ κάλλος χαὶ εὐεξία (ΞΞΞ ἁρετὴ) et νόσος τε χαὶ αἷσχος χαὶ ἀσθένεια (ΞΞ χαχία). Mais Petit Hippias, 912 6, 313 4: πολὺ γάρ τοι μεῖζόν με ἀγαθὸν ἐργάσει ἀμαθίας παύσας τὴν Ψυχὴν ἤ νόσου τὸ σῶμα, --- οἱ Timée, 86 ὃ : νόσον wnv δὴ Ψυχῆς ἄνοιαν ξυγχωρητέον, δύο δ᾽ ἀνοίας γένη, τὸ μὲν μανίαν, τὸ δὲ ἀμαθίαν-

accidentelle, mais essentielle, Et de mème, par analogie, il faudrait pour le bien de l'âme, que la justice sociale, la répression du crime, fût rendue inutile, mais on ne saurait concevoir que la science de l'éducation devint inutile, parce qu'il y a un passage normal de l'ignorance à la science, qui est le passage de la jeunesse à la maturité, « Quand l'intempérance (ἀχολασίχ) et les maladies abondent dans l’état, alors on ouvre des tribunaux et des écoles de médecine, on lient en honneur l'éloquence judiciaire et la science médicale, des hommes libres les pratiquent l'une et l'autre, en grand nombre et avec ardeur! ». Mais quel plus sûr indice d'un mauvais état de santé sociale et, parce que l’état vrai est un système d'enseignement, d'une mauvaise éducation? « N'est-ce pas, en effet, une chose laide et un grave symptôme de mauvaise éducation, que l'on soit forcé de recourir à une justice d'emprunt, que l’on va chercher chez des maitres et des juges, faute d'une justice personnelle et interne *? » Et, faute de comprendre que la fin de la science qui a pour objet le traitement des corps c'est de s'identifier tout entière à la gymnastique, la fin de la médecine de s’anéantir, que la fin de la science politique c'est de s'identifier tout entière à l'enseignement de la vertu, la fin de la justice répressive de s'anéantir, on aboutit à la

1. République, NL, 404 6, 405 a. - 2. République, III, 405 b.

confusion des deux termes dans chacun des rap- M ports de la proportion. Les médecins imaginent de Ε confondre la συμ 5 Ππ avec la médecine, inven- Ἢ tent une gymnastique inquiète, une hygiène qui X remplit notre vie et qui la gâte, car elle la rend sté- 1 rile et pour nous et pour nos semblables, et, par la préoccupation constante de la maladie, fait de la vie une mort longue et pénible. Mais pourquoi cette invention, sinon parce que les hommes se sont ᾿ acclimatés ἃ l’anormal, se sont accommodés de la maladie, ont étudié les moyens d’allier le mieux possible l’intempérance et la santé, et ont mis leur orgueil non pas à être sains de corps, mais à savoir être malades! ? Et de même les hommes ont admis que le crime finit par devenir un phénomène" normal dans la société, les tribunaux un organisme M normal dans l’état; l'éducation est devenue, à leurs - 4 yeux, l’art d'apprendre non à éviter le vice, mais Ἂ

à éviter le châtiment; par l’office des rhéteurs et des M

professeurs d’éloquence, ils peuvent se vanter de savoir être injustes impunément. Comme si l’on pouvait être injuste impunément, comme si l'injustice

vraie était définie par une définition extrinsèque

et non comme un état désharmonique de l'âme. « L'erreur est toujours de s’en tenir au point de vue

contradictoire de la justice répressive, et de ne pas x

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