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LA THÉRAPEUTIQUE PRIMITIVE I

à lui qu’on doit le vésicatoire cantharidé. L’invention de la thériaque est contemporaine d’Arétée : ce médicament, appelé chef-d’œuvre de l’empirisme par Bordeu, avait été composé par Andromaque, médecin de Néron.

Quelques noms encore : Thémison, disciple d’Asclépiade, qui fut le parrain d’une doctrine : le méthodisme et de deux médicaments : le sirop diacode et les sangsues; Soranus, dont nous retrouverons la doctrine dans Cælius Aurélianus, et nous voici en face de Galien.

Entre temps pullulaient des industriels peu scrupuleux. Ils s’imposaient par des tas de remèdes, écrasaient le malade sous leurs médications charlatanesques, décoraient leur mauvaise foi d’un nom : l’empirisme. Plus d’observations ni d’études, se fier à son étoile et en avant les drogues. Quand une école n’exige de ses adeptes que beaucoup de chance dans la carrière et peu de travail, elle devient, cette école-là, tout de suite prospère. Sérapion, son fondateur, eut beaucoup de disciples. Après la glorification du hasard vint celle de la dialectique; c’est Galien qui la célébra.

Le grand maître de la médecine du moyen-âge raisonna là où Hippocrate n’avait fait que constater. Des subtilités d’argumentation fleurirent l’aridité du fait nu. La médecine devint affaire de rhétorique. Mais sous une forme différente, le fond resta le même. Galien faisait reposer sa pratique sur deux principes déjà familiers à Hippocrate : guérir une maladie par son contraire, aider la nature par des procédés analogues à ses manifestations.

Après Galien, l’inertie commence : les compilateurs, Alexandre de Tralles, Aëtius, Paul d’Egine, donnent l’illusion d’un effort suprême avant que le champ d’activité soit déplacé. Le christianisme s’impose : d’abord les martyrs, puis la théologie. Les médecins de l’âme détiennent la faveur publique; des médecins du corps on s’occupe peu. C’est tout au plus au commencement

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du moyen-âge s’ils étaient acceptés comme émules des baigneurs.

Nos études de thérapeutique ne s’arrêtent pas à cette période de honte scientifique : vis-à-vis Celse et Cælius Aurelianus, nous jetons un pont de dix siècles, et les thérapeutiques d’Avicenne et de l’École de Salerne nous conduisent immédiatement à la Renaissance.

Le lecteur de ce volume s’étonnera peut-être de la valeur inégale des auteurs qui se succèdent à travers ses pages.

Loin de toute biblioth|que, nous limitions forcément nos études au hasard des trouvailles de librairie. Ce n’est pas là un inconvénient eu égard au plan que nous nous étions proposé. Nous n’avons pas eu l’intention d’écrire une histoire de la thérapeutique, mais d’en faire valoir les fluctuations essentielles en les rattachant à certaines figures, les unes de premier ordre, les autres d’envergure moindre. 11 est tel masque pittoresque qu’il eût été dommage de ne pas mettre en lumière. Dans une oeuvre de longue haleine peut-être n’est-il pas mauvais que la sévérité des pages soit de temps à autre éclairée d’un sourire. Nous espérons que le lecteur pensera comme nous.

I" Siècle

Dans la Rome des Césars pratiquaient deux classes de médecins : sans diplôme les uns et les autres, ils ne se distinguaient au regard du public que par un détail de comptabilité : médecins bénévoles, ils offraient leurs soins gratuits ; médecins de profession, ils réclamaient des honoraires. Les clients assaillaient la porte des premiers et accordaient leur confiance aux seconds. Ou du moins cela devait-il se passer ainsi ! Acheté, l’espoir en la guérison est plus solidement acquis ; fourni à titre gracieux, il se dissipe très vite. Cet inconvénient, on le voit, était de réparation aisée aux Romains. La bonne parole médicale ne s’échappait pas contre remboursement; loisible à chacun de courir s’y désaltérer. La soif de remèdes était apaisée et cela ne coûtait rien.

Celse rentrait dans la catégorie des médecins qui respectent la bourse de leurs clients ; ses biographes le font descendre de la famille Cornélia, une des plus riches de Rome. N’ayant pas besoin de la médecine pour vivre, il était très occupé. Son ouvrage « de Re medica » constitue un modèle de manuel où sont exposées, en langue remarquable et formant un ensemble de huit livres, la pathologie générale, la séméiotique, la matière médicale, la pathologie interne et la

Fiessinger. — 2.

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chirurgie. Empruntés en partie aux doctrines d’Hippocrate et d’Asclépiade, à la pratique des chirurgiens Triphon et Mégès, les préceptes qu’adopte Celse n’en indiquent pas moins à mainte page un praticien qui a observé par lui, et coule en un moule original les leçons qu’il a reçues des maîtres. 11 vivait dans le siècle d’Auguste, sans qu’on connaisse au juste la date de sa naissance et de sa mort. A la vérité la biographie importe peu quand l’œuvre reste et celle-ci nous emplit d’admiration. Ce sentiment est doublé par un de ces étonnements qui vont à l’extraordinaire et à l’incompréhensible, lorsque nous apprenons que ce livre si fouillé sur la médecine, ne représente qu’un fragment d’une vaste encyclopédie où tour à tour tenaient leur place : l’agriculture, la rhétorique, le droit, la philosophie et l’art militaire. Quel prodigieux entassement de connaissances et quelle perte pour le monde moderne! Car seul le Traité de médecine nous est parvenu, les autres parties de l’œuvre ayant été égarées on ne sait où ni quand.

Être enthousiasmé par un manuel, l’impression n’est point banale ; et cependant, tous ceux qui ont lu Celse, l’ont ressentie. Dans la préface de l’édition que nous possédons et qui est dédiée à Guy Patin, Celse est placé au-dessus de Galien. Plus de fleurs dans celui-ci, nous annonce le commentateur, plus de fruits dans celui-là. L’océan de l’un nous apporte moins de renseignements sur l’art de guérir que le ruisseau de l’autre. L’éloge est formulé en beau langage et nous ne trouvons rien à y contredire, rhétorique en moins.

Aussi bien Boerhaave avait déjà observé que bien des découvertes modernes n’étaient que des réminiscences de Celse, et cette remarque n’a pas cessé d’être juste. Ainsi le procédé de la ligature dans la fistule à l’anus. Celse usait d’un fil de lin, Desault et Foubert d un fil de plomb et les Anglais modernes d’un fil de

caoutchouc. Telle encore l’opération de la taille latérale. Perfectionnée par Foubert et Thomas, le mérite de la description première revient à Celse. Les modernes s’imaginent avoir posé les premiers le diagnostic différentiel entre l’hystérie et l’épilepsie. Le médecin latin les a très irrévérencieusement précédés. Dire après cela que Celse n’était qu’un simple dilettante et que son volume a été écrit pour les gens du monde ne semble guère fondé.

On n’entre pas dans de tels détails quand on s’adresse au profane; d’autre part un dilettante en médecine ne se permet pas d’opinion personnelle, il raconte, ne se produit pas. Celse intervient à plusieurs reprises, discute, conclut, affirme. Que les compilateurs des premiers siècles Aëtius, Oribase, Paul d’Egine aient dédaigné la manière concise de Celse, eux qui n’estimaient un ouvrage que par la quantité des pages, on le comprend assez. De même Galien : à côté de ses in-folio, le Manuel de Celse ne comptait pas. A quoi bon parler de ce petit auteur qui a si peu écrit? Et nul ne s’en inquiète, ni Galien ni les compilateurs. N’empêche que Celse a été imprimé avant eux tous, la première édition du Manuel ayant paru à Florence en 1478. Cet empressement de l’éditeur, que veut-il dire? Après Avicenne, Celse est le premier auteur médical qui ait été à l’impression. A l’endroit d’un amateur sans conséquence, un tel honneur serait au moins excessif. Nous en concluerons donc que Celse était médecin ; ses connaissances encyclopédiques du reste en témoigneraient presque à elles seules, bien qu’on ait cherché à les faire servir à l’argument contraire : à savoir que s’occuper de tant de choses atteste qu’on n’exerce le métier correspondant à aucune. Or tous les vieux médecins étaient encyclopédistes, à commencer par Galien et personne n’a jamais songé à lui contester le titre de médecin sous prétexte qu’il avait écrit deux cent cinquante traités sur la philosophie, l’histoire, la grammaire, la rhétorique, les sciences. De toute cette discussion

se dégage malheureusement l’impression que rien n’est plus flottant que la précision en histoire : une fois qu’on commence à argumenter les preuves abondent à quelque fin qu’on les destine. Le pour et le contre sont soutenus à grand renfort de citations. L’historien est enchanté, mais le lecteur étouffe un bâillement, ce que d’avoir provoqué, nous lui demandons pardon.

A près de vingt siècles de distance, les remèdes spécifiques abondent si peu en thérapeutique qu’il ne faut pas s’étonner de l’ignorance de Celse. 11 n’en connaissait pas un. Des mesures hygiéniques minutieuses compensent dans la mesure de leur puissance cette lacune que nous n’avons pas la prétention d’avoir comblée.

En l’absence de quinquina, Celse soumettait ses paludiques à un régime rationnel qui visait à la fois l’expulsion de la matière morbifique et la réparation du système nerveux épuisé.

Dans la fièvre quotidienne, il ordonnait la diète pendant trois jours. Si l’accès se reproduisait, il attendait sa disparition pour prescrire des bains tièdes et du vin à l’intérieur.

La fièvre tierce était traitée par des vomitifs et des purgatifs. Le malade buvait du vin le troisième, cinquième, septième jour; des promenades, des frictions sur les membres étaient conseillées dans les jours d’apyrexie. On gardait au contraire le repos au jour attendu de l’accès.

Contre la fièvre quarte, on utilisait les mêmes moyens; en plus, le malade buvait après l’accès une grande quantité d’eau chaude.

Le traitement des fièvres pestilentielles n’a guère varié depuis l’époque où Celse préconisait de l’eau en abondance, les bains tièdes et le vin pur. Des feuilles de

vigne trempées dans l’eau froide étaient posées sur l’estomac du patient, la toux constituant une contreindication à ce procédé hydrothérapique.

On saignait, si les forces le permettaient; en cas d’affaiblissement ou de fièvre peu forte, on se contentait de l’administration d’un vomitif.

La reprise de l’alimentation était l’objet d’une sollicitude attentive : le premier jour quelques aliments très légers; observer la susceptibilité du malade; si la fièvre se reproduit, retour à la diète.

Dans l’asthme, la thérapeutique se ressent un peu de la confusion qui englobait sous cette dénomination des états morbides divers : à côté de recommandations utiles, des remèdes étranges. Les malades étaient soulagés par la saignée, les laxatifs, le lait de chèvre à jeun, les cataplasmes chauds autour du thorax. Ils buvaient des infusions d’hysope ou de racine de câprier. L’électuaire suivant leur était recommandé ; on choisit du nitre, du cresson, de l’ail grillé qu’on broie et associe à du miel ; d’autre part, on fait cuire un mélange de miel, galbanum et térébenthine. Du tout, avaler journellement un petit bol de la grosseur d’une fève. Étaient également indiqués les diurétiques, certaines pratiques d’hygiène, telles que promenades et frictions. Le foie de renard broyé, desséché et réduit en poudre, son poumon rôti étaient adjuvants de la médication.

Le traitement des crachements de sang s’inspire de la cause qui le provoque : s’il vient de la gencive, on mâchera du pourpier, on se gargarisera de vin pur et de vinaigre. Des ventouses à l’occiput viendront à bout des hémorrhagies plus rebelles : une femme en retard de ses règles verra le flux de sang buccal arrêté par l’application de ventouses scarifiées aux aines. Ici, se place un détail qui prouvera quel recul avait subi la chirurgie au moyen-âge. En plein seizième siècle, Amatus Lusitanus dut apprendre à

scarifier aux chirurgiens de Ferrare. Familière a Celse, cette petite opération était ignorée quinze cents ans plus tard.

Aux hémorrhagies de la gorge ou des organes profonds, notre auteur opposait d’autres remèdes : la saignée, l’absorption de vinaigre ou d’encens, ce dernier associé au suc de plantain ou de poireau. En outre, des liens constricteurs étaient posés autour des chevilles, des aines, des avant-bras, des bras. La tête haute était couverte de compresses d’eau froide ; le malade restait soumis au repos absolu et à l’abstinence de vin ou de tout aliment irritant.

Si paralysé que fût l’effort par l’insuffisance de la matière médicale, on s’aperçoit que le but était quand même assez heureusement atteint. Mais avec quels succès plus éclatants en chirurgie, un fait suffit à l’établir. Avant Albucasis, avant Ambroise Paré, Celse opérait la ligature des vaisseaux. « Après la castration, dit le médecin latin, veines et artères doivent être liées. »

L’oubli de ce précepte a encore été plus préjudiciable aux blessés que la désuétude où était tombée l’application des ventouses scarifiées. D’autres méthodes chirurgicales abandonnées pour cause de barbarie inutile : dans l’ozène, nez fendu jusqu’aux os, fosse nasale largement ouverte, cautérisée au fer rouge, puis narines recousues; dans la blépharite chronique, neuf grandes incisions sur les téguments du crâne, cautérisation de l’os au fer rouge, plaies bourrées de charpie ; toutes ces méthodes, dont le temps a fait justice, ne laissent pas moins déplorer la perte, avec elles, d’interventions précieuses dont la chirurgie moderne s’est enorgueillie, nous l’avons dit, comme d’autant d’acquisitions neuves : citons, dans cette catégorie, lés autoplasties par glissement, la ligature en masse des tumeurs hémorrhoïdales, du staphylome, de l’exomphale, l’incision par la méthode sous-cutanée des calculs arrêtés dans l’urèthre,

le prépuce d’abord tiré avec force et, dans sa rétraction en arrière, venant recouvrir la plaie uréthrale, le broiement de la cataracte, l’usage des gouttières dans les fractures des os.'

Il était difficile d’ajouter beaucoup à telle richesse de documents. Seule, la révolution de l’antisepsie a permis d’édifier en monument puissamment agrandi cêt art chirurgical dont les fondations étaient solidement établies dès le siècle d’Auguste.

Comparée à la médecine latine, la médecine du moyen-âge doit son infériorité à des conditions multiples ; l’anarchie politique, la foi religieuse, les livres perdus des auteurs anciens. La tradition d’Hippocrate n’a commencé à revivre qu’au seizième siècle. Avant cette époque, les malades imploraient plus volontiers l’assistance de Dieu que de l’homme de l’art, et de celui-ci, les gouvernements ne se souciaient guère.

Charlemagne avait bien ordonné d’adjoindre la médecine aux connaissances enseignées dans les écoles des couvents. Mais combien médiocre, cet enseignement ! Celse était connu de quelques moines médecins du moyen-âge; seulement, sa pratique n’était guère suivie et c’était plutôt celle de Cælius Aurélianus qu’adoptaient ceux qui estimaient un peu trop clairsemées les guérisons par miracles. Prier, c’était bien, mais il n’était pas interdit d’aider l’action de la prière par l’efficacité d’un remède.

Avec les bénédictins de Salerne, apparaissait une tentative suivie en faveur de la restauration de l’hégémonie scientifique, et bientôt après, les universités de Montpellier et Paris ouvraient leurs portes. L'unité de la nation reconstituée permettait de faire face aux besoins de l’instruction; sur la féodalité chancelante.

s’installait le souci de satisfaire la curiosité des intelligences. Un esprit plus mûr se répandait sur les peuples moins jeunes; à travers l’exaltation de la foi, la dépense en aventures guerrières de l’énergie physique, voici venir la méditation calme, la recherche désintéressée de la science, le triomphe progressif de la pensée. Circonscrite dans le domaine intellectuel, la lutte s’affinait de toute la brutalité en moins qu’elle avait déposée sur les champs de bataille ; n’était la crainte exagérée que l’Église avait de la discussion libre, combien, dégagée des entraves de la scholastique, cette lutte fût-elle devenue immédiatement plus féconde pour la science et plus glorieuse à tous ! La renaissance médicale du seizième siècle eût sans doute été reculée sans le coup de tonnerre de la Réforme, qui signifiait aux esprits qu’ils étaient aptes à comprendre par eux-mêmes. L’imprimerie naissante fortifiait, en la diffusant dans les masses, cette conscience que chacun ressentait de sa force. Des commentaires étaient publiés sur les éditions des auteurs anciens. L’imprimerie donnait le livre, la Réforme l’esprit critique. A la. raison qui réclamait sa pâtée, la foi était tenue de concéder une place à ses côtés dans les préoccupations des hommes. On ' priait toujours, mais on pensait un peu, et si peu que cela fût, la résurrection de l’intelligence ne s’imposait pas moins.

CÆLIUS AURÊLIANUS

11° Siècle

« Dans la péripneumonie, Dioclès soutient que les veines du poumon sont atteintes, Erasistrate opine pour les artères, Praxagore accuse les parties du poumon accolées à l’épine dorsale, Hérophile s’en prend à l’ensemble du poumon , Asclépiade restreint la lésion aux bronches, Apollonius l’étend à la fois aux artères et aux veines, Soranus estime que tout le corps est malade, mais le poumon avec plus de véhémence que le reste. »

Cette citation suffit. Elle démontre l’étoffe de compilateur que possédait Cælius Aurélianus. Nous sommes renseignés sur la pratique de chacun, particulièrement sur celle de Soranus, dont notre homme a traduit les œuvres en latin. Dans ce traité sur les maladies aiguës et chroniques qui est son bagage parvenu à la postérité, Aurélianus renonce à toute opinion personnelle. Il est prudent. C’est toujours un voisin qui parle ; l’auteur répète sans commentaires; à peine de temps à autre une variante peu compromettante. Quand tant d’hommes éminents interviennent dans la discussion, on ne se

risque pas à contrecarrer leurs jugements. C’est un acte sacrilège que de mettre en doute les enseignements des maîtres.

Très précieux un pareil ouvrage ! S’il fait peu d’honneur à l’intelligence de celui qui l’a écrit, en revanche, il nous initie à des écoles curieuses. Tout le système du méthodisme y est exposé. Élaboré par Thémison, ce système parmi ses défenseurs recruta Soranus, l’auteur traduit par Aurélianus et dont celui-ci rapporte la doctrine fidèle :

Une double faculté distingue les solides chez les êtres vivants : l’aptitude à se contracter ou à se relâcher. L’état de santé parfaite résulte de l’équilibre entre ces deux modes d’activité. Dans la maladie, l’équilibre est rompu : il y a excès dans la contraction ou le relâchement. L’excès de contraction amène la dureté, la raideur, la sécheresse des tissus, la diminution ou la suppression des évacuations ; à l’excès de relâchement appartiennent les phénomènes inverses, mollesse des chairs, évacuations abondantes. Parfois les deux sortes de symptômes sont associés, la maladie est mixte, le relâchement domine à une place, tandis que la contraction est maîtresse ailleurs.

L’inflammation et les modalités qu’elle affecte sont du ressort de la contraction. Le domaine du relâchement englobe le choléra et les hémorragies. Sur le terrain des maladies mixtes se rencontrent la pneumonie, la phtisie, la pleurésie.

Des antiphlogistiques, dérivatifs, révulsifs conviennent aux maladies par contraction. Le relâchement est combattu par les frictions, astringents, vins, toniques. Rien que de très clair jusque-là. La confusion commence avec la discussion du cadre qui recevra telle entité morbide plus complexe. Ainsi l’hydropisie, à quel genre l’incorporer? S’agit-il d’une maladie dure ou molle? Dure affirment les uns, molle ripostent les autres. Et dans les

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