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LA THÉRAPEUTIQUE DE WILLIAM CULLEN

La thérapeutique de Cullen était souvent en désaccord avec sa nosologie : l’expérience corrigeait inconsciemment la théorie : peu à peu elle greffait, cette expérience de chaque jour, un homme nouveau à côté du théoricien; l’homme nouveau se moquait de la théorie, à son insu, bien entendu. Il s’imaginait guider sa pratique d’après la théorie. Il guidait sa pratique d’après l’expérience, et cela au bénéfice des malades.

Les vieux maîtres ont, en général, fait preuve de sagacité thérapeutique dans le traitement de deux sortes d’affections : les fièvres et les maladies de l’estomac.

Cullen a émis sur la pathogénie des fièvres des vues puissantes. Elles sont dues, les fièvres, à des miasmes qui s’élèvent des marais ou du corps de l’homme. Ces miasmes constituent la cause primordiale des fièvres; ils récoltent des adjuvants d’action dans des conditions étiologiques surajoutées : le froid, la peur, les excès de boisson ou vénériens, toutes causes secondes qui diminuent la résistance du système nerveux vis-à-vis des miasmes.

Compter sur les efforts de la nature pour amener la guérison serait d’une pratique précaire. Affirmation qui met Cullen en opposition avec les doctrines de l’école hippocratique. Restreindre le rôle de la nature, développer celui du médecin, cela, Hippocrate ne l’avait pas dit. Cullen en proclame la nécessité.

Quoi de plus indiqué que de modérer la violence de la réaction fébrile, de prévenir les effets de la faiblesse, de corriger la disposition des fluides à la putréfaction ?

La réaction fébrile sera modérée par les moyens suivants : repos du corps et de l’esprit, usage des boissons rafraîchissantes et acidulées, abstinence des aliments

solides et des boissons alcooliques, prescription des laxatifs qui éliminent les matières putrides de l’intestin. On ne saignera le malade qu’autant qu’il ne soit pas trop faible. Les vésicatoires paraissent remplacer avec avantage la saignée.

De toutes les médications, la plus active contre les fièvres est le froid. Il répond à la triple indication : de combattre la fièvre, relever les forces, empêcher la putridité des humeurs. On l’emploie sous forme de bains d’air : le malade, débarrassé de ses couvertures, est exposé à la température ambiante. Le corps sera, de plus, fréquemment lavé à l’eau froide, méthode, nous apprend Cullen, qui a été expérimentée pour la première fois, en 1787 , à Breslau. Le quinquina, le vin adjoindront leurs effets toniques à ceux du froid. Quant aux tendances à la putridité,, elles se manifestent à la suite de l’affaiblissement du ton du cœur et des vaisseaux. Le froid corrige cet affaiblissement.

Dans le traitement des maladies de l’estomac, l’auteur insiste sur la dyspepsie par acidité du suc gastrique. Sans distinguer au point de vue chimique l’hyperchlorhydrie et l’acidité par fermentation, Cullen a très bien indiqué les différences de médication attri-buable à l’une et à l’autre.

Aux dyspepsies acides avec douleurs rongeantes à l’épigastre, conviennent les infusions de camomille, les sels alcalins et les terres absorbantes. « Parmi les alcalins, le caustique est plus efficace que l’alcalin doux, et ceci sert à expliquer les effets de l’eau de chaux. En faisant usage des absorbants, on évite l’excès d’alcalin, qui peut quelquefois avoir lieu. Les absorbants diffèrent en ce qu’ils forment un sel neutre plus ou moins laxatif ; de là procède la différence qui existe entre la magnésie blanche et les autres absorbants. Il faut songer à éviter l’excès des ajDsorbants et des alcalins, car, si l’on en donne une grande quantité, ils peuvent priver nos fluides de l’acide qui entre nécessairement dans leur

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