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LA THÉRAPEUTIQUE DE WILLIAM CULLEN

composition. » Quant à la nourriture, on se rappellera que les viandes préviennent la disposition à l’acidité. Elles seront bien supportées. On se gardera des boissons théiques et spiritueuses, on défendra les végétaux en général et on n’autorisera que ceux qui sont le moins disposés à la fermentation vineuse, le pain bien levé par exemple.

Aux dyspepsies, dont l’acidité est due au séjour trop long des matières acescentes dans l’estomac, il faut opposer les remèdes qui excitent l’action de l’estomac (amers, exercice, froid). La stase alimentaire, comme origine de la dyspepsie fermentative est accusée en termes précis : elle est la conséquence, cette stase alimentaire, de la digestion difficile des aliments absorbés, de la faiblesse des parois qui empêche l’estomac de pousser les aliments jusqu’au duodénum, d’un obstacle au passage du pylore. Surtout, pas de purgatifs énergiques contre la constipation ; il faut exciter l’intestin, non précipiter son action.

A côté de la thérapeutique des fièvres et des dyspepsies acides,'que de conseils sages, d’aperçus cliniques originaux.

Cullen a décrit la diphtérie pharyngée sous le nom d’esquinancie maligne. Elle est très remarquable, cette description. Le croup devient de l’esqüinancie trachéale. La mort dans le croup suit le spasme de la glotte et l’obstruction par les membranes. Les vomitifs sont le remède le plus efficace'.

Au sujet de la pneumonie, relevons cette assertion ; la pneumonie disparaît fréquemment le second ou le troisième jour lorsqu’il survient un érysipèle externe ; si cet érysipèle continue et se fixe, la fluxion de poitrine ne reparaît pas. Traitement de la pneumonie : la saignée.

Le diabète est considéré pour la première fois comme un vice d’assimilation. Cullen n’en formule pas le traitement. Il est découragé. Tous ses malades sont morts.

La médication est parfois hardie. Cullen baigne ses tétaniques dans l’eau froide et leur administre de hautes doses d’opium.

Toujours la thérapeutique reste soumise à l’expérience de la pratique. Dans la gonorrhée, par exemple, les injections astringentes sont pernicieuses au début : elles augmentent l’inflammation. Leur utilité ne s’impose que plus tard, quand la période aiguë est dissipée. Manier les drogues en connaissance de cause est la grande habileté du médecin. 11 faut même savoir s’en passer à l’occasion. De là le fameux aphorisme de l’auteur sur le traitement de l’attaque de goutte : « Patience et flanelle ».

Les dernières années de Cullen furent aigries par la lutte qu’il eut à soutenir contre son ancien disciple et ami Brown, en quoi Cullen manqua de perspicacité.

A considérer les excès alcooliques dont Brown était coutumier, Cullen eût dû entrer en défiance. L’amitié est chose instable : à plus forte raison, l’amitié d’un ivrogne.

La constance dans l’amitié, si rare soit-elle, existe pourtant de temps à autre : on la rencontre chez les gens qui ont été humiliés par la vie ; c’était, il est vrai, le cas de Brown, dont les parents étaient pauvres. Seulement, être humilié ne suffit pas pour développer les qualités qui assurent l’amitié vraie. Il faut encore que l’humiliation fortifie chez qui l’a subie les centres d’arrêt psychiques : attention, jugement, raisonnement, volonté, toutes qualités d’acquisition ardue qui déterminent la suite dans le caractère et les affections.

Cette éducation des centres d’arrêt faisait défaut à Brown. Cullen ne s’en est pas aperçu. De là l’amertume de son cœur. Elle provenait d’une connaissance imparfaite des hommes.

d’ANTGINE petit

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