ANTISEPSIE DANS LES MALADIES DE L'APPAREIL CIRCULATOIRE
Endorcardite, Myocardite, Péricardite, Maladies des vaisseaux sanguins.
L'endocardite doit être considérée comme une maladie secondaire survenant à la suite du rliumatisme articulaire aigu, de la pneumonie, de la fièvre typhoïde, d'une infection puerpérale ou dans le cours des autres pyémies et septicémies consécutives aux plaies. Or, toutes ces maladies, notamment la pneumonie, le rhumatisme aigu, la fièvre typhoïde, etc., « sont liées à la présence de micro-organismes et sont en réalité des ^maladies infectieuses; en sorte que nous pouvons considérer l'endocardite comme étant également en relation avec les bactéries qui circulent dans le sang » (Cornil et Babes). C'est à Rokitansky (1855) que l'on doit la première mention de bactéries dans l'endocardite ulcéreuse, bien que cet observateur n'ait pas indiqué la nature microbienne des granulations dont il donne une excellente description.
Dans la myocardite et la péricardite on observe également des bactéries. Ces deux affections se présentent ordinairement comme complications de l'endocardite valvulaire ulcéreuse. La péricardite peut cependant précéder l'endocardite et provoquer celle-ci : elle est alors provoquée
par la pyémie et notamment par un phlegmon du raédiastin.
Des infarctus métastaliques et des abcès viennent souvent compliquer l'endocardite par suite du transport, par la circulation générale, de fragments fibrineux remplis de microbes. L'endartérite s'observe aussi primitivement ou à la suite d'endocardite.
Les principaux microbes facteurs de ces lésions du système circulatoire sont d'abord ceux du pus [Staphylococcus jnjogenes aureus et ses variétés albus et cereus albus, Bacillits pyogenes fœtidus de Passet, Streplococcus pyogenes), t[>u\s le pneumocoque ou diplocoque lancéolé (Klehsiella saliva ■ ris), le Bacillus tuberculosis, des bacilles saprogènes, etc.
Le traitement antiseptique des maladies de l'appareil circulatoire est beaucoup moins avancé que celui des maladies de l'appareil digestif, en raison de la difficulté d'instituer un traitement local. Il s'agit en effet ici de réaliser l'antisepsie du milieu intérieur et d'atteindre les microbes qui circulent dans le sang et sont transportés par lui dans le cœur et dans les vaisseaux. Ce résultat ne peut être obtenu que par Vantisepsie générale, antisepsie beaucoup plus difficile à pratiquer par les moyens qui sont actuellement en notre pouvoir, puisque l'expérience clinique n'a pas encore sanctionné les injectiois intraveineuses d'antiseptiques solubles qui semblent indiquées par la théorie.
Quant aux antiseptiques insolubles ou peu solubles, tels que le naphtol, administrés par la voie intestinale, ils agissent peut-être aussi dans une certaine mesure comme antiseptiques généraux par la minime portion qui est absorbée. Mais ces médicaments sont forcés de passer par le foie, qui diminue le pouvoir antiseptique des substances qui le traversent (Bouchard) comme il diminue la toxicité des substances septiques qui suivent le même chemin. Cependant ces antiseptiques trouveront leur emploi, si limité qu'il soit, particulièrement dans le traitement de la maladie locale, cause première des lésions circulatoires