‹ La théorie platonicienne des sciencesChapitre 61 sur 276 · PERS PRET · texte numérisé non relu

PERS PRET

comprendre que le fondement et la vérité de l'état, ce n’est pas la répression des actes, c'est l'enseignement de la vertu.

Mais alors de nouveau la répression pénale se résout dans l'éducation proprement dite, de nouveau l'inférieur, mis en présence du supérieur, s'anéantit et se supprime. Or, cette réduction pure et simple de la justice pénale à l'éducation n'est pas concevable, Entre l’état proprement dit, l'état constitué par les relations extérieures des individus, et l'état intérieur, harmonie des fonctions spirituelles, il y a autre chose qu'un rapport de tout à partie : le premier ne symbolise pas le second au sens où Île tout symbolise les parties dans le cas où les parties sont homogènes au tout. C’est ce que suflit à prouver la comparaison des deux sciences qui ont pour objet, l’une de réaliser l’ordre social, l’autre d'enseigner la vertu à l'individu : car une différence radicale les sépare, une caractéristique irréductible définit la première, à savoir la notion de peine. Lorsque la peine est infligée justement, elle peut bien réprimer l'injustice, elle n'améliore pas l'âme de l’injuste. Lorqu'elle est infligée injustement, elle perd, sem-

ble-t-il, toute utilité : car elle ne réprime même pas

un acte injuste. Quelle valeur faut-il donc donner

à la peine? Quelle attitude doit prendre, vis-à-vis

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