‹ La thérapeutique physique d'autrefoisChapitre 11 sur 87 · DÉCOUVERTES DES PROPRIÉTÉS PHYSIQUES ET CHIMIQUES DE L'AIR · texte numérisé non relu

DÉCOUVERTES DES PROPRIÉTÉS PHYSIQUES ET CHIMIQUES DE L'AIR

l'impureté de l'air et l'existence au sein de l'atmosphère, d'effluves provenant du sol et d'exhalaisons produites par les êtres organisés.

A la fin du xvn e siècle encore, Mayow entrevoit l'oxygène dans un sel qu'il appelle esprit vital igné et qui d'après lui excite la fermentation, entretient la flamme par la combustion et la vie de l'animal par la respiration (i). Viennent enfin les travaux de Haies, de Black, de Prietsley, de Scheele, de Cavendish et ceux surtout de Torbern Olof Bergman publiés vers 1770, avant Lavoisier par conséquent, travaux qui donnent déjà une idée assez exacte de la composition de l'air (2).

En effet, d'après Bergman, l'air est constitué par :

i° Un acide aérien libre, en très faible quantité (l'acide carbonique).

2 Un air qui ne peut servir ni à la combustion ni à la respiration, et qu'il appelle air vicié (l'azote) ;

3° Un air pur, absolument nécessaire à la vie animale et formant à peu près le quart de la masse totale (l'oxygène).

Enfin en 1772, armé de la balance, Lavoisier (3) rejette l'hy-

Tractalus... I. Suspicioncs de latentibus quibusdam qualilatibus aeris una cum Appendice de magnetibus cœletribus... Ini6°, Londini, 1676.

(1) Opp. Hagœ comit. 1681, p. g5. Voir : Dictionnaire Dechambre, art. Atmosphère, déjà cité, par J. Gavarret.

(2) Bergman (Torbern Olof). Opuscules chimiques et physiques... Traduits par M. (Guyton) de Morveau. Tome I er , Dijon, impr. de L.-N. Frantin, 1780, 8 e tahleau. Bibl. Nat. R. 28287.

(3) « Chacun se souvient que c'est en absorbant O sur Hg chauffé plusieurs jours que Lavoisier montra qu'il restait 4/5 environ du \olume d'air primitif après l'opération et que le résidu était composé d'un gaz peu actif, incapable d'entretenir la vie, et qu'il appela Az. Plus tard, chauffant plus fort l'oxyde rouge de mercure obtenu par l'absorption de l'O, il régénéra ce gaz, et le mélangeant avec Az résiduel, il reconstitua l'air avec toutes ses propriétés chimiques et physiologiques.

Après lui, fiegnault, Dumas et Boussingault reprirent l'analyse de l'air par des méthodes très précises et la composition de ce mélange demeura fixée ainsi qu'il suit : O. . . . . . . 20J)4

Az. ... - 79.06

100,00 En i8r)5 Ramsay et Rayleigh constatent une différence de densité entre Az tiré de l'air et Az obtenu par la décomposition du protoxyde d'azote et soupçonnent qu'il existe dans l'air un 3 e gaz peu actif; si on absorbe Az de l'air par Mg au rouge ou si on le combine lentement à O sous l'effluve électrique, on a de l'argon (Regnard). »

aS AEROTHERAPIE PROPREMENT DITE

pothétique phlogistique imaginé et imposé par Stahl. Il donne d'une manière complète et irréfutable la théorie de l'oxydation (i).

Ces travaux ont une utilité immédiate pour la médecine ; ils éclairent l'aérothérapie à ses débuts.

Plus tard Pasteur devait déterminer les différents degrés de pureté de l'air au point de vue des germes pathogènes; déjà Lavoisier permettait d'expliquer les causes et les effets de l'air vicié des mines, des cuves en fermentation, de l'air confiné parles corps en combustion ou la présence d'un grand nombre d'êtres vivants.

Il insista tout particulièrement sur ce dernier point.

Le i5 février 1785, au cours de la séance de la Société royale de médecine (2) il lut un mémoire où il démontrait l'altération de l'air dans les salles où vivent de nombreuses personnes. Les expériences qu'il avait pratiquées pour appuyer sa démonstration, à l'hôpital général (La Salpêtrière) et au palais des Tuileries, furent si décisives que la ventilation parut nécessaire dans les principaux hôpitaux parisiens.

Si bien qu'en 1790, lorsque Halem vint à Paris, on lui montra à l'Hôtel-Dieu une machine qu'un homme mettait en mouvement et qui servait de ventilateur (3). Les administrateurs de l'hôpital, où suivant l'expression d'un rapport officiel, « l'air croupissait, faute de pouvoir se renouveler » avaient mis en pratique, pour le bien des malades, les idées de l'immortel chimiste.

Avant Lavoisier la ventilation n'était guère connue que pour les mines (4), et les machines que l'on employait après lui pour les édifices publics, les vaisseaux et les hôpitaux, consistaient surtout en machines aspirantes ou soufflantes.

(1) Nous reviendrons à propos de l'air comprimé sur la découverte de quelques autres propriétés de l'atmosphère.

(2) Histoire de la Société Royale de médecine (années 1782 et 1783). Paris, Théophile Barrois le Jeune, 1787, in-4°, p. 56g.

(3) Léon Mac-Auliffe. La Révolution et les Hôpitaux de Paris. Années 1780, 1790, 1791. Paris, Société nouvelle de librairie et d'édition, iqoi, in-8°, p. 37, note 1.

(J\) Agricola. De re melallica, 1. VI, p. i58. Basileae, 1657.

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