PAR LA CHALEUR
« La chaleur relâche ; elle faiL fondre ; elle dissipe les douleurs ; elle soulage dans les frissons, dans les convulsions, dans les tétanos, etc. »
Uippocbate. Aphorisines, IV, 22,
§ i. — Les bains de sable d'Hérodote le médecin. — ■ Les
FUMEROLLES DE BaÏES. LES FUMIGATIONS CHEZ LES SCYTHES,
en Egypte et a Rome.
La nature des phénomènes caloriques exerce depuis longtemps la sagacité des philosophes et des physiciens. Ce n'est pas le lieu de rappeler ici l'évolution des idées scientifiques qui ont conduit des théories de Démocrite et d'Heraclite aux principes fondamentaux de la thermodynamique. Toutefois, l'on peut dire que depuis le xix° siècle les progrès réalisés dans l'étude de la chaleur sont immenses et dépassent beaucoup les résultats obtenus au xvm e siècle et dans les siècles précédents, par Bacon, Newton, Boyle et Lavoisier.
Les Anciens, les anciens médecins surtout, avaient sur les phénomènes caloriques des notions plus rudimentaires encore.
Hippocrate, auquel il faut toujours remonter en médecine et dont les ouvrages ont si longtemps fait loi, sans préjuger de la nature intime de la chaleur, s'était contenté d'en observer les effets.
L'un de ses aphorismes résume d'une façon succincte l'ensemble de ses observations:
« La chaleur est suppurative dans les plaies, mais non dans toutes, et fournit, quand elle l'est un signe très important de salut ; elle ramollit la peau, l'amincit, amortit la douleur, calme les frissons, les spasmes, les tétanos ; elle est particulièrement utile dans les fractures des os, surtout quand ils sont dénudés et entre autres dans les plaies de tète ; elle l'est dans Mac-Auliffe. 7
tout ce qui parle froid se mortifie ou s'ulcère, ainsi que dans les herpès rongeants; et pour le siège, les parties génitales, la matrice, la vessie ; — à tout cela la chaleur est amie et décide les crises; — le froid est ennemi et mortel (i). »
Les détails que nous fournirons sur l'hydrothérapie chez les anciens, en particulier sur les bains chauds et les étuves, restreindront les limites de ce chapitre. Néanmoins, suivant une loi générale et facile d'ailleurs à interpréter, nous verrons que dans cette nouvelle branche de la thérapie physique comme clans les autres, la plupart des principes et des procédés thérapeutiques remontent à la plus haute antiquité.
Les bains de sable par exemple ont été décrits par Hérodote qui les administrait d'après une méthode savante dont Oribase nous a conservé la description :
Du bain de sable (2).
« La fomentation à l'aide du sable convient aux malades
(1) Aphorismcs. Livre V, aph. S 22.
Cf. aussi : Traité de l'usage des liquides, ch. n et iv (Encyclopédie des sciences médicales, t. II. Paris, 1887).
Longtemps après Hippocrate, Hérodote raconte comment on tirait parti de la chaleur au point de vue thérapeutique, dans les bains anciens :
Des avantages qu'on retire du feu et des charbons. Tiré d'Hérodote, du livre sur les moyens de traitement externes, in : Oribase, op. cil. (traduct. Bussemaker et Daremberg), t. II, p. 4o8 :
« Les malades affectés d'une douleur chronique sont traités par la chaleur à l'aide de charbons, disposés dans le local destiné aux onctions, ou dans la pièce du bain spécialement consacrée à ce traitement. Les parties douloureuses devront être fortement chauffées jusqu'au point où le malade le supportera difficilement. On devra se servir de charbons de bois, ou bien on trempera préalablement le bois dans l'eau (avant d'en faire du charbon). Le traitement, qui consiste à recevoir la chaleur en se mettant contre un mur chaud, produit le même effet, et, si le mur dont il s'agit est pénétré d'une chaleur modérée, on mettra les parties douloureuses immédiatement en contact avec lui ; mais, si la chaleur est très intense, on revêtira préalablement les parties de linge grossier, puis on mettra ces parties malades en contact avec le mur. »
Le mur chaud dont il est question ici est évidemment le mur chauffé d'une étuve, peut-être du laconicum.
(2) Tiré d'Hérodote, du livre sur les moyens de traitement externes. Cf. encore : Dioscoride, lib. V, c. 167.
« On dit que le sable de mer (arena maris) emporte l'humidité superflue desconsti-