LES BAINS DE SABLE. — LES FUMIGATIONS
îaut faire de son mieux, considérer le cas comme pressant et ne pas attendre l'avantage cpi'on retire de l'à-propos. Alors les malades devront s'établir aussi au voisinage de la mer; on chauffera le sable dans des fours pour les y ensevelir de la manière décrite plus haut, et on réglera également le reste du traitement d'après ce que nous venons de dire; mais on devra attendre l'effet utile de ce traitement plus long que pendant l'été (i). »
Près de Baies, au dire de Celse (2), dans un endroit planté de myrtes, existait une fumerolle qui avait été recouverte d'un édifice où les malades allaient suer (voir fig. 1, p. io3). Cette fumerolle correspond aux bains actuels de Néron utilisés aujourd'hui contre les différentes formes de rhumatismes, certaines névralgies, certaines paralysies et contre les maladies de peau. Partout où des fumerolles naturelles existaient, dans tous les endroits où des vapeurs d'origine volcanique ou thermale arrivaient par les failles ou les porosités du terrain, les malades du monde romain accouraient. Aujourd'hui encore, les médecins utilisent les étuves naturelles de Cransac en France, Monsummano, Casamicciola d'Ischia, San Germano en Italie, Ofen en Hongrie, Alhama de Aragon en Espagne, etc., etc.; la plupart de ces fumerolles étaient fréquentées par les anciens.
Les fumigations. — Les premières fumigations en étuves remontent également à la plus haute antiquité. Au temps d'Hérodote l'historien, les Scythes mettaient des graines de chanvre sur des pierres rougies au feu et recouvraient le tout de vastes tentes de laine foulée. Dès que les graines commençaient à brûler, il se répandait une vapeur intense et suffocante que les Scythes ne redoutaient pas; ils se glissaient au contraire dans cette fumée, le plus près possible des cailloux rougis, et se faisaient suer à des températures excessives qui n'étaient jamais atteintes dans les étuves grecques.
(1) Oribase. Traduction Bussemaker et Daremberg, ouvrage cité, tome II, p. 4o3.
(2) II, 17. v Siccus calor et arenae calidae et laconici et quarumdam naturalium sudationum, ubi terra profusus calidus vapor œdificia includitur, sicut super Bajas in myrtetis habemus. » Cf. Ohibasjz, op. cit., tome II, p. 8g5.
C'était la seule manière qu'ils connaissaient de faire fonctionner la peau; ils ne prenaient jamais de bains (i).
Avant les Scythes, les Égyptiens se servaient d'inhalations décrites dans les papyrus médicaux sous la forme suivante :
« Prends les plantes que je t'indique, mets-les sur des pierres rougies au feu, et recouvre le tout d'un vase de terre percé d'une couverture. Adapte à ce trou un roseau creux et introduis dans la bouche l'extrémité de ce roseau, aspirant la fumée qui s'en dégage. »
Les papyrus indiquaient encore le manuel opératoire nécessaire pour les fumigations :
« On place sur des braises ardentes un certain nombre de substances et on ordonne au malade de se placer au milieu de l'épaisse fumée qui s'en élève (2).
Nous retrouvons les mêmes pratiques chez les Romains. Oribase nous a conservé un court passage d'Antyllus où les fumigations sont vantées contre l'hystérie, l'épilepsie, la migraine, l'orthopnée et l'asthme.
Contre les maladies de l'utérus, Antyllus employait une boîte à fumigations surmontée d'un petit tuyau que la femme introduisait entre les grandes lèvres et qui portait jusqu'au fond du vagin, peut-être même dans l'utérus, les vapeurs médicamenteuses (3).
Mais durant toute l'antiquité, les fumigations furent considérées surtout comme un remède indispensable dans les maladies de l'appareil pulmonaire. Galien, Dioscoride, Rhazès se sont faits les apôtres de cette thérapeutique. Les fumigations s'accomplissaient d'une façon très simple : le patient mettait entre ses jambes un réchaud au-dessus duquel il maintenait en ébullition le liquide à vaporiser, puis il se recouvrait d'une couverture qui faisait de l'atmosphère ambiante une atmosphère médicamenteuse.
(1) Cf. Hérodote. Hist. IV, 75. Traduction de Larcher.
(2) A. Nazmi. La Médecine au temps des Pharaons. Thèse, Montpellier, igo3.
(3) Cf. Oribase. Op. cit., t. II, p. 4a4.