‹ La théorie platonicienne des sciencesChapitre 80 sur 276 · Lois, 1, 632 d : τῷ περὶ νόμων ἐμπείρῳ τέχνῃ · texte numérisé non relu

Lois, 1, 632 d : τῷ περὶ νόμων ἐμπείρῳ τέχνῃ

les cas, légitime au même degré‘. Les uns, parmi les arts, sont en grande partie conjecturaux et em- | piriques : telle la musique. De même la médecine, - l'agriculture, l’art de gouverner un navire et de diriger une armée. D'autres arts, tels que l'architecture, la construction des vaisseaux, impliquent une somme déjà considérable de connaissances exactes, et l'emploi d'instruments de précision, compas, règles et autres. Enfin, il est des arts d'une utilité suprême et générale, qui joignent la précision théorique à ὟΝ τς l'utilité pratique : l'arithmétique — qui pourrait se dt ἥ dispenser de compter et de calculer, et se reconnaître ᾿ dans l'univers sensible? — et la géométrie, dont le nom même, mesure de la terre, indique l'importance pratique. Platon n'est pas l'esclave du procédé de | division dichotomique * : entre le pur empirisme pratique et la pure théorie, il échelonne une série de degrés, grâce auxquels la classification des sciences non seulement sert de répertoire commode ; pour l'esprit, mais encore exprime le progrès continu μὰς Γ᾿ de la pensée critique, lorsqu'elle va du confus au = distinct et de l’obscur au clair. ἐξ ᾿ Néanmoins ce sont toujours ces deux termes, distin- ὦ gués par la dichotomie : l'empirisme pratique et les ; formes générales de la science théorique, qui définis- ὁ sent, par leur combinaison qui souffre les proportions

| 1. Philébe, 55 d, sqq.

Page 1