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CHAUFFAGE DES BAINS ROMAINS

continué par nue cheminée (B) horizontale, de calibre étroit, dans laquelle on pouvait introduire un peu de bois pour aider au tirage. Cette cheminée débouchait sous le sol d'une première

salle (C) (étuve chaude, laconicum, sudatorium), séparée delà suivante (D) (tepidarium) par un mur de refend, ayant dans le sous-sol deux on n orifices plus ou moins rétrécis, analogues à

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ce qu'en hydraulique on appelle un étranglement. Plus loin le tepidarium était également limité par un mur de refend dont la fondation dans le sous-sol n'offrait plus qu'un ou deux passages. Le général Morin et M. de Roucy ont trouvé dans l'hypocauste delà Carrière du Roi une avant-dernière pièce (E) possédant elle-même deux orifices de o m ,20 sur o m ,20 environ aboutissant à 2 tuyaux verticaux et semi-cylindriques qui étaient de véritables cheminées d'évacuation. L'appel du feu se faisait à l'extrémité du bâtiment par les petites cheminées d'évacuation. On pouvait au besoin exciter cet appel « par un petit feu allumé vers leur branchement horizontal ainsi que cela se pratique encore aujourd'hui pour les foyers à flamme renversée. »

Les baignoires étaient chauffées, comme les salles, par la

circulation souterraine des gaz chauds de l'hypocauste.

Quelquefois pourtant, comme à Champlieu où il y avait deux baignoires, celles-ci l'étaient en outre par des foyers spéciaux (voir fîg. i5) qui permettaient d'avoir de l'eau à plusieurs températures (1).

D'après le général Morin

Fig. i5. — Salle de bains d'une maison nom- l rt „„a» J , ~ ~ 1* ** 1

péienne fd'après le général Morin;. Mode de « la prétendue explication d II

chauffage permettant d'avoir de l'eau à plu- chauffage de l'hvpOCailSte à sieurs températures. , ° J '

l'aide de boules enduites de poix, qu'on lançait enflammées vers le fond, et qui revenaient vers le foyer, ne supporte pas un examen sérieux. »

L'aération se faisait au moyen de tuyaux spéciaux communiquant avec l'air extérieur, placés souvent dans le passage de la fumée et chauffés suffisamment de cette manière (laconicum de l'église Sainte-Cécile à Rome) (Voir fig. 16).

(i) On se servait encore, pour chauffer l'eau dans les bassins, d'appareils en bronze ayant la forme de colonne, (miliarium) ou de serpentin, (draco)(Voir Sénèque. Quajst. nat., III, 24).

NOTIONS DE BALNÉOTHÉRAPIE CHEZ LES ROMAINS i53

Ces tuyaux d'aération étaient par conséquent aussi des tuyaux de chauffage.

Fig. 16. — Laconicum. Église Sainte-Cécile, à Rome.

d. — Notions de balnèothérapie chez les Romains.

Il est évident que cette organisation savante pouvait, dans bien des cas, rendre service à la thérapeutique.

Pline le Naturaliste raconte que durant six siècles le bain fut la seule médication qu'aient employée les Romains. Les médicaments ne furent introduits à Rome, qu'au n° siècle, par les médecins grecs, au grand désespoir de Caton qui, dans sa haine de la pharmacie, écrivit un jour à son fils : « Une fois pour toutes, je t'interdis les médecins ! (i) »

Dès que les Romains eurent pris l'habitude des bains compliqués, leurs médecins ne manquèrent pas d'utiliser ce précieux moyen de thérapeutique physique.

Asclépiade, par exemple, recommandait les bains froids, au

(i) Voir: Pline l'Ancien, 1. XXIX.

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point qu'il avait mérité le surnom de « donneur d'eau froide » ; nous savons cependant qu'il prescrivait les bains chauds accompagnés de frictions dans le tétanos et l'obstruction intestinale.

Dion Cassius rapporte (i) qu'Auguste, dangereusement malade, ne pouvait se décider à prendre des remèdes internes. Antoine Musa, son médecin, lui conseilla de se baigner dans l'eau froide, et même d'en boire. L'Empereur fut guéri et le Sénat accorda à Musa, en guise de reconnaissance, le privilège de porter un anneau d'or, ce qui jusque-là n'avait été permis qu'aux personnes du plus haut rang. Les confrères de Musa obtinrent, bientôt après, le même privilège.

Devenu célèbre, Musa fut le médecin d'Horace. 11 lui avait défendu les eaux de Baies et le faisait se baigner dans l'eau froide, même en hiver. Aussi les habitants de Baies se plaignaient-ils de l'abandon de leurs eaux soufrées et de la préférence qu'on accordait aux fontaines froides de Clusium et de Gabies, dont on recevait l'eau sur la tête et sur la poitrine.

Musa eut pourtant quelques mécomptes : c'est ainsi qu'ayant voulu traiter Marcellus, neveu et fils adoptif d'Auguste, comme il avait traité Auguste lui-même, il en coûta la vie à ce jeune prince (2).

Après Musa, son frère Euphorbe et Charmis de Marseille firent fortune en appliquant la même méthode, c'est-à-dire la balnéation froide (3) ; puis la mode des bains d'eau chaude apparut.

Les premières étuves furent peu goûtées des médecins. Plutarque qui, bien qu'historien, avait suivi lesleçons d'Onésicrate, donne une idée très désavantageuse des bains tels qu'on les employait de son temps (4). 11 dit que « rien ne contribue tant à altérer le corps et à causer des maladies que la variété des bains, par laquelle le corps se trouve ramolli comme le fer

(1) Livre III.

(2) James. Dictionnaire universel de médecine, traduit par Diderot, etc. Paris, 1746. Art. : Balnea.

(3) Pline le Naturaliste. Livre XXIX. ,

(4) Voir: Symposiaques, lib. VIII, quaest. 9.

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