On l'a employé dans les embaumements
ÉTUDE DES ANTISEPTIQUES
potasse) ou émétique ne sert plus guère que comme vomitif ou éméto-cathartique. Ce n'est pas ici le lieu de parler lie l'action « contro-stimulante » ou anliphlogistiqiie de ce sel; il ne paraît par jouir de propriétés microbicides, tandis que son action sur l'organisme est très vive et doit être surveillée. Il en est de même du kermès (mélange d'oxyde et de sulfure d'antimoine) et de Voxyde blanc d'antimoine.
Bismuth.
Le bismuth, bien qu'appartenant à la même famille que les précédents, s'en éloigne sur plusieurs points et forme un petit groupe à part. Ses combinaisons oxygénées le rapprochent des métaux. Ses sels ont des propriétés très différentes, et plusieurs sont actuellement très usités dans la thérapeutique antiseptique.
On n'employait autrefois que l'azotate ou sous-nitrate de bismuth, qui est insoluble dans l'eau et très peu soluble dans l'estomac, ce qui le rend peu toxique, car les sels solubles (citrates, tartrates) sont toxiques et produisent des accès tétaniques (contractures, arrêt de la respiration et du cœur). — On admet que le sous-nitrate de bismuth introduit dans le tube digestif agit surtout, grâce à son insolubilité, et par une action purement physique comme absorbant des liquides et des gaz. Il agit de la même manière sur les plaies superflcielles. Ce ne serait donc qu'un antiseptique indirect. On sait d'ailleurs combien les moindres variations de liquides et de gaz ont d'action sur la vitalité et le développement des microbes. • — Le salicylate de bismuth sera étudié avec les autres composés appartenant à la chimie organique. Notons, dès àprésent,qu'il est insoluble, ou très peu soluble, comme l'azotate.
Bore.
Le bore, le carbone, le silicium et l'e'tain forment une dernière famille de métalloïdes triatomiques (bore) ou tétralomique (silicium). L'étain, par ses caractères, forme la ti'ansit}on des métalloïdes aux métaux.
Le bore se trouve dans la nature à l'état à'acidc borique, ou de borax, notamment dans les lacs de la Toscane et dans un grand nombre de sources minérales. L'acide borique et le borax sont tous deux usités depuis longtemps en médecine.
L'acide borique est solide, cristallisé en paillettes, soluble dans 25 parties d'eau à froid (4 p. 100), beaucoup plus soluble à cbaud; soluble dans o parties de glycérine et 16 d'alcool à 90°. Il est très peu toxique, puisqu'un malade a pu en avaler, par erreur, 25 grammes sans être empoisonné.
Le pouvoir antiseptique de l'acide borique est en réalité assez faible : Miquel le classe parmi les substances modérément antiseptiques (équivalent : 7e^50); mais la grande innocuité de ce médicament relève singulièrement sa valeur dans la pratique : aussi est-il d'un usage fréquent, seul ou associé à d'autres antiseptiques plus puissants.
L'acide borique empêche les fermentations et les putréfactions; il retarde le développement des bactéries sans les tuer, ce qui siifllt d'ailleurs pour légitimer son usage 11 est plus actif employé en poudre qu'en solution. La solution saturée à 4/100 suffit pour entraver l'action nuisible des microbes pathogènes.
Pour obtenir des dissolutions concentrées d'acide borique (renfermant plus de 4 p. 100), on y ajoute de la magnésie ou du carbonate de magnésie. M. Puaux indique la for mule suivante :
Acide borique 100 gr.
Carbonate de magnésie 14 gr.
Eau 1000 S'--
M. et chauffez doucement.
Cette solution de densité = 1,044, de réaction acide, est stable et renferme 100 grammes d'acide borique par litre de solution, c'est-à-dire plus du double de la solution ordinaire, puisque la solution est à 10 p. 100, ou au dixième.
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On peut même préparei- une solution plus forte, au cinquième, de densité' = 1,088, au moyen du mélange suivant :
Acide borique 200 gr.
Carbonate de magnésie 35 gr.
Eau 1000 gr.
Mais on obtient un meilleur résultat encore en se servant du télraborate de sonde récemment introduit dans la thérapeutique par Jaenicke. Ce sel se dissout dans l'eau froide dans la proportion de 16 p. 100 et à chaud presqu'en toute proportion (50 à 60 p. 100).
Le borax ou borate de soude est soluble dans 22 parties d'eau, 2 de glycérine, et insoluble dans l'alcool. Ses propriétés antiputrides sont connues depuis longtemps (Jacquez, 18o6). Dumas, en 1872, a montré que les solutions de ce sel arrêtaient les fermentations alcoolique, diastasique, etc., et la digestion de la flbrine par la pepsine.
Le borax est un antiseptique plus faible que l'acide borique. Miquel le classe parmi les substances faiblement antiseptiques et lui donne pour équivalent 70 grammes, ce qui indique qu'il serait quatre ou cinq fois moins antiseptique que son acide. Il engourdit les germes, mais sans les détruire, et ceux-ci reprennent leur activité dès qu'ils sont de nouveau dans un milieu favorable.
Carbone et Acide carbonique.
Le carbone n'est employé en thérapeutique que sous forme de charbon de bois, ayant par conséquent une origine organique. Un grand nombre de corps dont nous parlerons plus loin (phénols, etc.) sont retirés de la houille ou charbon fossile, et leur étude, comme celle de la plupart des composés du carbone, appartient à la chimie organique.
Vacide carbonique gazeux, qui existe toujours, en proportion plus ou moins considérable, dans l'air atmosphérique, comme produit de la respiration de l'homme et des animaux, ne s'y accumule pas grâce aux végétaux qui le
LA TUÉRAPEUTIQUE ANTISEPTIQUE.
dédoublent, fixant le carbone dans leurs tissus et restituant l'oxygène à l'air. Ce gaz est irrespirable et suffit, à la dose de 10 ou 20 p. 100, à rendre une atmosphère confinée délétère pour l'homme et les animaux.
On a cherché à utiliser l'acide carbonique en thérapeutique, et on l'a essayé jusque dans la tuberculose pulmonaire! Aucun des effets physiologiques bien constatés de ce gaz ne paraît du ressort de l'antisepsie. — Rappelons que certains microbes anaérobies (vibrions butyrique et septique de Pasteur) vivent dans l'acide carbonique pur, dans l'azote ou l'hydrogène, et sont tués par l'oxygène.
Liborius a dressé un tableau des principales bactéries suivant leur plus ou moins d'affinité pour l'oxygène * ; mais il en est beaucoup qui vivent aussi bien sans air que dans l'air : telles sont celles de la pneumonie, etc. On n'a pas encore fait l'application de ces données à la thérapeutique des maladies microbiennes; mais, dans tous les cas, ce que l'on sait ne semble pas favorable à l'emploi de l'acide carbonique.
Voxyde de carbone ne doit pas être confondu avec l'acide carbonique : il est beaucoup plus délétère que celui-ci, car il se fixe sur l'hémoglobine des globules du sang qu'il détruit et rend impropres à l'hématose. Ce gaz toxique se produit lorsque le charbon brûle à une haute température en présence d'une quantité d'oxygène insuffisante pour le transformer en acide carbonique, ou lorsque ce dernier est décomposé par des corps capables de lui enlever de l'oxygène, etc. Un chien meurt dans l'air contenant 1/250 de ce gaz, et l'homme est tué, surtout pendant son sommeil, par une dose beaucoup moindre. — On l'a employé comme anesthésique local.
Le sulfure de carbone sera étudié avec les composés organiques du carbone.
Le silicium et l'étain, ainsi que leurs sels, sont sans usages en thérapeutique antiseptique.