‹ La thérapeutique des vieux maîtresChapitre 15 sur 52 · FABRICE D’AQUAPENDENTE · texte numérisé non relu

FABRICE D’AQUAPENDENTE

Des ongles non taillés par devoir professionnel, on voyait cela au XVI® siècle. Les sages-femmes du temps avaient charge de montrer cette curiosité, l’ongle de l’index surtout. Plus long et pointu était-il, mieux l’usage en apparaissait approprié, Car c’était un instrument de chirurgie, une façon de bistouri dorné, cet ongle que les ciseaux n’entamaient pas. Il ne servait à rien moins qu’à déchirer le filet de la langue chez le nouveau-né. Que des accidents graves fissent suite à cette intervention, la sérénité des matrones ne s’en émouvait guère ; on leur avait prescrit de déchirer le filet. Elles déchiraient le filet. Quand on opère suivant les règles, on peut laisser mourir les gens. La satisfaction du devoir accompli permet de se retirer tête haute.

Non pas, protesta Fabrice d’Aquapendente. D’abord il n’est pas nécessaire de couper le filet et l’opération par exception devint-elle indispensable, elle serait pratiquée avec un bistouri courbe.

Ce médecin qui ne craignait pas de déchaîner

Page 1