‹ La thérapeutique antiseptiqueChapitre 34 sur 57 · TRAITEMENT ANTISEPTIQUE DES MALADIES DE LA PEAU · texte numérisé non relu

TRAITEMENT ANTISEPTIQUE DES MALADIES DE LA PEAU

Considérations générales sur la nature des dermatoses. '

— Un grand nombre d'afTections cutanées sont directement produites par des parasites, animaux ou végétaux, dont la destruction est la première indication thérapeu- { tique qui s'impose au médecin. i

Parmi les premières il nous suffira de signaler les différentes formes de gales et de phtiriases, produites par des arthropodes (acariens ou insectes), puis les psorospcrmoses cutanées (épithélioma ou Molluscum contagiosum, eczéma de Paget, carcinome, acné corne'e, etc.), qui paraissent dues à la présence d'animaux de l'embranchement des protozoaires et de la classe des Sporozoaires (coccidies, etc).

Parmi les secondes viennent se ranger les dermatomycoscs, affections produites par des champignons microscopiques d'une organisation plus élevée que les bactéries. Telles sont la teigne faveuse, la teigne tondante, la crasse parasitaire (pytiriasis), la pélade, etc.

D'autres affections de la peau sont considérées comme des manifestations cutanées de certaines maladies infectieuses ou vraisemblablement microbiennes. Outre Vérysipèle, la variole, larougeole, etc., dont nous avons déjà parlé en traitant des maladies générales, il convient de citer !a

TRAITEMENT ANTISEPTIQUE

lèpre, Yéléphantiasis, le lupus (produit par le Bacillus tuberculosis), La maladie récemment décrite sous le nom de ,perUche, le furoncle, l'anthrax, les manifestations cutanées de la syphilis, etc.

Dans un grand nombre d'éruptions cutanées on a signale la présence de bactéries d'espèces variées. Vidal en a trouvé dans les pustules à.'ecthyina; Vidal et Gibier, dans les bulles du pemphigus; Eklund et Lang, dans le psoriasis; Babes, dans les pustules du prurigo. Ce dernier serait un Streptococcus d'espèce particulière {St. giganteus cutis, Babes). Dans la sueur des pieds et dans la sueur rouge des aisselles, on trouve des microbes considérés comme simplement saprogènes (et non pathogènes comme les précédents).

Nous savons aujourd'hui que les follicules cutanés, en dehors de toute autre solution de continuité, peuvent servir de porte d'entrée aux bactéries pathogènes dont les germes flottent dans l'air et adhérent aux vêtements ou aux doigts. Le fait a été prouvé expérimentalement pour le furoncle. Dans tous les cas, le grattage, le frottement des vêtements, tout contact irritant qui enflamme la peau, plus particulièrement au niveau des follicules pileux, contribuent à faciliter rinocuiation des microbes pathogènes.

Alors même que cette inoculation n'est pas la cause immédiate d'une éruption cutanée et qu'il faut chercher le double point de départ de celle-ci à la fois dans une dyscrasie constitutionnelle et dans une irritation locale purement traumatique,il y a lieu de se mettre en garde contre les complications provenant de la présence des microbes et plus particulièrement de ceux qui accompagnent toujours les suppurations, si peu étendues qu'elles soient {Streptococcus pyogenes, et Staphylococcus pyogcnes).

Tout bouton est un point faible où la peau enflammée perd son revêtement épithélial protecteur, et peut devenir une porte d'entrée pour les microbes pathogènes. En outre, lorsque ces boutons (papules, vésicules, pustules, etc.) communiquent plus ou moins largement avec] l'ex-

LA TllÉKAl'EUTIOUK A N T I S lî I> T 1 0 U E.

térieur par suppuration ou par la simple exsudation séreuse qui accompagne l'œdème cutané, ils deviennent de véritables foyers de cultures microbiennes. Ces cultures microbiennes sont le principal obstacle à la guérison, car ils entretiennent la phagocytose et la diapédèse locale, et s'opposent à la cicatrisation et au retour ad inlegrum du revêtement épidermique.

Ces considérations suffisent à expliquer pourquoi le traitement antiseptique local s'impose d'une façon formelle dans la plupart des maladies de la peau, et pourquoi les autres traitements restent souvent inefficaces lorsque l'on néglige celui-ci.

Le traitement général anlincptique ne devra pas être négligé. On connaît les rapports étroits qui existent entre le fonctionnement des muqueuses du tube gastro-intestinal et celui de la peau: nous avons déjà eu l'occasion d'en parler à propos de la furoncidose. Un grand nombre d'affections cutanées ont leur point de départ dans des lésions de nutrition (alimentation surabondante, alcoolisme, litbiase urinaire, diabète, constipation, dyspepsies, etc).Dans tous ces cas il y aura lieu de faire l'antisepsie générale et intestinale à l'aide du naphlol, du benzonapthol, etc.

Dans cette revue rapide des applications de la thérapeutique antiseptique aux dermatoses, je serai forcé d'être très bref et je ne pourrai donner qu'un très petit nombre de formules. On trouvera un grand nombre de ces formules dans les formulaires les plus récents, et plus particulièrement dans l'ouvrage très complet que M. Rrocq a consaci-é à la thérapeutique de ces maladies \ Nous commencerons par dire quelques mots du traitement des plaies et brûlures superficielles, laissant de côté les indications qui sont plus particulièrement du ressort de la chirurgie.

Plaies et Brûlures.

Les plaies, coupures et solutions de continuité du derme peuvent, lorsqu'elles sont de faible étendue, être réunies

1. Brocq, Traitement des maladies de la peau, 1 vol. in-8°, 181)1.

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par première intention, sans suture et sans ligature. On emploie à cet effet des topiques agglulinatifs et cnplastiqucs dont le choix est de la plus grande importance au pomt de vue du résultat fmal et des complications qui peuvent survenir. . .

Rappelons tout d'abord que la propreté la plm méticuleuse est le premier et le meilleur de tous les antiseptiques. Vasepsie primitive des plaies assure leur antisepsie ulle- Tieure. On commencera donc par laver la plaie avec de l'eau bouillie, de l'eau boriquée ou une solution pheniquee faible, en se servant non d'une éponge, mais d'un tampon de ouate hydrophile (aseptique). On s'assurera qu aucun corps étranger n'est resté dans la plaie.

V emplâtre cliachy Ion, dont on se sert encore assez souvent pour la réunion immédiate des plaies, doit être formellement rejeté. Il n'est presque jamais frais, seule condition qui puisse le faire considérer comme aseptique : en outre il irrite presque toujours les lèvres de la plaie et même la peau saine, et on a vu son application suivie d'érysipèle. Le taffetas d'Angleterre est d'un usage peu pratique, car il adhère mal à la peau et se décolle facilement.

Le coUodion riciné, la baudruche collodionnée et gommée, la baudruche artificielle (taffetas Marinier), le remplacent avec avantage.

Le collodion élastique ou riciné, seul ou additionné de substances antiseptiques diverses [salol, etc.), s'emploie" sous forme d'un liquide éthéré qui s'étend facilement à l'aide d'un pinceau, et, par l'évaporation de l'éther, fait rapidement corps avec la peau, qu'il recouvre d'une pellicule transparente, solide et très résistante, puisqu'il faut des lavages réitérés à l'eau chaude pour la détacher. Sous ce rapport le collodion constitue un enduit plus solide que la baudruche, qui s'enlève à l'eau froide.

La baudruche préparée ou artificielle constitue également un excellent pansement agglutinatif, pourvu qu'on ait soin de l'appliquer sèche sur la peau humectée d'un liquide aseptique (et non de la mouiller à l'avance). Le

pansement à la baudruche agglutinative peut être rendu plus résistant par l'addition d'une ou de plusieurs couches de coUodion par dessus les bandes de baudruche ou de lalFetas Marinier.

Les brûlures sont également pansées avec avantage à l'aide de la baudruche coUodionnée et gommée ou du taffetas Marinier.

Le pansement classique à l'aide du Uniment oléo-calcaire et de la ouale hydrophile présente de tels inconvénients qu'on est étonné de le voir encore en usage. Les suppurations étendues et les cicatrices vicieuses qui en sont la suite presque inévitable doivent le faire formellement proscrire de la pratique médicale.

La ouate a le grave défaut de masquer complètement la région atteinte et de nécessiter des pansements fréquents, qui sont d'autant plus douloureux qu'ils adhèrent fortement aux tissus sur lesquels ils sont appliqués; de telle sorte qu'il est presque impossible de les détacherentièrementsans léser le corps muqueux du derme sous-jacent, ce qui éternise le traitement en retardant ia formation de l'épiderme.

Avec la baudruche transparente, rien de semblable à craindre. S'il se forme des phlyctènesou des suppurations locales, on les évacue à l'aide d'une ponction faite avec une aiguille rendue aseptique par le flambage à la lampe à alcool; puis on applique une petite bande de baudruche pour boucher l'ouverture faite par cette ponction.

Dans des cas nombreux de brûlures à la face, j'ai obtenu les meilleurs résultats du talîetas Marinier ainsi employé. La baudruche collodionnée et gommée produirait le même effet. Le liquide dont on sesertpour faire adhérer le taffetas ou la baudruche importe peu, pourvu qu'il soit aseptique et que la peau ait é té préalablemen t lavée avec ce même liquide.

On peut se servir, pour ce pansement, de la pommade préconisée par le D'Iscii WALLetdontvoici lacomposition :

Vaseline îiO gr.

Salol 4 gr.

Chlorhydrate de cocaïne . . 0 gr. 25

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On applique cette pommade après avoir lavé la brûlure :ivec de l'eau boriquée ou avec une solution de sublimé a 1 p. 2000. Mais, au lieu d'appliquer par dessus « de petits morceaux minces de ouate hydrophile « imbibés de la même solution, nous conseillons de recouvrir simplement la partie atteinte de baudruche préparée, qm adhérera facilement si la couche de pommade n'est pas trop épaisse.

C'est la ouate employée en couche épaisse qui constitue le danger de l'ancien pansement, car nous avons obtenu de bons résultats en nous servant du Uniment oléo-calcaire recouvert de baudruche transparente.

D'une façon générale, la baudruche ou le taffetas Marinier paraissent apir sur la cicatrisation des plaies superficielles de la même manière que la greffe épidermique, c'est-à-dire non seulement en soustrayant ces plaies au contact de l'air et au danger de contamination par les agents extérieurs, mais encore en facilitant et hâtant la réintégration de la couche épidermique protectrice. A ce point de vue, la baudruche préparée mérite ajuste titre le nom à!épiderme artificiel qu'on lui a donné. Dans un grand nombre d'exanthèmes cutanés on pourra tirer parti de cette double propriété.

Avant de quitter ce sujet, signalons les bons effets des topiques enveloppants à la gutta-percha ou au caoutchouc employés sous formes de masques, bonnets, etc., dans certaines maladies de la peau.

Formes d'application des topiques dans les maladies de la peau.

Les pommades et les emplâtres étaient autrefois à peu près les seules préparations en usage pour appliquer des médicaments actifs sur la peau.

Depuis que l'on a reconnu les bons effets de la Ihérapeutique antiseptique, les graisses d'origine animale (axonge et axongc bcnzoïnée), qui rancissent vite, sont presque universellement abandonnées et remplacées par la vaseline, les glycérés et glycérolés, etc., composés chi-

LA THÉRAI'EUTIOUE ANTISEPTIQUE

miques de même consistance et qui ont l'avantage de ne pas rancir. Les huiles d'origine végétale doivent être stérilisées, ou peuvent être remplacées par des produits qui, comme le rétinol (V. p. 92) sont des antiseptiques par euxmêmes et peuvent servir d'excipient à un très grand nombre de substances actives.

Dans beaucoup de cas il est préférable d'appliquer le topique sous forme de poudre finement pulvérisée ou porphyrisée (poudre de calqmel, d'iodoforme, de salol, de dermatol, etc.).

Enfin, dans les cas rebelles et lorsqu'il est nécessaire d'employer un remède énergique, on aura recours aux pulvérisations de liquides antiseptiques sur la région malade. M. Besnier a souvent recours aux pulvérisations de sublimé (solution à un millième), pour guérir des eczémas et d'autres dermatoses ayant résisté à toutes les autres formes de traitement.

Erythème.

Dans l'érythème simple ou emploie les lotions astringentes et l'on poudre les parties malades avec des poudres absorbantes (pommades au goudron, h V huile de cade, au calomel). Chez les enfants, on emploie des mélanges de poudre de talc &i d'oxyde de zinc, ou bien à'acide borique et d'amidon. Dans l'érythème noueux, M. \\DAh conseille des lotions au chlorure d'ammonium (à 1 p. 20) et donne à l'intérieur le sulfate de quinine ou le salicylale de soude.

Eczéma.

Dans les cas aigus, M. Besnieu prescrit une pommade à l'acide salicylique et hVoxyde de zinc avec de l'amidon et de la lanoline; M. Brocq, des mélanges des poudres suivantes : oxyde de zinc, &om-nitrale de bismuth, amidon; des pommades à l'acide borique, au baume du Pérou, à l'huile de cade ou ax\ iirécipilé jaune, suivant les indications. Le traitement interne sera celui de la cause (salicylate el beiizoate de soude, de lithine, etc.).

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L'eczéma de l'anus réclame des badigeonnages au ni- I rate d'argent, au chloral, elc. S'il est sec, on le traite par un mélange de tanin et de calomel dans du glycerolé d amidon.

L'eczéma de la barbe est traité par les pommades au turbith minéral, au soufre précipité, et, lorsqu'il y a sycosis, par un emplâtre formé d'un mélange de minvim et de cinabre.

L'eczéma de la face est traité par M. Brocq au moyen du glycérolé d'amidon additionné d'acide tarlnque et d acide salicylique, ou bien de sous-acétate de plomb.

Dans l'eczéma des parties génitales, M. Besnier emploie le sulfure de zinc hydraté en pommade. M. Vidal introduit dans le vagin des tampons imbibés de baume de gurjun et d'eau de chaux mélangés.

Dans l'eczéma chronique, le tanin, l'alun, le sous-acetate de plomb, le sulfate de zinc, le bioxyde de mercure et enfin le sublimé (0,2b à 0,bO pour 50 grammes) ont été successivement employés.

Herpès.

M. FoURNiER conseille la poudre suivante :

Sous-nitrate de bismuth ^ S^-

Calomel 1 '^'^

Oxyde de zinc 1 1 gr.

Dans l'herpès iris, M. Vidal emploie sur la muqueuse buccale un collutoire au borate de soude dissout dans la glycérine et l'eau de laurier-cerise. Sur la muqueuse ocuîaire, une solution tiède et très étendue d'extrait de Saturne (acétate de plomb).

Contre l'herpès génital, M. Besnier emploie, lorsque l'herpès est sec, la vaseline et la lanoline. Si l'herpès est humide, la poudre suivante :

Sous-nitratc do bismuth • 1 gi"-

Tanin ^ gi"-

Amidon pulvérisé 100 gr.

LA inÉRAPEUTIQUlî ANTISEPTIQUE.

M.Vidal prescrit un glycéré au tanin [i f.'ramme pour 40 grammes de glycérine.)

Gale.

Le traitement de cettemaladie parasitaire estbien connu : il s'agit de tuer les acariens {Sarcoptes scabiœi) logés dans l'épaisseur de la peau. Les savonnages préalables servent à ramollir l'épiderme et à permettre aux pommades insecticides d'arriver jusqu'à la retraite du parasite.

Les pommades au soufre et au carbonate de potasse, Vhuile salolce, la vaseline au naphtol p additionnée à'éther pour dissoudre ce médicament, sont employées par M. Bes- NiER. M. Descroizilles se sert de lotions au chlorure de chaux; M. Constantin Paul, d'un savon au pétrole; M. Vidal, d'une huile au styrax.

Pempliigus.

Cette maladie est une de celles qui ont le plus besoin d'un traitement interne, et surtout de toniques (arséniate de fer, etc.). On évacuera le liquide des bulles avec une aiguille aseptique en évitant de déchirer l'épiderme, et on pansera à sec avec la. poudre de quinquina, au besoin avec le salol, Viodo forme, le dermatol, etc. Si les ulcérations sont à nu, on les pansera comme des brûlures, avec le Uniment oléo-calcaire (Hardy) , recouvert de baudruche préparée ou de papier Marinier, de préférence à la ouate, même aseptique, etc.

Rupia.

Après la chute des croûtes, obtenue par des émoUients, on est souvent forcé d'avoir recours aux antiseptiques caustiques [nitrate acide de mercure, nitrate d'argent, pommades QM. proloîodure et au biiodure de mercure), pour les empêcher de se reformer. Le pansement antiseptique est ici de rigueur. Si l'alîection est de nature syphilitique, on donnera à l'intérieur le biiodure de mercure ioduré.

TRAITEMENT ANTISEPTIQUE

Acné.

Dcans les différentes formes d'acné, on emploie, suivant lies cas. les sulfureux (pommade au soufre précipité et au ,naphtol, les bains et lotions de sulfure de potassium ei de ( calcium), Vichthyol, qui agit comme siccatif et par le soulre .qu'il renferme, Voxyde de zinc, Vacide salicyliquc, le chlo- .rhydrate d'ammoniaque (liqueur de Gowland). Uodure de . mercure [em^mve de Vigo), les solutions de sublimé (Brocq

et Besnier). , ^ , . ,

Le traitement interne est indispensable, 1 acne simple de la face provenant presque toujours d'une affection de l'estomac.

Impétigo.

M Gaucher, après avoir fait tomber les croûtes par des émoUients, traite cette affection par une pommade au glycérolé d'amidon et à Vacide borique ; - M. Bksnier associe Vacide borique à Voncjuent de Vigo dans une pommade a la vaseline étendue sur un linge fin, lorsque la période inflammatoire est passée.

M Vidal, lorsque cette période est terminée, emploie un glycérolé au tanin et au calomel, ou bien des emplâtres à Vhuile de cade et au précipité jaune, ou bien encore au mimum et au cinabre. Ce dernier pansement, renouvelé chaque jour, est précédé d'une lotion à l'alcool camphré étendu d'eau.

Prurigo.

M. Besnier traite cette affection par des lotions d'eau chaude, additionnée d'un mélange de vinaigre aromatique et à'acidephénique. On applique ensuite une poudre formée de salicylate de bismuth et à'amidon.

M. Gaucher fait faire des lotions au chloral, à l'acide phéniqûe, au sublijné. M. Quinquaud emploie les acides : acide acétique cristallisé (solution à 1 ou 2 p. 100), acide monochloracétique (à 15 p. 100).

LA ÏUKRAl'IDUTIQUE ANTISEPTIQUE.

Le prurit vulvaire peut être combattu par des solutions de borax et sulfate de mot'phine (Dujardin-Beaumetz); — par rapplicalioii de poudres au soiis-nitrale de hhmulh additionné de belladone; — ou par des lotions avec une solution de sublimé (Tarnieu).

Ecthyma.

M. Vidal préconise l'emplâtre suivant, qui ne diffère que par les doses du mélange de celui dont il se sert dans l'impétigo :

Cinabre 1 gr. 50

Minium 2 gr. 50

Emplâtre diachylon 27 gr.

Ce topique est très promptement siccatif et cicatrisant. En même temps il empêche l'affection de s'étendre.

Lichen.

M. Besnier traite cette affection par des injections hypodermiques d'une solution à'arséniate de soude très étendue faites profondément (dans les muscles). — M. Hardy donne l'acide arsénieux à l'intérieur.

M. Vidal fait faire des onctions avec un glycérolé d'acide tartrique ou d'huile de cade.

M. Hardy emploie des pommades à l'oxyde de zinc et au camphre, ou bien an calomel et au tanin, ou encore au cyanure de potassium (ÎJ à 10 centigrammes pour 30 grammes de vaseline), pour calmer les démangeaisons.

Psoriasis.

M. Besnier emploie une pommade au naphtol ou bien des onctions avec un mélange d'acides salicylique et pyrogallique dissouts dans l'alcool et l'éther.

On peut encore décaper la peau malade à l'aide de bains ou de frictions, puis la badigeonner énergiquement avec un pinceau trempé dans une solution d'acide chrysophanique dans le chloroforme (15 p. 100). On recouvre d'un enduit formé de gutta-percha dissoute dans le chloroforme.

TRAITEMENT ANTISEPTIQUE

— Dans lé psoriasis buccal, on emploie Viûdoforme dans uune pommade au beurre de cacao.

Les pommades à Vergotinc et au protochloruro de mcvccure, k Vhuile de cade et à l'onguent mercuriel, etc., sont -également employées, M. J. Simon prescrit, cbez les enffants, une solution à'arsé^iiale de soude comme traitement [interne dans les cas cbroniques.

Iclityose.

M. Descroizili.es, chez les enfants, donne des bains d'a- 1 midon ou de vapeur, des onctions avec un glycéré d'ami- ,don et des frictions avec goudron et vaseline (1 à 2 p. 10) , ou huile de cade et huile d'amandes douces.

M. FouRNiER prescrit des lotions bi-quotidiennes avec un mélange de glijcévine et d'eau (1 p. 10).

Dermatoses causées par des microphytes ou ehamplonons parasites.

On sait que la teigne faveuse est causée par l'Achorion Schoenlenii ; — l'herpès circiné, ou teigne tondante, par le Trichophytontonsurans ; — le pytiriasis versicolor ou crasse parasitaire, par le Malassezia farfur (Bâillon) ; — le pytiriasis simplex, par le Microsporon Malassezii (Batllon), et la pelade par le Microsporon Audouini. — Tous ces champignons microscopiques sont d'une organisation plus complexe et plus élevée que les bactéries. Leur destruction, exige un traitement antiseptique des plus énergiques.

La teigne faveuse, comme la teigne tondante ou trichophytie, sont des maladies très contagieuses et très difficiles à déraciner : elles exigent un traitement long et soutenu, dont la première indication est de tenir les cheveux très ras en les coupant aux ciseaux, ce qui permet d'appliquer d'une manière efficace les antiseptiques les plus énergiques. L'épilation est nécessaire sur les points contaminés et autour des plaques.

M. Besnier emploie des lavages au savon noir, au goudron, à l'acide borique, au soufre et à l'acide salicylique, au

besoin à l'acétate ou au sulfate de cuivre; puis il recouvre les plaques avec du sparadrap de Vigo.

M. BnocQ emploie des lotions de sublimé (1 p. 400 d'eau additionnée de 100 de glycérine). Soir et malin on fait des frictions avec une pommade au turbith minéral. — M. Luil- LiER emploie un mélange de sublimé et de chlorhydrate d'ammoniaque en solution {liqueur de Goivland).

M. QuiNQUAUD, sans faire d'épilalion, se sert dessolutions de sublimé et de biiodure et bichlorure de mercure associés. — M. Vidal emploie l'essence de térébenthine et la teinture d'iode.

Dans l'herpès circiné et le sycosis, la teinture d'iode et le turbith minéral sont les agents les plus souvent usités.

Le pityriasis versicolor est traité par M. Besnier à l'aide d'une pommade composée de soufre, résorcine et acide salicylique appliquée chaque soir et enlevée le matin. Au besoin on a recours au sublimé.

M. Gaucher emploie le salicylate de soude et le chloral en lotions; — M. Vidal, le turbith minéral dans une pommade à l'huile de ricin et au beurre de cacao.

M. Dujardin-Beadmetz traite le pityriasis du cuir chevelu par des onctions avec la solution suivante :

Glycci'inc | ââ

Solution de borax saturé à froid . . 1000 gr.

M. Besnier prescrit la décoction de saponaire ou de quillaya (bois de Panama) en savonnages.

M. Gaucher emploie une solution de chloral.

La pelade peut être traitée par la décoction de bois de Panama avec frictions d'acide acétique et chloroforme, de teinture de cantharides, de chlorofome iodé, d'acide chlorhydrique, d'essence de térébenthine et d'ammoniaque, etc.

Rhum

Teinture de cantharides. .

50 gr.

10 gr.

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