‹ La thérapeutique physique d'autrefoisChapitre 31 sur 87 · PAR L'EAU · texte numérisé non relu

PAR L'EAU

« Balnea, vin a, venus corumpunt corpora sana : « Corpora sana dahunt, bolnea, vina, venus, o Bacciob, cap. iiTt:

BALXEOTHERAPIE

§ i. — Ba.lnea.tion chez les Indo-Aryens et les Égyptiens.

Dès la plus haute antiquité, l'homme a pris des bains naturels d'eau douce ou salée. Les chasses des temps préhistoriques, les fuites éperdues devant des animaux puissants l'obligèrent à affronter l'eau, et la natation fut, sans doute, une des nécessités primitives de son adaptation au milieu cosmique. Les soins de propreté s'accrurent avec le souci de la dignité humaine, et les religions des civilisations anciennes ordonnèrent comme un devoir indispensable, de fréquentes ablutions.

Du reste, chez tous les peuples anciens les vêtements étaient de laine et la transpiration rendait nécessaire la pratique fréquente des bains.

M. de Morgan nous a montré récemment une bais-noire découverte au cours de ses fouilles en Chaldée, et qui parait remonter à la plus haute antiquité.

Le Brahmakarmasamaptam (livre saint des Indous) renferme quelques prescriptions balnéaires que nous retrouvons dans la Bible et qui sont recommandées après tout attouchement avec une personne souillée pour cause de mort ou de menstruation.

Les ablutions liturgiques étaient et sont encore très fréquentes chez les Indous et l'ablution matinale était prescrite par les règles religieuses. Le Rig-Veda nous apprend aussi que, très anciennement, l'habitude de plonger les enfants dans l'eau chaude immédiatement après la naissance, était devenue générale dans l'Inde.

M. Julius Jolly qui, en 1901, a fait paraître un livre remarquable sur la médecine indo-aryenne (1), rapporte que chez ces anciens peuples, les bains passaient pour favoriser l'appétit «t qu'ils étaient préconisés contre l'impuissance, les démangeaisons, la fatigue, la sueur, la soif, la chaleur, etc.

Les bains chauds et les lotions chaudes n'étaient jugés recommandables que pour la partie inférieure du corps ; ils étaient nuisibles au contraire, pour les parties supérieures. Enfin l'emploi des bains était contre-indiqué en cas de flatulence, de rhume de cerveau, d'indigestions, ainsi que d'une manière générale après les repas (2).

Chez les Égyptiens, les établissements de bains devaient être très luxueux à l'époque de la guerre de Troie, puisqu'Homère dit que Ménélas rapporta d'Egypte des baignoires en argent.

Les prêtres, dont les vêtements ne pouvaient être de laine, mais d'étoffes de lin ou de coton (3), étaient d'une propreté scrupuleuse ; ils étaient tenus de se laver tous les jours, ainsi que les nuits, au moins deux fois (4), et de nombreux documents permettent d'affirmer que les bains dans le Nil étaient d'usage fréquent(5).

Toutefois, en l'absence d'une documentation très précise, nous sommes obligés, si nous voulons connaître la balnéation sinon la balnéothérapie chez les peuples anciens, d'étu-

(1) Medicin von Julius Jolly. Strassburg. Verlag von Karl J. Triibner, 1901. Extrait de : Grundriss der Indo-Arischen Philologie und Alterstumskunde (Ency-

clopedia oj indo-aryan research), III. Band, 10. Helft.

(2) J. Jolly. Ouvrage cité, p. 37.

(3) Hérodote, lib. II, c. 81. — Pline, lib. XIX, c. 2.

(4) Kurt Sprengel. Essai d'une histoire pragmatique de la médecine. Traduction Geiger. Paris, Imp. irnpér., 1809, tome I", p. 37 et 38.

(5) Exode, II, § 5.

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