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ANTISEPSIE DANS LES ACCOUCHEMENTS ET LA GYNÉCOLOGIE

Un des principaux antiseptiques employés en gynécologie est l'acide borique en solution saturée (i p. 100), qui est un antiseptique faible, niais très utile néanmoins à cause de son innocuité absolue, et qui sert aux injections intrautérines et vaginales lorsqu'il est utile d'employer une grande quantité de liquide. On se servira pour le dissoudi'e d'eau filti'ée et stérilisée par l'ébullition. — La vaseline boriquéc (à 4 p. 100) est suffisante pour pratiquer le toucher.

L'acide phénique est employé sous forme de solution forte (à 1 p. 20 ou 5 p. 100), comme caustique; — la solution moyenne (à 1 p. bO ou 2 p. 100) convient pour le lavage des plaies et de la peau; la solution faible (à 1 p. 100) est employée aux mêmes usages, (iiiand on craint les phénomènes d'intoxication; — le phénol étant peu soluble dans l'eau, on y ajoute généralement de l'alcool ou de la glycérine, et quelquefois de l'essence de thym (I p. 10 d'acide), dans le but de masquer l'odeur. La solution alcoolique concentrée selon la formule suivante :

Acide phéniquR 10 pr.

Alcool 10 gr.

Essence do tliyia 1 gr.

1. Pour plus de dôtails sur ce sujet, nous renvoyons au livre de M. le D' Advaed : De l'antisepsie en gynécolooic et en obst'Urigue, 1891.

TRAITEMENT ANTISEPTIQUE

peut être préparée à l'avance et conservée indéflniment, pour être ajoutée, au moment de s'en servir, à un litre d'eau filtrée et bouillie (solution à 1 p. 100). La glycérine substituée à dose égale d'alcool rend l'antiseptique moins irritant (Hallopeau).

L'acide salicijliquc (solution à 1 ou 2 p. 100) est peu employé en gynécologie.

Valun, employé en injections vaginales (SO grammes pour un litre d'eau), ou en poudre, est un antiseptique très fiiible.

Le nitrate d'argent est employé surtout pour cautériser les tissus. Comme traitement préventif de l'ophthalmie purulente des nouveau - nés ,, on l'emploie suivant la méthode de Crédé, au moment delà naissance, en instillant entre les paupières de l'enfant une à deux gouttes de la solution à 1 p. 50. Les taches qu'il laisse sur la peau et le linge le font rejeter de la pratique ordinaire pour l'antisepsie des organes génitaux.

Le chloral, en solution à 1 ou 2 p. 100, est irritant, et, sauf quelques indications spéciales (prurit vulvaire, etc.), on lui préfère d'autres antiseptiques.

Le chlorure de chaux liquide, en solution à 1 p. 10, est surtout employé pour la désinfection des vases et des cabinets d'aisances. Le chlorure de zinc (solution à 1 p. 100) peut lui être substitué.

La créoHne, en solution à un ou deux p. 100, est peu toxique et n'altère pas les instruments. D'après Frohner, la solution à 3 p. 100 égalerait comme antiseptique la solution de sublimé au millième. La couleur café au lait de cette solution et l'inconstance de ce produit mal défini ont empêché son usage de se généraliser en France.

La créosote ala propriété de coaguler l'albumine et d'exercer son action caustique à une certaine profondeur. On s'en sert, après le curage, pour modifier et cautériser la muqueuse utérine.

On emploie la créosote pure ou l'une des deux solutions sui vantes :

LA TUÉRAPEUTIQUE ANTISEPTIQUE.

SOLUTION FORTE (au Uers) :

Créosote de bois de liéti'e. . . )

Alcool ( '^'^

Glycérine [ ] pai'ties égales.

SOLUTION FAIBLE (au dixième)

Créosote ■

Alcool [ ail

Glycérine 8 gr.

1 gr.

Viodoforme est un excellent antiseptique et le plus usité dans toutes les opérations de la gynécologie : son action favorable sur la suppuration et les ulcérations est manifeste et lui assure une supériorité incontestable sur tous les autres antiseptiques pulvérulents. On peut l'employer sous forme de suppositoire :

lodoforme. . 1 g""-

Glycérine 8 gr.

Beurre de cacao'. q. s.

(Pour introduire dans le vagin ou même l'utérus après l'accoucliement.)

La gaze et la ouate iodoformée sont d'un usage journalier en gynécologie, malgré l'odeur tenace de ce produit, qui s'attache aux mains, aux instruments et aux vêtements.

La glycérine iodoformée (2 p. 8 de glycérine) sert à imbiber des tampons vaginaux pour agir sur les ulcérations ou les plaies du col utérin.

On emploie aussi l'iodoforme en poudre appliqué dii-ectement ou avec un insufflaleur, ou mélangé à 100 parties d'éther, pour pulvérisations à la surface des plaies (Dujaruin-Beaumetz).

Viodol, complètement dépourvu de l'odeur si pénétrante et si désagréable de l'iodoforme, pourrait lui être substitué dans l'usage ordinaire, car, si son pouvoir antiseptique est un peu inférieur, par contre, il expose moins aux accidents d'intoxication dans l'application sur les plaies étendues.

TRAITEMENT ANTISEPTIQUE

L'iode sous forme de teinture d'iode est employé comme caustique en badigeonnages sur le col utérin.

L'ichtyol (sulfo-iclityolaLe d'ammoniaque), pur ou sous forme de solution plus ou moins étendue dans la glycérine, est employé aux mêmes usages, c'est-à-dire comme caustique. Par son action siccative il modifie avantageusement les sécrétions utérines et vaginales, et il entre dans la composition de topiques dont nous parlerons plus loin.

Le hichlorure de mercure ou sublimé est très usité sous forme de solution dans l'eau. Nous avons indiqué (p. 57) la formule de celle qui est prescrite aux sages-femmes. On emploie souvent la liqueur de Van Sivieten, ou solution alcoolique, dont voici la formule :

Bichlorure de mercure 1 gr.

Alcool à 80" 100 gr.

Eau distillée 900 gi-.

On peut aussi employer la solution salée :

Bichlorure de mercure 1 gr.

Chlorure de sodium 5 gr.

Eau disUUée 1000 gr.

Et l'on peut colorer ces solutions avec l'indigo ou le carmin pour éviler toute erreur. — Pour éviter le transport d'une grande quantité de liquide, on peut prescrire la solution alcoolique à 1 de sublimé pour 100, que l'on ajoute, au moment de s'en servir, à 1 litre de liquide. — Le sublimé altérant les instruments métalliques, la solution phéniquée ou l'eau bouillante seront préférées pour le nettoyage de ces instruments.

Le naphtol p peut être employé en solution au millième quand on redoute une intoxication par le sublimé ou l'acide phénique :

Naphtol p 1 gr.

Alcool 50 gr.

Eau 950 gr.

Le p^imanganate de potasse en solution est un bon anti- ; septique, qui n'a d'autre inconvénient que de tacher la

peau et le linge en rouge. On emploie la solution forte [i p. aOO) et la solution faible (i. p. 1000).

La résorcine (en solution à 2 ou o p. 100) est peu employée.

Le salol en poudre ou en topiques (crayons) est employé dans le traitement des ulcérations et de l'endométrite.

Le sulfate de cuivre en solution (à 1 p. 100) est d'une toxicité faible, et comme tel est employé en injections vaginales ou utérines lorsque le sublimé est contre-indiqué. — Le sulfate de zinc, moins actif, est souvent prescrit contre la leucorrhée d'origine blennorragique ou autre.

Le thymol est employé assez rarement (en raison surtout de son prix élevé) en solution à 2 ou o p. 1000 (dont 100 gr. d'alcool).

La microcidine (composée de naphtol |B et de soude) est très soluble dans l'eau et peu toxique, bien que son pouvoir antiseptique soit supérieur à celui du sulfate de cuivre. On l'emploie surtout en obstétrique, pour les injections vaginales et utérines, avant et après l'accouchement, à la dose de 4 p. 1000 (Tarnier).

Antisepsie obstétricale.

Nous n'avons pas l'intention de nous étendre ici sur les précautions que réclame l'asepsie ou l'antisepsie préventive de la femme en état de puerpéralité, de la part des personnes qui doivent être en contact immédiat avec elle : accoucheur, sage-femme, aides, infirmiers ou infirmières, garde-malades. Nous y reviendrons d'ailleurs dans la troisième partie.

Ces précautions préliminaires (lavages antiseptiques des mains, changements de vêtements, vêtements spéciaux, etc.), sont indiquées dans la plupart des traités de gynécologie avec un luxe de détails méticuleux qui les rendent absolument impraticables, ou dont l'étalage peut paraître ridicule ou puéril. Indiquer aujourd'hui ces précautions au médecin éclairé et expérimenté nous semble inutile :

TRAITEMENT ANTISEPTIQUE

chacun, agissant sous sa responsabilité, doit avoir la conscience nécessaire pour prendre loyalement et sûrement les précautions qui sont, avant tout, celles de la propreté la p/us parfaite. D'un autre côté, il est légitime d'exiger des aides et des personnes qui approchent la patiente, même quand ces personnes sont de la famille, des précautions au moins égales et de s'assurer qu'aucune infraction à cette règle n'est de nature cà venir compromettre l'asepsie de l'accouchement physiologique. Ces précautions devront être beaucoup plus grandes lorsqu'il s'agit d'une opération obstétricale avec les mains ou les instruments, et l'on se conformera alors aux règles strictes de l'antisepsie opératoire.

Les ongles tenus toujours courts (rognés à 1 millimètre) ; un lavage à l'eau et au savon joint à l'usage de la brosse à ongles, ce lavage s'étendant jusqu'au coude après que les manches ont été relevées et fixées au-dessus de cette articulation; enfin les mains plongées, s'il y a lieu, dans une solution de sublimé ou dans l'alcool à 80 degrés et enduites, sur leur face dorsale, de vaseline boriquée dans les interventions opératoires, telles sont les précautions préliminaires indispensables que nous avons toujours vu prendre aux accoucheurs et aux gynécologistes les plus distingués, et que nous avons toujours prises nous-même. Le frésultat final prouve qu'elles sont suffisantes, bien qu'elles n'exigent pas une perte de temps de plus de cinq minutes, tout compris.

Les solutions de sublimé s'altérant quand elles sont préparées à l'avance, on peut se servir de la poudre préparée suivant la formule de M. Budin, dans laquelle l'acide tartrique favorise la solution du sublimé :

Bichlorure de mercuro 0 gr. 25

Acide tartrique 1 gr.

Solution de carmin d'indigo à o p. 100. 1 goutte.

pour un paquet. — En mettant deux de ces paquets dans un litre d'eau filtrée et bouillie au moment de s'en servir, on a une solution à 1 pour 2000 dont on sera sûr. Le carmin

d'indigo peut être supprimé sans inconvénient, au moins dans la pratique de la ville, et lorsque le médecin seul est appelé à s'en servir.

Instruments. — Le sublimé, attaquant les instruments métalliques, ne convient pas pour leur nettoyage antiseptique : on se servira, au moment même de l'opération, de la solution phéniquée ou de l'eau bouillante. Après s'en être servi, on les plongera simplement dans l'eau froide, l'eau chaude coagulant l'albumine qui existe dans le sang et les liquid.es organiques, ce qui rend les instruments ,plus difficiles à nettoyer.

Le flambage à la lampe à alcool, à sec ou après les avoir trempés dans l'alcool. Veau bouillante et Véluve sont les trois seuls procédés à employer pour l'antisepsie préalable des instruments métalliques.

Autant que possible ces instruments seront entièrement métalliques, la corne ou le bois des manches s'altérant par la chaleur et le contact de l'eau chaude et présentant moins de sécurité que le manche métallique. L'immersion dans l'eau bouillante, pour être efficace, doit durer dix minutes, laps de temps suffisant pour les désinfecter complètement.

L'étuve, et plus particulièrement l'ètuve à chaleur sèche (stérilisateur), est encore préférable. Cette étuve à gaz doit donner une température de IbO degrés, qu'il faut éviter de dépasser, car les chaleurs supérieures détrempent les lames des bistouris.

En résumé, avant l'opération, immersion dans l'eau bouillante, ou, à son défaut, flambage; — après, immersion dans l'eau froide, puis brossage et savonnage, immersion dans l'eau chaude, essuyage et enfin flambage, si l'on juge cette précaution utile : telles sont les précautions à prendre. D'une opération à l'autre, séjour dans l'étuve à chaleur sèche pendant une demi-heure.

Les instruments non métalliques (caoutchouc, etc.) seront plongés et maintenus autant que possible dans un réservoir fermé, en verre, contenant une solution de sublimé à 1 pour 1000 ou d'acide phénique à 1 pour 20.

TRAITEMENT ANTISEPTIQUE

La gaze simple ou iodoformée.la ouate hydrophile, seront renfermées dans des boites aseptiques hermétiquement closes. Les éponges doivent subir une préparation toute spéciale, puis èlre conservées dans des bocaux bien fermés, etc.

Accouchement simple. — L'antisepsie préventive pendant les dernières semaines de la grossesse est une bonne précaution. Elle est absolument de rigueur s'il y a eu des hémorragies ou d'autres écoulements pendant la gestation, quelle qu'en soit d'ailleurs la cause : c'est un fait d'expérience que les accidents post partum sont beaucoup plus fréquents chez les femmes qui ont de ces écoulements pendant la grossesse, et la raison s'en conçoit facilement.

Pendant les quinze derniers jours, on fera donc, après un savonnage vulvaire, une injection chaque matin avec une solution de sublimé à 1 pour 4000. L'accoucheur fera bien d'administrer lui-même quelques-unes de ces injections, afm d'en montrer le modus faciendi et d'en surveiller l'exécution.

Pour ces injections et, en général, pour toutes les injections vaginales et utérines, on se servira d'une canule métallique (canule de Budin), moins facile à briser que la canule en verre, et d'un réservoir de forme cylindrique appelé bock et d'une contenance de 1 à 4 litres, ou d'un sac de caoutchouc muni d'un long lube de même matière (sac de Doléris). Ces réservoirs, dont le liquide s'écoule sous la simple action de la pesanteur, seront munis d'une pince serrant le tube (en guise de robinet), et pourront être accrochés au mur, placés sur un meuble élevé ou tenus à la main, à volonté. Des bains entiers sont également indiqués.

Au moment de l'accouchement on pratiquera un savonnage vulvaire et une injection antiseptique conformément aux règles que nous venons d'indiquer. L'accoucheur et tous les aides prendront les soins de propreté et d'antisepsie personnelle que nous avons énumérés au commencement de ce chapitre.

LA TUÉRAPEUTly UE ANTISEPTIQ U E.

Chaque fois qu'il y aura lieu de pratiquer une exploration vaginale, l'accoucheur procédera à un nouveau lavage de la main et de l'avant-bras mis à nu (savonnage et immersion dans la solution de sublimé à i p. 2000).

Avant d'enfoncer le doigt, on aura soin d'essuyer la vulve avec un tampon de coton hydrophile imbibé de sublimé. Le doigt sera enduit de vaseline boriquée. Ces explorations seront aussi rares que possible.

Lorsque la tête apparaîtra à la vulve, comme l'accoucheur ne peiit plus s'éloigner, il fera mettre à portée de sa main une cuvette contenant de la solution de sublimé à 1 p. 2000. II s'en servira pour essuyer de temps en temps la vulve avec un tampon de coton imbibé de cette solution. S'il y a expulsion de matières fécales, on les enlèvera aussitôt et l'on fera un lavage avec le coton antiseptique. Toute la région génitale intus et extra pourra être enduite de vaseline boriquée, pour faciliter le glissement du fœtus et protéger la peau de cette région.

Un lavage soigné de la vulve, etc., suivra la délivrance.

En principe, quand l'antisepsie a été bien faite pendant la grossesse et l'accouchement, les injections, même vaginales, sont inutiles après l'accouchement. On pourra donc se contenter de placer sur la vulve un gros tampon de ouate hydrophile ou une compresse de gaze aseptique trempés ou non dans la solution de sublimé. Si l'on croit devoir prescrire des injections vaginales comme soin de propreté et pour rassurer la malade, on les fera faire, selon les règles, avec une solution phéniquée à 1 p. 100.

Application de forceps; Version et autres opérations. — Toutes ces opérations, nécessitant l'introduction de la main ou des instruments jusque dans l'utérus, exigent une antisepsie beaucoup plus stricte encore que dans l'accouchement simple.

La femme étant placée en position vulvaire et rendue aseptique par les lavages et injections sus-indiqués, le forceps sera flambé, puis trempé dans l'eau bouillante et enduit de vaseline sur sa face externe. Quand on le

TRAITEMENT ANTISEPTIQUE-

retire, on le place dans une cuvette pleine d'eau froide.

Il sera bon, après une application de forceps surtout au détroit supérieur, de faire suivre la délivrance d'une injection ou lavage intra-utérin avec une solution phéniquée à 1 p. 100.

Pour la version, la main et l'avant-bras jusqu'au coude seront enduits de vaseline boriqiiée sur leur face externe après lavage aseptique suivant les règles.

Enfin, après la délivrance, on fera un lavage antiseptique complet de la vulve, du vagin et de la cavité utérine.

M. le professeur Tarnier, dans une de ses leçons, a montré les brillants résultats obtenus en obstétrique par la généralisation des méthodes antiseptiques :

« Il y a huit ans, sur 1 340 accouchées, il en mourait 33, soit, une mortalité de 2,50 p. iOO : aujourd'hui, cette mortalité est tombée à 1 ,04 p. 100. »

M. Tarnier compare ensuite les divers antiseptiques employés dans son service à la Maternité de Paris; ce sont : 1» le sublimé (0 gr. 20 p. 1000); 2° le sulfate de cuivre (o grammes p. 1000); 3° le permanganate de potasse (0 gr. 50 p. 1 0.00); 4° l'acide phénique (20 grammes p. 1 000) et enQn bo la microcidine de Berlioz (4 grammes p. 1 000).

Ce dernier antiseptique a donné les meilleurs résultats. Après le sublimé, c'est le plus énergique des antiseptiques connus, et il a, sur ce dernier, l'avantage d'être beaucoup moins toxique.

On s'en sert actuellement à la Maternité pour les injections intra-vaginales et intra-utérines, de préférence à toutes les autres solutions.

Antisepsie en gynécologie opératoii-e.

Les précautions antiseptiques préliminaires à prendre, et qui concernent l'opérateur, ses aides et les instruments, sont ici les mêmes que pour les accouchements. Nous ne répéterons donc pas ce que nous avons dit précédemment à ce sujet.

LA TMÉRAPRUTIQUI': ANTISEPTIQUE.

L'exploration digitale ne sera faite qu'après lavage de la vulve et du vagin par un savonnage et une injection antiseptiques. Le doigt explorateur lui-même sera soigneusement désinfecté et enduit de vaseline boriquée.

Le spéculum, étant supposé primitivement aseptique, sera plongé dans l'eau froide immédiatement après chaque examen. On le nettoiera ensuite en l'essuyant et le frottant avec un linge sec, puis on le plongera dans une solution phéniquée à 1/100. En cas de vaginite ou d'affection vénérienne, il sera prudent, entre le lavage et le bain antiseptique, de flamber l'instrument à la lampe à alcool.

L'hystéromètre et tous les autres instruments tranchants ou mousses seront également aseptisés. Ces instruments ne seront jamais introduits dans l'utérus sans une irrigation antiseptique faite avec soin, le spéculum étant en place, afin que l'injection pénètre bien dans tous les replis de la muqueuse.

La dilatation du col s'obtient au moyen d'épongés préparées, ou mieux de tiges de laminaires, qui sont préférées aujourd'hui. Ces tiges sont rendues aseptiques en les laissant tremper quelques jours (4 au moins) dans une solution saturée d'éther iodoformé, d'où on les retire au moment de s'en servir. Leur application sera faite avec les mêmes précautions que pour l'introduction de l'hystéromètre.

Topiques vaginaux et utérins. — Outre les topiques introduits sous forme de liquides ou de poudres, on se sert souventpour les pansements de topiques solides sous forme de tampons, de suppositoires, d'ovules, de crayons ou de bandes de gaze rendus antiseptiques par l'incorporation de substances diverses.

Les tampons, très usités en gynécologie, sont formés d'un petit rouleau de coton hydrophile lié en queue de cerf-volant à l'aide d'une ficelle aseptique, et appliqué à sec ou imbibé de glycérine ou de tout autre liquide, dans un but thérapeutique. La ficelle, dont le bout pend entre les lèvres de la vulve, permet à la femme de retirer facile-

TRAITEMENT ANTISEPTIQUE

ment ce tampon après une application de 12 ou 24 heures.

Les suppositoires ont sur les tampons l'avantage de fondre lentement et sans laisser d'autre résidu que celui qui peut être entraîné par une injection. Voici la formule d'un suppositoire très fréquemment employé par M. Au- VARD dans les suites de couche avec menace d'accidents septiques :

lodoformc 1 gi"- ^

Glycérine ^ S^-

Beurre de cacao q. s.

Ce même suppositoire peut être utilisé en gynécologie.

Les ovules sont destinés à remplacer les tampons et les suppositoires. Ils sont faits au moule, à l'aide de la gelée de glycérine (gélatine glycérinée), et on leur donne les formes les plus variées. Us sont généralement introduits, le soir, par la femme elle-même et gardés jusqu'au malin, c'est-à-dire entre deux injections. Ils produisent un écoulement assez abondant. On peut les utiliser seuls ou leur incorporer les antiseptiques les plus divers : acide borique, tanin, chlorure de zinc, sublimé, résorcine, rétinol, salol, ichthyol, iodol, iodoforme, salol camphré, aristol, etc.

Ce mode de pansement exerce son action non seulement sur le vagin, mais encore sur l'utérus et ses annexes.

Les crayons, àe consistance plus résistante que les ovules et d'une autre forme, servent à introduire des antiseptiques dans la cavité du col et dans celle de l'utérus luimême. On leur incorpore les mêmes antiseptiques, notamment Viodoforme, Vichtyol, le salol camphré, le chlorure de zinc, etc.

On introduit aussi des liquides caustiques, notamment des acides {acide azotique en solution diluée, M. Leblond), jusque dans la cavité utérine, notamment dans l'endométrite, dans le but de cautériser la muqueuse et de produire par un processus chimique une escarre qui remplace le curage mécanique.

La gaze antiseptique {gaze iodoformée, ou gaze trempée

dans la solution de sublimé) est aussi employée, soit pour tamponner le vagin et même l'utérus, dans les hémorragies post paHum, soit dans un but thérapeutique en gynécologie, comme, par exemple, après ie curage. El]ca"il à la fois comme antiseptique grâce à riodoforme. qu'elle renferme, et comme tampon obturateur et protecteur

Curage ou curettage de l'utérus». - Cette opération, qui nécessite l'emploi du chloroforme et l'abaissement de 1 utérus, est une véritable opération chirurgicale. Cependant, comme elle est actuellement d'un emploi fréquent en gynécologie, nous croyons bien faire d'en résumer ici le manuel opératoire, au moins dans ce qui a rapport à l'antisepsie.

La dilatation du col, qui permet l'introduction des curettes, sera faite à l'avance à l'aide de tiges de laminaires lodoformées ou extemporanément au moyen du dilatateur de Sims et des bougies de Hégar, et en se conformant, pour ces instruments, pour les pinces servant à abaisser l'utérus et les curettes, aux règles de l'antisepsie la plus stricte. La toilette antiseptique de la vulve, du vagin et du col sera faite avec le plus grand soin.

Un premier lavage utérin avec la sonde irrigatrice de Budin ou celle de Reverdin précède utilement le curettage. On le fait avec une solution de sublimé faible (1 p. 2000 ou même 4 000).

Le curettage étant fait suivant les règles, on écouvillonne la cavité utérine à l'aide des écouvillons de crin de DoLÉRis plongés dans une solution de créosote dans la glycérine (1/2 à I/o de créosote). Puis on fait un lavage final avec une solution de sublimé plus forte que la première (celle-ci sera à 1 p. 1000 comme la liqueur de van Swieten).

Enfin, après avoir laissé écouler le liquide et abstergé le vagin avec de la ouate aseptique, on pousse jusqu'au

1. Pour plus fie détails sur ce sujet, nous renvoyons le lecteur à la monographie r(5commont publiée par M. lo D'' R. Berlin (do iNice) : Du curettage de l'utérus, 1892.

TRAITEMENT ANTISEPTIQUE. 251

fond de l'utérus une bande de gaze iodoformée imprégnée de glycérine que l'on tasse modérément et dont on laisse pendre l'extrémité dans le vagin. On se sert pour cela d'une pince mousse qui n'accroche pas la gaze. On remplit le vagin de la môme gaze iodoformée, on fait la toilette de la vulve au sublimé, on l'essuie et on porte l'opérée dans son lit (Berlin).

Ce premier pansement est laissé en place trois jours en moyenne. En règle générale, on ne le renouvelle plus tôt que s'il se produit un suintement notable à travers le tamponnement vaginal.

L'iodoforme est, jusqu'ici l'antiseptique qui metle mieux

à l'abri de ces suintements et de la production du pus en général. A ce titre et malgré son odeur désagréable, il doit être préféré jusqu'à nouvel ordre.

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