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le condamnent injustement, il ne peut, sans devenir injuste, user à leur égard de représailles, rendre l'injustice pour l'injustice. Il demeure immuablement juste, convaincu que la justice, définie par un caractère intrinsèque, est un bien en soi, et non pas seulement par ses conséquences, plus heureux, dans la peine injustement subie, que l’injuste dans l'impunité.
Mais si cette attitude convient au juste, qui sait le vrai prix de la justice répressive et sociale, elle ne saurait convenir à l'injuste, qui n'est pas en position de mépriser le châtiment. A celui-là il reste à s'améliorer et à apprendre ; et la première chose qu'il ait à apprendre, c’est à savoir lirer profit de la peine. Est-elle donc profitable? Sans doute, si, comme cela est accordé maintenant, la justice est un bien. Effectivement, ce principe étant admis, s'il est bon de faire la justice, il est également bon de la recevoir ; lorsqu'il y a correspondance entre une action et une passion, la qualité qui convient à l'action convient à la passion ; lorsque je frappe fort, l'objet frappé est frappé fort, de même ce qui est bon à donner est bon à recevoir. Donc, lorsque la justice se traduit par une peine infligée à un patient, le raisonnement démontre que cette peine est bonne pour lui', Mais en quel sens peut-elle être