‹ La théorie platonicienne des sciencesChapitre 79 sur 276 · Phèdre, 262 c · texte numérisé non relu

Phèdre, 262 c

l'ignorance, elle est un état positif de la connaissance: sentir, c’est savoir en quelque manière; mais, d'autre part, elle n’est pas une connaissance, puisqu'elle est vraie dans la mesure où elle est réelle, sans distinction de la vérité et de l’apparence. L'expérience sensible, et la pratique pure, qui est synonyme du pur empirisme, ne sont donc qu’une forme fausse de la connaissance, l’apparence de la science.

Mais avec la critique de l’expérience (ἐμπειρία), la critique de l’art, ou de la science pratique (τέχνη) ! n’est pas achevée. Car l’art se distingue de l’expérience brute, ou du moins c'est à des degrés très divers qu'il implique toujours la présence en soi d’un élément d’empirisme. On conçoit, puisque l’expérience (ἐμπειρία, τριδή, μελέτη) comporte toujours une certaine proportion de prévision rationnelle, qu'il se rencontre chez Platon, à côté des passages où la routine, l’empirisme et l’approximation sont radicalement distingués de l’art méthodique, d’autres passages où la τέχνη soit confondue avec la μελέτη ?, avec la τριδή *, avec l’äuraioto ὁ. Mais cette confusion des expressions qui exprime la transition insensible d'un point de vue à un autre n’est pas, dans tous

1. Cf. le Politique, 284 c : τὸν περί τὰς πράξεις ἐπιστήμονα, — 304 ὃ : τῶν περὶ χειροτεχνίας ἐπιστημῶν.

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