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Semaine médicale, 13 mai 1891, p

TRAITEMENT ANTISEPTIQUE

Angine diphtéritique, Croup.

Angine diphtéritique. — Cette affection, causée comme on sait par le bacille de LœfUer {Pacinia Lœf/lcri, Trévisan), et désignée sous le nom de croup lorsque les fausses membranes se sont propagées au larynx, lire sa gravité à la fois de l'obstruction causée par l'exsudat dans les voies aériennes, surtout chez les jeunes enfants, qui ont la trachée très étroite, et de l'empoisonnement du sang par la toxine propre à cette espèce microbienne.

On doit donc se hâter d'agir, dès le début, par un traitement local énergique, de manière à détruire dans le pharynx les fausses membranes qui renferment le bacille spécifique, le traitement ayant beaucoup moins de chances de réussite lorsque l'aifection s'est propagée à la.trachée et qu'il existe des symptômes d'intoxication générale.

Nous signalerons rapidement les divers traitements antiseptiques successivement proposés, en nous arrêtant seulement à ceux qui sont actuellement en usage.

Les mercuriaiix occupent toujours le premier rang parmi les antiseptiques à opposer aux maladies les plus graves. Le sublimé administré cà l'intérieur et en badigeonnages et le culomel sont encore préconisés par les médecins anglais et américains. Les frictions d'onguent mercuriel sur le cou jusqu'à salivation ont également été employées. Le cyanure de mercure a été vanté par Erichsen, Annuschat et plus récemment DE Ruelle, dont voici la formule :

Cyanure de mercure S centigr.

Alcool à 80° 8 gr.

Eau distillée 192 gr.

par cuillerées à café d'heure en heure avant que la maladie se soit généralisée. Mais ces médicaments très actifs sont peu usités en Finance, à cause de leur action toxique que l'on doit redouter surtout chez les enfants.

L'iodoforme en badigeonnages, à l'aide d'un mélange d'éther, baume de tolu et iodoforme, ou les insufflations de poudre mélangées à du sucre, ont été employées

126 LA ÏIIÉRAPEUTIOUE ANTISKPT IQUE.

avec succès par Leichtenstern , Korach et Jesemann.

L'iodure de potassium esl préconisé par Stepp à l'intérieur, la dose variant de 2 à 4 p. dOO d'eau, suivant l'âge du malade, par cuillerées à soupe d'heure en heure.

Le brome, sous forme d'eau bromée, a été préconisé anciennement par Ozanam. On se sert plus souvent des bromures à l'intérieur, en badigeonnages et en inhalations. M. Sevestre prescrit ;

Brome pur ,v gouttes

Bromure de potassium o <rf<, 30

Sirop 30 gr.

Eau distillée i25 gr.

(A prendre par cuillerées en 24 heures.)

Il y aurait avantage à se servir du bromoforme et surtout du bromol dont nous avons déjà parlé (voyez la première partie). Le bromol dissous dans la glycérine (1 p. 25 ou 30) peut servir à toucher les fausses membranes à la place de l'iode et de l'iodoforme.

Le soufre et les sidfures ont été employés sous forme d'insufflation de fleur de soufre ou d'émulsion dans l'huile d'amandes douces (Barboza, de Lisbonne), et le sulfure de calcium, sous forme de granules à 1 centigrammes, espacés de manière à faire prendre 20 à 30 centigrammes et plus dans les 24 heures. Le sulfure est décomposé et il y a dégagement d'hydrogène sulfuré : l'haleine des malades en est fortement chargée.

Dans la diphtérie nasale, M. J. Simon prescrit :

Soufre sublimé 4 «t.

Axonge 30 gi-.

Le perchlonire de fer a joui longtemps d'une certaine vogue, administré à l'intérieur et en badigeonnages. M. J. Simon prescrit encore la formule suivante lorsque les membranes sont épaisses et adhérentes :

Perchlorure de fer 1

Glycérine | ;ià 10 gr.

Pour toucher, avec un pinceau, 2 à i l'ois par jour.

TRAITEMENT ANTISEPTIQUE

M. L. Forain préconise le collutoire suivant, qui a la consistance de la gelée de groseille :

Chlorure de zinc (ou solutiou saturée) i „j.

Poudre de quinquina jaune j ' °'

Miel q- s.

(Une pàto à consistance de gelée, pour usage externe.)

Ce mélange est porté sur les fausses membranes à l'aide d'un pinceau de charpie. On renouvelle ce badigeonnage toutes les 2 ou les 4 heures. Cette application est peu douloureuse, et employée dès le début arrête le développement de raffection.

L'acide boricjiœ, en solution plus ou moins concentrée (2 à 4 p. 100) dans l'eau additionnée ou non de glycérine, est très employé pour les irrigations en raison de son innocuité absolue. On le préfère aujourd'hui à l'eau de chaux, précédemment employée, ou bien on fait un mélange des deux solutions.

Les antiseptiques empruntés à la chimie organique sont généralement préférés aujourd'hui, en France, pour le traitement local de la diphtérie. L'acide lactique, l'acide oxalique, le chloral, l'acide phénique associé ou non au camr phre, le baume de copahu, la résorcine, l'acide salicylique, la créosote, le naphtol, etc., ont été tour à tour utilisés; nous ne retiendrons ici que les traitements qui sont actuellement en usage dans les hôpitaux de Paris.

M. J. Simon emploie Vacicle salicylique suivant la formule suivante :

Acide salicylique 0,50 à 1 gr.

Alcool q. suff. p. diss.

Glycérine 0,40 gr.

Infusion d'eucalyptus .... 0,60 gr.

En badigeonnages à l'aide d'une pince entortillée de ouate hydrophile et promenée avec une certaine force, mais sans raclage, toutes les heures pendant le jour et trois fois pendant la nuit.

M. J. Simon se sert également de jus de cilron et à'acide

acétique dilué dont il alterne l'usage avec celui de l'acide salicyliqiie.

M. BiînoEnoN emploie également ce dernier acide suivant la foriiiule suivante :

Acide salicyliquo Glycérine. . . .

Le phénol et le naphtol camphrés, qui ont rendu des services, sont un peu délaissés depuis que l'on connaît le phénol et le naphtol sulforicinés. Les applications des deux premiers topiques ont l^ défaut d'être douloureuses dès qu'on emploie des solutions un peu concentrées.

Cependant M. Gaucher emploie encore la mixture suivante :

Camphre ....

Huile do ricin .

Alcool à 90°. . .

Phénol absolu .

Acide tarLrique .

On applique ce liquide caustique à l'aide d'une pince dont les mors sont enveloppés de ouate hydrophile : pour enlever les fausses membranes à demi détachées, M. Gaucher se sert des pinceaux molletonés de M. de Grésantigues.

Dans la formule précédente, le naphtol peut être substitué avec avantage au phénol : la dose est la même. On peut également se servir du naphtol camphré (1 p. 2 de camphre) dissous dans la glycérine, en badigeonnant au préalable le fond de la gorge avec une solution de cocaïne cà 2 p. 100.

M. CoMBY prescrit la formule suivante :

Naphtol 10 gr.

Camphre . 20 gr.

Glycérine 30 gr.

(Pour faire des frictions assez rudes trois fois par jour.) Il y ajoute des pulvérisations d'une . durée de 5 à 10 mi-

1 gr.

30 gr.

20 gr.

TRAITEMENT ANTISEPTIQUE

nutes à l'aide d'une solution boriquée à 4 p. 100, ou salicylée à 2. p. 100.

Les phénol et naphtol sulforicinés sont les deux antiseptiques qui paraissent devoir ûtre actuellement préférés pour la cautérisation des fausses membranes diphtéritiques, en raison de leur innocuité relative, et surtout parce qu'ils sont d'une application beaucoup moins douloureuse, ce qui est à considérer chez les enfants.

Le phénol sulforiciné ou sulforicinale d'orthophénol d'YvoN est le topique dont se servent actuellement MM. Grancher, HuTiNEL, Sevestre, d'Heilly, Legroux et d'autres, suivant la formule suivante plus ou moins modifiée :

Sulforicinatc do soudo '^0 gP-

Acide phéniquo (pur) 30 gr.

(P. dissoudre à froid en agitant.)

Même sans addition d'eau, ce mélange n'est pas caustique : on peut porter la dose de phénol à 40 p. 100. On badigeonne avec une pince dont les mors sont recouverts d'ouate antiseptique. La muqueuse blanchit sous l'inlluence du topique : il est bon d'être prévenu de ce fait pour ne pas confondre cet enduit avec une fausse membrane.

Si l'on préfère le naphtol, on emploiera la formule suivante :

Sulforicinate de soude 90 gr.

Naphtol p 10 gr.

(Mêlez à froid ou en chauffant légèrement.)

Le salol et la créosote peuvent également être employés en se servant comme excipient du sulforicinate de soude. — M. MuNK emploie la créoline, qui présente l'avantagé d'être soluble dans l'eau (1 à 2 p. iOO).

La créosote, associée au rhum et à la glycérine, est administrée à l'intérieur par M. Legroux, pour combattre les infections secondaires (bronchites et broncho-pneumonies) qui peuvent compliquer l'angine diphtéritique. Il y

joint la limonade chlorhydrique à 4 p. dOOO, dans Je but (l'atLénuer l'action des toxines sécrétées par le microbe diphléritique.

M. Sevestiiu, concurremment avec le traitement local, fait de l'antisepsie intestinale et générale en administrant le bétol ou mieux encore le benzonaphlolK. En outre le benzoate de soude (2 à 3 grammes par jour en potion) est administré dans le but d'assurer les fonctions du rein, si importantes au point de vue de l'élimination des toxines 2.

Appréciation critique. — Au milieu des nombreuses formules que nous venons de passer en revue, il est nécessaire de faire un choix. Voici la pratique que l'on peut suivre en toute sécurité :

1° Pour cautériser les fausses membranes trois fois par jour, on choisira de préférence le phénol ou le naphtol sulforicinés. En appliquant ce topique à l'aide d'une pince dont les mors sont enveloppés d'ouate hydrophile, on évitera avec le plus grand soin de faire saigner la muqueuse sous-jacente.

2» Les irrigations ont une importance au moins égale à celle des cautérisations. Ces irrigations devront être plus fréquentes que les cautérisations (elles seront faites toutes les deux heures), et c'est surtout sur elles que l'on devra compter pour détacher et entraîner les fausses membranes. Le liquide avec lequel elles seront faites importe moins : eau stérilisée par l'ébullition et additionnée d'eau de Botot, eau boriquée, eau de chaux, eau oxygénée, eau salicylée (1 p. 1000), eau chloralée (1 p. 100], employées tièdes en général, pourront être utilisées avec un égal succès. Ces irrigations seront moins fréquentes la nuit, afin de respecter le sommeil du malade : on se règle en général sur le bruit de la respiration, qui est un excellent guide : si cette respiration devient bruyante et stertoreuse, il y a urgence

1. Le bdtol (Stant le salicijlate de naphtol, le benzonaphtol est le benzoate de naphtol (où l'acido benzoïquo remplace l'acido salicyliquc).

2. Pour plus de détails sur le traitement de la diphtérie dans les hôpitaux de Paris, voyez Semaine Médicale, 2 décembre 1891, p. CCXXX.

T U A ITU M E N T ANTISEPTIQUE.

de faire une irrigation, qui rendra, pour une heure ou deux, la respiration plus libre. S'il y a des fausses membranes dans le nez, on irriguera également cet organe. Comme le médecin ne peut toujours être présent, et surtout lorsqu'il s'agit d'enfants indociles, comme c'est généralement le cas, on fera comprendre aux parents Vutilité et la nécessité absolue de ces irrigations et de leur renouvellement périodique. La nature de l'irrigateur importe peu : appareil Eguisier, Bock, irrigateur-siphon, simple seringue, etc., convieiment également, pourvu que le jet ait une certaine force. Au besoin, et si l'enfant refuse d'ouvrir la bouche, on place un bouchon entre ses dents. Il va sans dire que tous les instruments seront aseptisés avec soin (la canule de l'irrigateur restera plongée dans une solution de sublimé à 1 p. 1000 tout le temps que l'on ne s'en servira pas). S'il y a crainte ou danger d'extension au larynx, on emploiera les mêmes liquides en pulvérisations.

3° Pour rendre l'atmosphère de la chambre aseptique, on emploiera des pulvérisations et des évaporations d'eau créosotée, de solutions chargées de thymol et d'essence d'eucalyptus, de goudron (goudronnière), et d'autres essences, et l'on rejettera l'acide phénique, dont l'odeur déplaît aux malades.

4» L'antisepsie du canal intestinal et l'antisepsie générale seront faites à l'aide du bétol ou du benzonaphtol, et l'on emploiera au besoin les inhalations d'oxygène, indépendamment de la ventilation de la chambre, qui doit être maintenue à 16 ou 17». On nourrira le malade autant que son appétit le permettra, et l'on soutiendra ses forces à l'aide de toniques (vin de quinquina, etc.). Enfin, on assurera les fonctions du rein et du système circulatoire à l'aide du benzoate de soude et de la caféine.

Larynoiles.

Le traitement antiseptique des laryngites est jusqu'ici fort peu avancé en raison de la difficulLe' d'appliquer le traitement local. Les pulvérisations dé liquides antisep-

tiques ne pénètrent que d'une manière très incomplète dans le croup comme dans les autres alfections laryngiennes de nature infectieuse.

Dans la laryngite typhoïde, M. Henaut a employé avec succès un spray de sublimé (liqueur de Van Swieten), projeté dans la bouche largement ouverte trois ou quatre fois le jour pendant dix minutes. La guérison fut obtenue en cinq ou six jours.

Dans la laryngite tuberculeuse, M. Ruault s'est bien trouvé de pulvérisations do vapeurs chargées à'acide phénique ou de résorcine. Les pulvérisations phéniquées à i /2000 agissent lentement, mais sont mieux supportées que les doses plus fortes. Les solutions de résorcine, à dose variable suivant la gravité de la lésion, ne provoquent aucune irritation et produisent une amélioration notable.

La créosote dissoute dans l'huile, employée en attouchements, est également employée par MM. Cadier et Ruault. — RosENDERG emploie une solution huileuse de menthol, qui est à la fois anesthésique et antiseptique. Les pulvérisations et inhalations d'eaux sulfureuses combattent efficacement les laryngites tuberculeuses et syphilitiques.

Dans cé dernier cas, M. Ruault emploie le nitrate d'argent en solution à S et tO p. 100, dont les attouchements sont bien tolérés.

La plupart des antiseptiques que nous avons signalés dans le traitement des angines peuvent être employés en pulvérisations dans celui des laryngites.

M. TissiER a donné les indications suivantes sur le traitement antiseptique des laryngites chroniques (non tuberculeuses) avec ou sans grattage ou curettage.

Dans les lésions épithéliales, le napihtol camphré donne de bons résultats employé pur suivant la formule connue :

Naphtol [i 1 jjartie

Camphre 2 —

(Triturez à soc.)

On applique ce topique à l'aide d'une tige porte-ouate

TRAITEMENT ANTISEPTIQUE

à pansement laryngé, en s'aidani, du miroir laryngoscopique. Le tampon d'ouate doit être assez volumineux pour frictionner tineri-iquement la muqueuse. L'attouchement est peu douloureux (sensation de chaleur). Ces attouchements sont renouvelés deux fois par semaine. Vers la fin on peut substituer la solution de chlorure de zinc à 1 p. JO.

Le salol camphré est moins efficace que le naphtol, mais présente des indications dans la laryngite subaigué :

Salol 3 grammes.

Camphre 2 —

(Triturez et filtrez le mélange liquéfié.)

Dans les cas plus graves on opère le grattage ou le curettage des parties malades.

Nous pensons que le naphtol sulforiciné pourrait être employé ici a la place du naphtol camphré.

A l'intérieur, notamment dans le traitement du croup, on a signalé les bons effets du benzoate de soude. Nous reviendrons sur ce médicament, et nous indiquerons son mode d'emploi en traitant des bronchites.

Bronchites.

Dans les sécrétions bronchiques des malades atteints d'affections de cette nature, on trouve en général une grande multiplicité d'espèces bactériennes, se présentant presque toujours sous forme à' associations microbiennes, c'est-à-dire qu'il est difficile de décider si le processus, morbide- a été provoqué par l'une plutôt que par l'autre. Les espèces les plus fréquentes sont : Streptococcus pyogenes Staphylococcics aureus, Klebsiella Friedlaenderi, des Protei et des bactéries mycogènes encore mal étudiées, etc. Les streptocoques notamment pénètrent assez profondément dans les couches du tissu conjonctif des bronches atteint de nécrobiose et dont l'épithélium protecteur est desquamé; ce tissu est infiltré de cellules leucocytiques (phagocytes). Dans les bronchites chroniques, l'épithélium est souvent conservé, mais modifié (Cornil et Babes).

'^^ LA TIIKRAI'EUTIOUE ANTISEPTIQUE.

La plupart des médicaments employés comme expectorants ou modificateurs des sécrétions bronchiques sont en môme temps, dos antiseptiques. Tels sont les baumes de tolu et du Pérou, la tcrpinc, le terpinol, la térébenthine, la créosote, l'eucalyptus, l'iode et les iodures, etc.

M. RuAULT se loue beaucoup du benzoate de soude dans toutes les formes de bronchite, depuis le coryza et le rhume jusqu'aux bronchites catarrhales aiguës et chroniques. Voici SCS conclusions :

i° Le benzoate de soude paraît avoir sur les muqueuses des premières voies une élection analogue à celle que d'autres balsamiques, comme la terpine, ont sur la muqueuse bronchique, la térébenthine et le baume de copahu sur la muqueuse des voies urinaires.

2° Son emploi est indiqué surtout dans le rhume vulgaire, le coryza, les angines simples, les poussées congestives liées à l'angine granuleuse.

3» On doit l'employer chez l'adulte aux doses de 4 à 5 grammes au moins, souvent 6 à 8 grammes, données pendant 6 à 12 jours consécutifs.

4° On évitera d'en prolonger l'usage, sans intervalle de repos, afin d'éviter les troubles digestifs surtout chez les dyspeptiques.

Dès l'apparition du coryza ou du rhume, M. Ruault donne 3 ou 4 fois par jour, dans une tasse de tisane de bourgeons de sapin, une cuillerée à soupe du sirop suivant:

P. Bcnzocate de soude . ... 40 grammes.

Faites dissoudre dans :

80 grammes.

Ajoutez :

Sirop d'écorces d'oranges amères. 280 grammes. Agitez.

A'^. B. Le benzoate doit cire préparé avec l'acide benzoïque tiré du benjoin.

TRAITEMENT ANTISEPTIQUE. '^r,

Sous l'influence de ce traitement, la guérison survient souvent en trois à cinq jours.

La terpine est souvent prescrite comme modificateur des sécrétions broncliiques. Voici la formule que donne M. Dwardin-Beaumetz :

POTION

Terpine 0 gr. 50 ccntigr.

Sirop de cachou 30 gr.

Alcool 30 gr.

Eau ^"0 g"^-

(A prendre par cuillerées à bouche dans les 24 heures.)

Ou bien, on peut associer la terpine au benzoate de soude, comme dans la formule suivante :

POTION

Terpine Vf ô l"

Benzoate de soudo 1 a d gr.

Sirop do tolu 1 fiâ. 25 gr.

— de gomme )

Eau distillée 100 gr.

Agitez avant de vous en servir.

(A prendre par cuiUcrces à bouche d'heure en heure.)

(Dans cette potion la terpine est simplement en suspension dans le liquide.)

Le tei'pinol se prescrit généralement en capsules de 10 centigr. ou en pilules suivant la formule suivante :

Terpinol. | ââ 10 centigr.

Benzoate do soude )

Sucre ... : ^- S-

(Pour 1 pilule. — En prendre de 6 à 12 par jour.)

L'essence de térébenthine et la créosote sont employées en potions ou en capsules et sont surtout efficaces dans les bronchites catarrhales et chroniques.

136 LA TUlOnAl'EUTIOUR A N T I S E PT I Q r E.

M. Dujardin-Beaumutz prescrit le vin suivant :

Créosote do hoti'c g ^

Alcool • • • . pr.

Vin de Ba-nols ;,00

Sirop simple 100 gr.'

(A prendre par cuillerées) ; ou bien le mélange :

Créosote végétale

Glycérine neutre ' ' ^q'q ^j.'

(Prendre 1 à 2 cuillerées à bouche, matin et soir, dans un verre d eau sucrée avec du sirop de groseille.)

Des capsules renfermant parties égales de créosote essence de térébenthine et baume de tolu, de manière à ce que chaque capsule représente / gramme du mélange m'ont donné de bons résultats dans tous les cas où la sécrétion bronchique se prolonge au-delà du temps fixé pour l'évolution cyclique d'une bronchite simple, et où, par conséquent, l'affection menace de passer l l'état chronique. La sécrétion muco-purulente est rapidement tarie : en outre, ces capsules prises au moment des repas (4 à 6 par jour) sont bien supportées par l'estomac et ne donnent pas de renvois désagréables.

Dans la bronchite fétide, M. Lancereaux emploie Vhyposulfite de soude, à la dose de 4 à o grammes, dans une potion à prendre en 24 heures. L'action favorable ne se montre pas avant une semaine ou plus.

Dans les broncho-pneumonies, qui compliquent d'autres maladies, surtout chez les enfants, M. Sevestre s'est bien trouvé de l'emploi du calomel.

Grippe ou Influeuza.

Le bacille de Vinfluenza, déjà vu et photographié par CoRNiL et Bages en 1890, vient d'être décrit d'une façon plus complète par Pfeiffer et Canon (de Berlin). Il se présenterait sous forme de très petits bâtonnets, souvent placés bout à bout en chaînette. Colorés par le bleu de méthylène, ils ont l'aspect d'un diplocoque, comme on le voit

TRAITEMENT A N T l S l' T I Q l ^ K •

dans la photogvapliie de Babes (1), et leur disposition bout abouties a fuit prendre souvent pour des streptocoques (d'où le nom de Streplococcus Seiferli, imposé par Irévisan k cette bactériacée). Ce bacille devra être classé dans le a.Bacillus, et placé près du Bacillus m^idiosus (Irevisan) ou Bacillus murisepticus (Fluegge), sous le nom de Bacdlus

.Seiferti. .

Un très grand nombre de traitements antiseptiques ont été proposés pour combattre cette affection, et l'on peut dire que toutes les substances qui composent l'arsenal de la thérapeutique ont été essayées tour cà tour.

Le sulfate de quinine, l'antipyrine, les acétate et chlorhydrate d'ammoniaque, le salol, le bétol, le naphtol, l'exalgine, la phénédine, la phénacétine, la creohne, etc., sont les principaux médicaments usités.

M Dujardin-Beaumetz emploie, suivant les indications, dans la forme douloureuse, l'antipyrine (céphalalgie) ou l'exalgine (rachialgie). ^

L'antipyrine est administrée dans un grog ou du the au rhum (2 à 3 grammes par jour).

L'exalgine est donnée dans la potion suivante :

Exalgino 2 gr. 50

Alcoolat de mcntlio 10 gr.

Eau de tilleul 120 gr.

Sirop de fleur d'oranger 30 gr.

(Une cuillerée à soupe, matia et soir.)

La phénacétine est donnée en cachets de 1 gramme matin et soir (elle est moins active que l'exalgine). Dans la forme catarrhale, le même prescrit :

Chlorhydrate de quinine 0 gr. 23

Antipyrine ^ o'"-

(Pour 1 cachet. - En donner 2 par jour : 1 le matin, 1 le soir.)

On soutiendra les forces du malade en faisant au besoin des injections hypodermiques de caféine dissoute dans

1. CoRNiL ET Babes, les Bactéries, 3» édit., t. II. pl. IX, fig. 6.

LA ÏIIKRAl'EUTIQUE A N T 1 S E P T I Q U K.

l'eau bouillie additionnée de benzoate de soude (2 grammes des deux pour 6 grammes d'eau).

Les médecins anglais ont préconisé la potion composée suivante :

Acide salicyliqiie.

7 gr. îiO »

q. s. pour neutraliser.

30 gr.

7 gr. 50

GO gr.

Carbonate d'ammoniaque . .

Glycérine

Bromure d'ammonium . . .

Clilorhydrate d'ammoniaque Benzoate d'ammoniaque. .

Acétate d'ammoniaque liii.

Eau de menthe poivrée. ... q. s. pour f. 180 gr. ^ (A prendre par cuillerées à .soupe dans du lait chaud ou de l'eau toutes les deux heures, jusqu'à défervcscence.)

Le benzol est recommandé par M. W. Robertson (de Newcastle-on-Tyne).

Dans les cas graves, on fera l'antisepsie intestinale et générale à l'aide du naphtol, dubétol ou du benzonaphtol.

Coqueluche.

Bien que la nature infectieuse et contagieuse de cette affection soit généralement admise, on n'a pas encore suffisamment étudié son microbe producteur, qui est probablement le bacille vu par A/l'anassjew en 1887 [Bacillm Affanassieffi, Trévisan; B. tussis convulsivae, Affanassjew).

L'acide phénique a d'abord été préconisé contre cette maladie. Ortille fait placer devant la bouche, au moment de l'inspiration sifflante qui suit la quinte, un flacon à large ouverture contenant une solution phéniquée. Une assiette remplie d'un mélange d'acide phénique, pétrole et benjoin, est placée dans la chambre.

On a employé également des pulvérisations avec la vapeur d'une solution phéniquée (1 gr. oO p. 100), trois fois le jour, à 10 centimètres de la bouche (Gerhardï et Bupchardt). — On a porté la solution à 4 et o p. 100 (Goldsch-

1. Cette dose parait exagérée, et si on la prescrivait on devrait tout au moins en surveiller les olfets.

TRAITEMENT ANTISEPTIQUE. 139

midt), en cherchant à maintenir le malade dans une atmosphère fortement chargée de phénol.

On a éf^alement introduit l'acide phonique par la voie astriquc (Oltramare) :

POTION

Acide phonique • • • 1 S'^-

Sirop de menthe 40 gr.

Eau ■ • 80 gi'-

Le pétrole, en inhalations dans des assiettes, est conseillé

par HlLDEBRANDT.

Le chlorhydrate, le tanate et le sulfate de quiriine, en insufflations ou pulvérisations, quelquefois associés au carbonate d'ammoniaque, ont été essayés par divers cliniciens.

Le benzoate de soude, en potion (6 grammes), a été donné comme dans le croiip (Tordeus).

Le thymol est employé par M. Poulet et M. Bouchut, qui font évaporer le mélange suivant :

Thymol 10 g'^-

Alcool 250 gr.

Eau. . ■ ''SO g^-

L'acide salicylique et le salicylate de soude, la résorcine, ont été employés en attouchements pratiqués le plus profondément possible, et l'essence de térébenthine en inhalations.

KoLOVER a obtenu des succès en injectant au fond du pharynx une solution de sulfate de quinine ainsi formulée :

4 srr.

Sulfate de quinme.. . ■

Acide sulfurlque 2 gr.

Eau distUlée 190 gr.

On abaisse la langue et on fait prononcer la lettre A-en projetant le liquide à l'aide d'une seringue, d'abord toutes les deux heures, puis toutes les trois heures, quand les quintes diminuent de fréquence.

Les insufflations de poudres dans le nez ont été employées

LA TIIICHAPELITIQUE A N T I S lî l'T I Q (I ic.

par M.cuKL (quinine, benjoin, acides borique el, salicyliaup lodoforme. tanin, associés à des poudres plus ou moins inertes : sucre, taie, poudre de marbre, etc.).

M. GmnnvAx emploie la poudre de café bien desséchée et mélangée à acide borique; - M. Moizari,, lu poudre sui vante :

Benjoin pulvérisé j

Salicyiate de bismutli . . \ ''■'^ S^'-

Sulfate do quinine 1 o-p

C'est le traitement antispasmodique qui prévaut encore actuellement dans les hôpitaux de Paris : aux bromures aux préparations de belladone et de valériane, on associé la teinture de Drosera et Vexlrait fluide de Grindelia rohmta donnes par gouttes. Ce dernier, qui est une résine, a probablement une certaine action antiseptique.

Récemment, M.. F. Garnier a de nouveau appelé l'attention sur l'ancien procédé populaire ou empirique consistant a mener les enfants passer une heure ou deux dans les salles d'épuration des usines à gaz. On avait renoncé à cette pratique, parce que l'atmosphère de ces salles contient un gaz toxique (le sulfhydrate d'ammoniaque) à côté de l'acide phénique et des principes du goudron auxquels sont dus les effets thérapeutiques, et que les enfants y contractaient souvent des broncho-pneumonies.

Ayant remarqué que la naphtaline est le principe actif qui agit dans le goudron, M. Garnier propose de faire faire aux malades des inhalations h. domicile en brûlant daus une assiette des trochisques formés de naphtaline et de poudre de charbon, additionnée au besoin d'une petite quantité d'azotate de potasse pour en faciliter la combustion.

^ En se basant sur cette théorie, il y aurait lieu d'essayer également le naphtol en attouchements ou pulvérisations (comme dans les laryngites), et de le donner à l'intérieur.

L'antipyrine peut également rendre des services dans le traitement de la coqueluche.

TRAITEMENT ANTISEPTIQUE

Pneumonie.

La pneumonie fibrineuse est provoquée par la présence dans les vésicules pulmonaires du pneumocoque de Frankel et de Talamon qui ne diffère pas du microbe lanceol de la salive IP^slenv) Diplococcus pneumonie (Franlcel), ou blreptococcus lanceolalus Fasteuri (Gamaleïa). C'est le Klebsiella salivaris de Trévisan. A la période de suppuration, on trouve en outre dans les crachats le Strepiococcus pyogenes et les autres microbes du pus.

M. Charrin explique l'évolution cyclique de la pneumonie en admettant que dans cette affection c'est une vaccination accidentelle qui se produit dans le poumon. La terminaison dépend de l'intensité et de la résistance plus ou moins grande de l'organisme, qui se défend cà l'aide des cellules phagoctjtcs des vésicules pulmonaires. Si l'inoculation a été trop active et se complique de suppuration, la mort peut survenir. Dans le cas contraire, la guérison apparaît quand les cellules épithéliales des vésicules pulmonaires et Vorganisme lui-même sont vaccinés, car les crachats à pneumocoques persistent encore longtemps après la guérison (Charrin).

Si cette vaccination de l'organisme tout entier est réelle, et si l'évolution cyclique de la pneumonie ne tient pas simplement à la vie courte du microbe et à sa sensibilité à une température élevée, il est certain que l'influence vaccinale n'est pas de longue durée, puisque nous avons vu des angines à pneumocoques survenir trois mois, ou même seulement quelques jours après la défervescence d'une pneumonie. 11 semble plus logique, dans tous les cas, d'admettre une vaccination purement locale. D'après Tchistovitch, la terminaison favorable serait en rapport avec l'abondance de la phagocytose pulmonaire.

Quoi qu'il en soit, la nature microbienne de la pneumonie étant admise, son traitement antiseptique s'impose de la façon la plus formelle, non seulement à la période

"2 LA TUÉRAPEUÏIQUK ANTISEPTIQUE.

de suppuration, mais dès le début de l'affection. Ce traitement noanmo.ns, est très peu avancé, à part les soins d hygiène antiseptique qui préoccupent auTourdLi e médecin dans toutes les maladies JnvP<. J , qu'autrefois. Dans les hôpitau pI I

dit e:ci.ec/or«nMkermès etc lo .nn f \ l^a.tement r.^f- c N ^ . eic.j, le traitement eusthéninno

caféine, etc.), et le traitement révulsif (ventouses vSa toires. etc.), paraissent suffire aux indications de la ma"

Le traitement par l'alcool (potion de ïodd), qui a joui n y a quinze ou vingt ans d'une grande vogue par u abandonné ou réservé pour des cas particuliers

1 ne semble pas possible d'agir, dans cette maladie sur 1 élément microbien par des inhalations ou pulvérisati ons bien que ro.y.ène puisse rendre des service^lo squ' ^ menace d'asphyxie. Aussi a-t-on cherché à faire péné pimo" '''"^ jusque dans ie parenchyme mém'e du

M. LÉPiNE (de Lyon) s'est beaucoup occupé de cette question. S'appuyant sur l'innocuité des injections intr pulmonaires quand elles sont faites avec une solution con- Z 7 ivf (GOU0...HK1M), il a injecté aux .ZZl à ' ou .1 r 1 '''''''''' P^^--^^ ^"f°ncées

minier! " ''P''' intercostal, et de

manieie a pénétrer au centre de la région hépatisée des

centré et de sicbUmé au quarante-millième. Ces deux dernières lui ont donné d'excellents résultats. Cependant de nojn.lles recherches sont nécessaires avant que ce procède puisse se généraliser dans la pratique En attendant, on ne négligera pas de faire chez les

du betol et du benzonaphtol. Il y aurait lieu égalemen d essayer les préparations de créosote, qui réussiss' la bronchite, la broncho-pneumonie et la tuberculose, afin de diminuer la sécrétion purulente qui constitue un des piuncipaux dangers dans la pneumonie.

•r U A I ï E M li N T A N T I S E P T I g U E .

Tuberculose pulmonaire.

Cette affection, causée par le Bacillus tiibereulosis (Koch), est une des plus difficiles à guérir en raison de son évolution ordinairement lente et insidieuse et de la localisation des tubercules dans le parenchyme du poumon (tissu conjonctif). Il est d'une grande importance de la diagnostiquer dès le début, avant que le malade soit affaibli et que la lésion ait pris de l'étendue : aussi, dans les cas ou. l'auscultation ne donne pas une certitude complète, est-il indispensable de procéder h l'examen microscopique des crachats, qui lèvera tous les doutes en décelant la présence du bacille spécifique, et permettra d'instituer un traitement énergique.

Un très grand nombre d'antiseptiques ont été proposés ou essayés contre la tuberculose. Nous passerons rapidement sur les traitements actuellement abandonnés ou peu suivis, pour nous arrêter à ceux qui sont considérés comme les plus efficaces.

L'iode et les iodures étaient déjà employés anciennement contre la phtisie (Trousseau, Pidoux, Piorry). L'huile de foie de morue, qui est encore très employée, doit en grande partie ses effets à l'iode qu'elle renferme (elle contient^en outre du chlore, du brome, du phosphore), a. moins qu'on ne veuille la considérer simplement comme un aliment d'épargne, à la fois très facilement assimilable et fournissant des matériaux respiratoires, et comme un reconstituant des éléments bistologiques.

Quoiqu'il en soit, M. Jaccoud estime que ce médicament ne peut agir qu'à très haute dose, 100, 200 et même 300 grammes par jour quand le malade la supporte bien : dans ce but on l'associe à l'eau-de-vie, au rhum, au Idrsh, à l'éther, ou bien à 1 milligramme de strychnine par dose d'huile.

. Contre la fièvre, M. Jaccoud donne l'acide salicylique à la dose de 2 grammes le premier jour, puis diminuant les jours suivants (1 gr. bO, puis 1 gramme) et reprenant au

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besoin la dose primitive. Quand le malade doit prendre des doses plus rapprochées, on prescrit la potion suivante :

Acide salicylique 2 gr.

Salicyhito de soude 5 gi-.

Rhum ou cognac 50 gr.

Eau distillée î> gr-

Vin cordial 120 gr.

Si ce mélange est mal supporté, on fait des injections hypodermiques d'une solution à parties égales d'eau et de salicylate de soude.

L'iocloforme, seul ou associé à la créosote (sur laquelle nous reviendrons plus loin), est administré.par M. Legroux suivant l'une des formules suivantes :

lodoforme ) . . o

Tcrpine j aa 3 gr.

Térébenthine 2 gr.

Poudre de guimauve 1 gr. ."iO

Acide benzoïquc 2 gr.

Magnésie 1 gr. 50

(Pour 60 pilules : 4 à 10 p. jour.)

Créosote ^

lodoforme > ââ 5 gr.

Terpine )

Acide benzoïque 1 - > o

Térébenthine de mélèze | aa 2 gr.

Poudre de guimauve ) .. „

Magnésie j aa 6 gr.

(Pour 100 pilules : 4 à 10 p. jour.) On peut varier cette formule en supprimant la terpine.

Les inhalations d'acide fluorhydrique employées par M. Hérard se font en amenant dans une cabine ad hoc l'air qui a barboté dans un vase en gutta-percha rempli à moitié d'une solution suivant la formule :

Acide fluorhydrique 150 gr.

Eau 300 gr.

L'air est mis en mouvement à l'aide d'un soufflet manœuvré avec le pied. L'air qui a barboté dans cette solu-

TRAITEMENT ANTISEPTIQUE

tion et s'est chargé de vapeurs fluoi^ydnques se punfie dans un Ilacon Uueur des restes d'acule sul urique ou d'hydrogène sulfuré que peut contenir 1 acide flnorliydnque. Le maK.de reste une heure dans ha cabine et tous les quarts d'heure on renouvelle la provision d air charge

''T^^tkérapie est un des plus simples et des meilleurs .traitements de la tuberculose P^^l«^°;?f 7' '^«^^/i^^ ,^ malades peuvent quitter la localité qu Us habitent on le envoie passer tout au moins l'hiver dans des stations a climat peu variable et dont la température moyenne permet de vivre presque constamment au grandair (Madère Alger. Nice. Menton, Hyères. Cannes, etc.). ou bien dans des localités élevées où l'air se renouvelle souvent et présente une grande pureté (Falkenstein et Gobersdorf, dans les Alpes). Un établissement du même genre, pour la cure a l'air libre, existe actuellement en France, à Vernet. sous la direction du Sabourin. - Lorsque l'on ne peut déplacer les malades, on peut encore faire de l'aérotherapie

à domicile. .

M Debove a récemment appliqué dans son service le trailement par les fenêtres ouvertes, et en a obtenu les meilleurs résultats. Les malades, placés dans des chambres dont les fenêtres sont retirées, ont très bien supporte les froids les plus durs des derniers hivers. Il est toujours possible d'ailleurs de maintenir à une température supportable (12 à 14» par exemple), la partie de la chambre où se tient le malade, sans nuire à la ventilation de la pièce et sans faire perdre au patient le bénéfice de sa

cure d'air. , . ,, ■

M '1\PRET. à l'hôpital Saint-Antoine, emploie 1 air comprimé et chargé de vapeurs de créosote. 11 se sert de la cloche métallique inventée par Paul Bert pour ses expériences sur l'anesthésie. Les malades y séjournent quatre heures. On comprime lentement, au moyen d'une pompe dont l'air passe à travers des copeaux imbibés de créosote.. Enjnoyenne. cet air contient 1 milligramme de créosote

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par lilro. Au bout d'une demi-heure la pression atteint une atmosphère et demie : on maintient cette pression pendant trois lieures, puis on met une demi-heure à décomprimci avec la m6me lenteur. Le mahide inspire ainsi environ 4 grammes de créosote. On renouvelle ces séances tous les jours. L'amélioration est sensible après quelques séances : elle est surtout marquée au bout de plusieurs mois.

Nous nous contenterons d'indiquer d'autres procédés peu usités, notamment les injections rectales gazeuses d'hydrogène sulfure, de sulfure de carbone et d'acide carbonique (BEncEuo.N), le traitement par les piiosphates et l'huile phosphorée, qui agit surtout sur la nutrition, comme l'huile de morue, et qui peut être employé concurremment avec le traitement antiseptique.

Le tanin donne de bons résultats dans la tuberculose pulmonaire. MM. Raimond et Authaud, qui s'en sont plus particulièrement servis, en rendent compte dans les termes suivants :

« Le tanin, administré à la dose de 1 à o grammes par jour, jouit, surtout dans le traitement des formes et des poussées aiguës de tuberculose, d'une efficacité bien supérieure à celle de l'iodoforme et du sulfure de carbone... Chez presque tous les malade?, on a vu, dès les premiers jours, la toux devenir moins fréquente, l'expectoration moins abondante, les sueurs s'arrêter, la faiblesse générale diminuer, et au bout de quinze jours, il a été presque constant d'observer, chez tous les malades qui n'avaient pas de lésions trop considérables ou d'obstacle absolu à la nutrition, une légère augmentation de poids qui se poursuivait pendant toute la durée du traitement. »

J'ai eu moi-même l'occasion d'employer le tanin, et j'ai constaté qu'il était bien supporté, même en prolongeant son administration pendant plusieurs mois, et qu'il avait une influence favorable sur la sécrétion bronchique. On le donne en cachets à prendre au commencement des repas.

C'est la créosote qui paraît devoir actuellement occuper

TUAITEMENT ANTISEPTIQUE.

le premier rang, comme antiseptique, dans le traitement de la tuberculose pulmonaire.

D'après les expériences faites par Coze et Simon à Nancy en 1884, en injectant sous la peau de cobayes des crachats bac.illifères mélangés pendant 48 heures à une substance antiseptique, la créosote seule entraverait le développement du Bacillux tuberculosis. Les autres antiseptiques essayés d» la même manière (sublimé, eucalyptol, hydrogène sulfuré, hélénine, thymol) n'ont pas donné de résultats.

MM. Bouchard et Gimbert, en 1877, ont remis en honneur le traitement par la créosote, en insistant sur la nécessité de se servir de la véritable créosote de hêtre (Reichenbach), obtenue par la distillation du goudron de cet arbre. Administrée à des doses élevées (jusqu'à 3 gr. 60), la créosote produit, dans les cas favorables, la diminution de l'expectoration puis de la toux, l'amélioration des signes physiques, et comme conséquence l'apaisement de la fièvre, le relèvement des forces, plus tardivement la suppression des sueurs,rarrêtde laconsomptionetle retour à l'embonpoint.

On peut administrer la créosote par l'estomac. Voici la formule dont se sert M. Dujardin-Beaumetz :

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