CHAPITRE V
TRAITEMENT ANTISEPTIQUE DES MALADIES DE L-APPAREIL LOCOMOTEUR ET DU SYSTÈME NERVEUX
Maladies de l'appareil locomoteur.
Bien qu'un certain nombre de maladies, que l'on réunit sous le titre de maladies de l'appareil locomoteur' soient manifestement consécutives à des maladies générales d origine microbienne, le traitement antiseptique de ces maladies est encore trop peu avancé pour qu'il soit possible d'en traiter méthodiquement pour chacune d'entre elles.
Dans ces affections on se contentera de faire de l'antisepsie intestinale et de l'antisepsie générale, et l'on traitera les complications secondaires conformément aux règles précédemment formulées.
Le rhumatisme est ordinairement considéré comme une maladie générale. Nous en traiterons cependant ici, parce que les recherches les plus récentes semblent indiquer que l'on confond cliniquement, sous le nom de rhumatisme, des affections de nature infectieuse dues à la présence dans le sang de microbes d'espèces variées. Cependant, dans l'état actuel de nos connaissances à ce sujet, il
1. La paralysie musculaire progressive, par exemple, et latrophio musculaire progressive (myopathie atrophique).
TRAITEMENT ANTISEPTIQUE
m'est pas possible de séparer les divers traitements' anti- ; septiques applicables aux différentes formes du rhumatisme.
llluimatisme.
On sait que certains élats manifestement infectieux (suppurations locales, puerpéralité, blennorragie, scar- ! latine, oreillons, dysenterie) sont accompagnés ou suivis . de déterminations morbides sur les articulations et les séreuses qui se rapprochent cliniquement du rhumatisme i articulaire aigu à forme franche, c'est-à-dire dû à l'in- : fluence du froid humide {rhumatisme secondaire ou pseudorhumatismes, Dieulafoy).
De là à admettre que le rhumatisme idiopathique luimême est une maladie microbienne il n'y a qu'un pas, et ce pas est bien près d'être fi^anchi.
Dans deux cas de rhumatisme articulaire aigu ou subaigu terminés tous deux par une néphrite mortelle, MM. Cornil et Babes* ont trouvé le rein rempli de bactéries, cause évidente et de la polyarthrite et de la néphrite. Les observations de ce genre deviennent chaque jour plus nombreuses depuis que l'examen histologique et bactériologique est devenu le complément obligé des autopsies.
Sans nier l'influence du froid humide, — qui agit évidemment ici comme cause déterminante en paralysant l'émonctoire cutané et produisant la rétention dans le sang de substances qui sont habituellement éliminées par la sueur et les urines (acides urique et lactique, sels de chaux), — il est probable que, dans beaucoup de cas, et particulièrement dans les cas les plus graves et qui résistent au traitement rationnel ou se terminent par une issue fatale, il y a lieu d'invoquer la présence d'un microbe qui transforme une simple dyscrasie en maladie infectieuse. M. Bouchard estime que le rhumatisme déformant est une affection justiciable de la thérapeutique antiseptique « et qui comprend des maladies multiples dont la genèse est