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Cornil et Babes, les Bactéries, 3".édit., II, p

ÏUAIÏEMENT ANTISEPTIQUE.

épanchées entre les circonvoluLions, ou l'exsudat liquide sécrété par la séreuse et contenant les agents pathogènes. Ce sont les intestins qui transportent eux-mêmes les organismes septiques et les disséminent. On doit donc se proposer d'empêcher ce transport en iramohilisant l'intestin, afin que la péritonite reste circonscrite : c'est là de l'antisepsie indirecte »

On arrive à ce résultat à la fois parle traitement interne et par le traitement externe.

A l'intérieur on évitera tout d'ahord les purgatifs, « qui ont justement pour effet de généraliser la péritonite qu'ils prétendent enrayer (Bouchard) ». Ainsi, même lorsqu'on donnera le calomel, comme le fait M. Descroizilles chez les enfants, on l'associera à l'opium suivant la formule suivante :

Calomel l sv.

Extrait d'opiuiii 0 gr. 20

Poudre do Dower 0 gr. 80

(En 20 paquets, 4 à 6 pat- joui'.)

L'opium est sous ce rapport un médicament héroïque, qui calme les douleurs en immobilisant l'intestin. On l'emploie sous forme d'extrait (pilules de 10 à 20 centigrammes), de gouttes noires, de laudanum Rousseau (deux fois plus fort que celui de Sydenham), d'injections hypodermiques de morphine, qui sont toujours très hien tolérées et conviennent surtout lorsque l'estomac rejette tous les médicaments; on pourra additionner l'injection d'une faible dose d'atropine (1/2 à 1 milligramme). La constipation, même prolongée pendant quinze jours, est beaucoup moins dangereuse que les mouvements de l'intestin provoqués par l'introduction intempestive et forcée des aliments, suivie de vomissements qui secouent le contenu de l'abdomen (Bouchard). On se contentera de donner des. liquides (eau glacée par petites doses), et si l'on croit devoir nourrir le malade, on le fera par le rectum (lavements de

1. BoDCHARD, Thérapeutique des maladies infectieuses, p. 305.

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lîîO grammes additionnés ou non de peptones avec un peu d'opium). Ces liquides sont seuls indispensables pour assurer le fonctionnement de l'émonctoire urinaire (400 à fiOO grammes d'eau par jour suffisent).

Le traitement externe consiste dans l'immobilisation des parois de l'abdomen par divers moyens : couches de ouate maintenues par un bandage; enduit de collodion riciné; glace sur le ventre, en ayant soin d'interposer entre la vessie de glace et l'abdomen une flanelle épaisse (Siredey).

M. Debove, afin d'éviter le traitement chirurgical avec tout l'appareil de la laparotomie, fait, dans la péritonite tuberculeuse, une ponction suivie de lavages avec 2 litres de solution saturée d'acide borique ou d'eau stérilisée à l'autoclave à 120°.

Les applications topiques sur l'abdomen peuvent être elles-mêmes antiseptiques : onctions d'onguent mercuriel ou d'autres substances du même genre. Récemment on a préconisé Vichthyol appliqué sur l'abdomen en badigeonnages de manière à former un enduit épais que l'on recouvre de taffetas gommé; le tout est maintenu par un bandage. Ces divers topiques donnent des résultats bien supérieurs aux vésicatoires, qui sont en général mal supportés. L'antisepsie des organes génitaux est de rigueur chez les femmes, surtout lorsque la péritonite est d'origine utérine. On l'obtiendra au moyen d'injections appropriées.

Dans tous les cas, on n'oubliera pas que l'antisepsie intestinale interne rend possible et inoffensive l'immobilisation de l'intestin poussée jusqu'à la constipation (Bouchard), car celle-ci n'est dangereuse que par la putréfaction des matières retenues dans l'intestin, et les antiseptiques empêchent cette putréfaction.

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