‹ La thérapeutique antiseptiqueChapitre 20 sur 57 · VIN · texte numérisé non relu

VIN

Phosphate de soude 6 gr.

— de potasse 3 gr.

Sirop d'oranges amères 60 gr.

Vin de Bagnols 200 gr..

Un verre à bordeaux à chaque repas comme tonique dans l'estomac. •

LA TIIÉRAI'ISUÏIQUH ANTISEPTIQUE.

On peut également employer l'huile créosotée :

Huile de foie de morue loO gr.

Créosote pure do goudron 'do bois 1 à 2 gr.

OU les pilules suivantes :

Créosote pure de goudron de hêtre ) .. ,

TIC 1 iia 4 gr.

lodoiorme ) "

Poudre de réglisse 6 gr.

Miel q. s.

(Pour 80 pilules : en prendre 8 par jour.)

M. Bouchard emploie le vin créosoté suivant :

Créosote pure de goudron de bois. . 13 gr. 50

Teinture de gentiane 20 gr.

Alcool de Montpellier 230 gr.

Vin de Malaga q. s. pour 1 litre

(Doux à quatre cuillerées à bouche par 24 heures, prises cha-

cune dans un verre d'eau, pour éviter l'action irritante de la créosote.)

M. Bouchard injecte également la créosote dans le tissu cellulaire. Pour cela, il dissout le médicament dans l'huile, qui ne mouille pas les tissus et permet cependant l'absorption graduelle. Il a pu élever la concentration de la solution jusqu'à 50 p. 100, sans produire d'accidents locaux : on arrive ainsi à introduire dans l'organisme 25 centigrammes de créosote par kilogramme du poids du corps, sans aucun phénomène d'intoxication, tandis que ladose de 70 centigrammes par kilogramme seraitmortelle. — En général on ne donne que 3 grammes de créosote par jour, bien que d'après les chiffres précédents on puisse porter cette dose à 15 grammes. La solution est à 1 partie de créosote pour 3 parties d'huile. Cette injection doit être poussée avec une extrême lentèur.

M. BuRLUREAUx, dans son service à l'hôpital militaire du Val-de-Gràce, a employé sur un très grand nombre de malades les injections sous-cutanées de créosote et a perfectionné la technique de ces injections, en se servant de l'appareil de Giubert (dè Cannes), modifié de manière à le.

TRAITEMENT ANTISEPTIQUE

rendre plus pratique. Ces appareils sont essentiellement à injection lente.

L'appareil de MM. Burlureaux et Guerder, construit par M. Lamy, a deux modèles. Le n" 1 est un flacon de .300 ce, <à trois tubulures, deux en haut, une en Las sur le côté, fermées par des bouclions en caoutchouc. En haut sont adaptés le tube aérifère et le manomètre; en bas, le tube injecteur muni d'un robinet. L'air, poussé à l'aide d'une poire en caoutchouc, n'arrive dans le flacon qu'après avoir traversé de l'ouate qui le filtre. Le tube injecteur se termine par un embout d'aluminium sur lequel s'adapte une aiguille creuse en platine irridié ou en or. Le flacon est gradué de manière que chaque division représente b grammes d'huile. — L'appareil n° 2 ne diifère de celui-ci que par sa construction plus parfaite et plus compliquée : la poire en caoutchouc est remplacée par une pompe à piston.

Après s'être assuré que l'appareil est d'une propreté irréprochable et que l'aiguille est stérilisée, on emplit le flacon aux deux tiers et on rebouche soigneusement : on chasse l'air dans le flacon en pressant la poire et refermant immédiatement le robinet dont est muni le tube aérifère. On fait une seconde chasse d'air en surveillant le manomètre, ce qui suffit généralement. On voit l'huile monter dans le manomètre : quand son niveau atteint le point indiqué D, la pression est suffisante. On ouvre alors le robinet du tube injecteur pour s'assurer que l'aiguille n'est pas bouchée et que l'écoulement du liquide se fait lentement, c'est-à-dire à raison de 40 gouttes par minute, ce qui représente 20 grammes par heure. On procède alors à l'injection.

Après avoir lavé la peau avec une solution antiseptique, on enfonce profondément l'aiguille dans le tissu cellulaire et on ouvre le robinet : l'écoulement commence immédiatement. On surveille pendant les cinq premières minutes pour s'assurer qu'il n'y a pas d'accident (piqûre de veine, etc.), ce qui est très rare (1 fois sur 10 000). On peut alors laisser le malade lui-même ou un garde-malade

150 LA tii^:raprutique antiseptique.

quelconque surveiller le manomètre, dont la pression doit être maintenue au môme niveau. Quand la dose prescrite a été injccLéo, on ferme le robinet, puis on fait tomber la pression; enfin on relire l'aiyuille en appliquant sur la piqûre un petit tampon d'ouate hydrophile maintenu avec la main pendant quelques minutes. On prescrit généralement le repos après l'injection; mais certains malades ont reçu progressivement de 10 à liiO grammes (en augmejitant chaque jour de 10 grammes), en venant de loin et s'eii retournant immédiatement après. La dose moyenne est de bO grammes d'huile par jour; la dose maxima a été de 200 ou 220 grammes en une seule fois, ce qui représente 14 grammes de créosote.

Le liquide injecté est composé de créosote rectifiée, parfaitement pure d'acide phénique et mélangée à de l'huile d'amandes douces ou de l'huile d'olives lavées à l'alcool, dans la proportion de 1 gramme de créosote pour 14 grammes d'huile. L'injection est peu douloureuse, à condition de se faire lentement (de 2 h. et demie à 8 et 9 heures suivant la dose). On la fait de préférence à la région fessière, ou bien au dos, aux cuisses. Le malade couché, ou assis, peut lire et même manger ou se livrer à toute autre occupation exigeant peu de mouvement, pendant que l'injection se fait*.

M. Picot (de Bordeaux), se basant sur ce fait que le gaiacol est considéré comme le principe actif de la créosote et sur les recherches de Sahli et de Frœntzel, qui lui ont substitué le gaïacol, emploie ce dernier associé à l'iodoforme. Il l'administre en capsules renfermant chacune 'à centigrammes de gaïacol et de 1 à 3 centigrammes d'iodoforme. On en donne de 2 à 4 ou 6 par jour à la fin des repas. Ce traitement est bien supporté et améliore toujours l'état du malade avec d'autant plus de chances de succès que l'on est plus près du début de l'affection.

i. Pour plus do détails sur co sujet, voyez Journal de Médecine et de Chiruryie pratiques, t. LXII, 1892, p. 49, art. 15020.

TRAITEMENT ANTISEPTIQUE. ' '•jl

M. Picot se sert également de gaïacol iodoformé dissous dans l'huile d'olive stérilisée pour faire des injections dans la fosse sus-épineuse (îi centigrammes de gaïacol et { centigramme d'iodoforme par centimètre cube de solution). Les résultats ont été des meilleurs, surtout dans la pleurésie tuberculeuse.

A Paris, M. A. Weill (de l'hôpital Rothschild) a employé le mélange. suivant en injection hypodermique :

Gaïacol pur 2 gr.

Huile do vasoline 100 gr.

Ces injections étaient faites à l'abdomen ou cà la cuisse. L'absorption est très rapide, car les malades sentent ^la saveur du gaïacol quelques secondes après l'injection. L amélioration est généralement très sensible, au moins chez les tuberculeux qui ne sont pas trop compromis. Quelquesuns mêmes ont paru guéris.

Tout récemment, M. E. Main a entrepris à l'hôpital Cochin, dans le service de M. Dujardin-Beaumetz, une série de recherches comparatives afin de savoir s'il y avait lieu de substituer à la créosote le gaïacol ou tout autre de ses composants ^ D'après des recherches faites sur les animaux, l'auteur établit dans l'ordre suivant la gradation de toxicité des éléments de la créosote, le premier sur la liste étant le plus toxique :

1° Paracrésyloi, 2o PMorol, 3" Gaïacol,

4» Créosote (officinale), 5" Créosol.

Pour tous ces corps, d'ailleurs, la toxicité est faible, et le créosol n'est pas tliérapeutiquement plus actif que la créosote.

Les conclusions de' l'auteur sont qu'il y a lieu de s'en

1. Bulletin général de thérapeutique, 15 mars 1892, p. 305. (Thèse do Paris, 1892.)

LA TIIIORAPRUTIQUE A NTI SE l' TIQ U K.

tenir à la créosoLe, qui est d'un emploi plus facile et moins

Cepentlanl G. Koiios vient de proposer un nouveau mélange pour injection hypodermique, formé de créoline* et d'huile de foie de morue, suivant la formule suivante :

On injecte 1 à 5 centimètres cubes de celte solution tous les deux jours dans la fosse sous-épineuse. Ce traitement donnerait de bons résultats.

En résumé, et jusqu'à nouvel ordre, c'est la créosote, en solution dans l'huile stérilisée que l'on doit considérer comme le meilleur antiseptique à opposer à la tuberculose pulmonaire traitée par la voie hypodermique, et, suivant l'expression de M. Ddjardin-Beaumetz, le traitement de cette maladie peut se résumer en deux mots : « Hygiène et créosote. »

Les exsudais de la pleurésie sont tantôt séro-fibrineux, tantôt purulents. Dans le premier cas, on n'y trouve généralement pas de bactéries; dans le second, on trouve les mêmes microbes que dans le poumon (pneumocoque, bacille de la tuberculose, streptocoques, etc.).

La pleurésie séro-fibrineuse n'est pas ordinairement justiciable du traitement antiseptique. Strizover (d'Odessa) la traite par le sulicylate de soude (1 gramme donné 3 fois le jour, après les repas). Le malade prend ensuite un peu de vin fort. D'après l'auteur, non seulement ce traitement est suivi d'une guérison rapide, mais encore il servirait à po,Sd,'r le diagnostic; en d'autres termes, toute pleurésie qui ne guérit pas en quelques jours sous l'in-

1. Nous avons vu que la créolinc est un corps mal défiui, qui doit ses propriétés au crdsylol, de même que le lijsnl, qui présente sur elle l'avantage d'être mieux défini et qu'on pourrait lui substituer.

toxique que le gaïacol.

Huile de foie de morue Créolinc de Jeyes . .

Éthcr sulfuriquc . . .

100 gr.

2 gr.

1 gr.

Pleurésie.

TRAITEMENT ANTISEPTIQUE

tluence du salicylale doit être considérée comme punnlente, c'est-à-dire infectieuse.

Toute pleurésie purulente doit être traitée par la tlioraccntèse {pleur otomic), faite, comme toute opération sanglante, par les procédés aseptiques, et suivie ou non d'une injection de liquide antiseptique.

Nous n'avons pas à décrire ici le manuel opératoire de la thoracentèse. Nous nous contenterons d'indiquer les principaux liquides antiseptiques qui sont actuellement employés. Les injections doivent toujours être tièdes.

Veau bouillie pure (stérilisée) et salée, Vacide borique en solution à 4 p. 100, Vacide salicylique, Vacôtate d'alumine à o p. 100, le chlorure de zinc, de 1 à o et 8 p. 100, servent à faire le lavage de la plèvre jusqu'à ce que le liquide ressorte absolument clair. L'acide phénique a produit des accidents mortels, et l'on doit y renoncer, surtout chez les enfants. Ces injections sont renouvelées s'il y a lieu, et le drain que l'on a placé dans la plaie permet de surveiller l'état de la plèvre. Le pansement antiseptique qui recouvre ce drain et la plaie devra être fait avec le plus grand soin, et on le renouvellera le plus rarement possible i.

1. Pour plus de détai:s sur ce sujet, voy. Debove et Courtois-Suffit, Traitement des pleurésies jnirulcntes {BM. Méd. Charcot-Debove), 1892.

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