‹ La thérapeutique physique d'autrefoisChapitre 40 sur 87 · LES BAINS ET L' AVÈNEMENT DU CHRISTIANISME 16S · texte numérisé non relu

LES BAINS ET L' AVÈNEMENT DU CHRISTIANISME 16S

réconfortent, et leurs humeurs dangereusement liquéfiées se resserrent grâce à une astringence qui leur rend la vie. C'est au point qu'on peut les voir sur-le-champ plus vigoureux comme s'ils s'étaient refaits avec un aliment qui leur manquait. Ainsi cette substance curative tire sa chaleur du soufre, et son astringence, de sa salure. IVe pas transmettre tout cela à la postérité, c'est commettre une lourde faute à longue portée. C'est pourquoi il faut restaurer les bâtiments dans leur ancienne solidité. Tout ce qui dans les thermes ou la canalisation a besoin de réparation, devra être reconstruit sous ta surveillance. On doit enlever aussi, en extirpant les touffes, toute la végétation qui pousse avec une fâcheuse importunité. Il ne faut pas que les filaments des racines, en grossissant peu à peu, s'implantent dans le cœur de la maçonnerie et que les murailles produisent, à la façon des vipères, une génération qui leur soit funeste par sa fécondité, et qui en lézardant l'édifice, en amène la ruine. Le palais est ébranlé par un long âge, consolide-le par une réparation méticuleuse. Débroussaille de ses taillis l'espace qui sépare le bâtiment public du chevet de la source ardente. Donne un bel et riant aspect de parterre fleuri à ce terrain que vivifie toujours la fertilité des eaux chaudes. Il sera étonnant de lui voir produire tout près un sel stérile et nourrir en même temps des verdures. Ces bienfaits ne sont pas les seules vertus de la terre d'Antenor; elle en a d'autres dont on peut être bien plus stupéfié. Ces entrailles de la montagne, si j'ose m'exprimer ainsi, tranchent les affaires litigieuses à la façon d'un secrétaire-juge. Si quelqu'un en effet cherche à dépouiller de sa toison du bétail volé, selon le procédé ordinaire, en le trempant à diverses reprises dans l'eau chaude, il est obligé de le cuire avant de le tondre. vraiment, c'est un juge à bien révérer; puisque dans ces eaux il y a, en toute évidence, non seulement du discernement, mais une justice sincère. Ce qu'on ne peut résoudre par les discussions des hommes est décidé par l'équité d'une fontaine. En ce lieu, la nature silencieuse parle en jugeant et elle prononce en quelque sorte une sentence qui coupe court à la mauvaise foi de celui qui n'avoue pas. Qui pourrait négliger de conserver ces mer-

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veilles, même s'il était de la plus sordide avarice. C'est une gloire pour mon règne, si je puis répandre dans le monde entier la réputation singulière de cette source. C'est pourquoi si la somme qui a été remise ne suffit pas aux travaux commencés, fais-moi connaître par une courte note ce que, selon toi, il faut encore dépenser. Peu nous importe la dépense, pourvu qu'on nous voie conserver de telles curiosités naturelles.

§ 6. — Bains publics pendant le moyen âge et dans les temps modernes.

a. — Bains et étuves en Italie et en Allemagne.

« L'abondance et l'excellence des eaux minérales chaudes qui existent en Italie entretinrent toujours, à un certain degré, le goût et l'habitude de la balnéation (i). » Cependant vers 775, le pape Adrien 1 er dut ordonner à son clergé d'aller se baigner processionnellement le jeudi de chaque semaine, en chantant des psaumes.

Au moyen âge, les Italiens se servaient de petits établissements de bains appelés étuves (Stuphae) de stufa, fourneau, d'après la manière dont ils étaient chauffés.

Suivant Savonarola, il faudrait entendre par étuves des bains d'air sec (2). Ces établissements contenaient des bains et des chambres de sudation; on pouvait y recevoir même des soins médicaux. Les étuvistes se chargeaient par exemple, de l'application des ventouses.

Les médecins n'approuvaient guère ce mode de balnéation « parce que tout s'y faisait sans ordre, sans méthode et qu'il y existait un mélange dangereux de gens sains et de gens atteints de maladies contagieuses ». Enfin, dit Baccius, « ces

(1) Dictionnaire Dechambre. Art. Bain.

(2) Savonarola. De omnibus mundi balneis. Bononie, 1 4 y 3 (Biblioth. Nat. : Te 139 , I), p. g : « Balneum aerum siccum quod nostri stuffam (étuve) nominat. »

Fie 17. — Bains de Plombières au svi" siècle. (Figure extraiic de l'ouvrage intitulé ; De balneis omnia quae exfanl, etc. Venise, i553.)

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étuves sont étroites, sombres, manquant de toutes commodités et plus disgracieuses qu'attrayantes et réellement utiles (i). »> Les lettrés italiens du xvi e siècle, comme ceux du xv", étaient très documentés sur les bains et nous nous référons encore à quelques-uns de leur livres (2) pour nous renseigner non seulement sur la balnéothérapie de cette époque, mais encore sur celle des Anciens. C'est ainsi que l'on peut voir clans l'un de ces ouvrages intitulé De balneis onmia qiiée extant, etc., datant de

i553, deux ou trois gravures du plus haut intérêt. Nous reproduisons ici l'une d'elles qui représente les bains de Plombièresau xvi e siècle (fig. 17).

Au début du xvn e siècle, le médecin italien Sanctorius qui était aussi un mécanicien remarquable, inventa l'un des premiers appareils qui aient servi à prendre un bain dans un lit

Bains et étuves en Allemagne. Presque tous les couvents allemands, d'après Sprengel, possédaient une salle où l'on faisait baigner et ventouser les indigents. Les bains chauds étaient de pratique relativement fréquente et la défense faite par Henry II de se baigner (3), excita un fort mécontente-

Fig. 18. — Appareil de Sanctorius pour prendre un bain dans un lit. D'après : Commentaria in I* m fen libri I Canonis Avicennae, l\°, édit. de Venise, 1660.

(1) Baccius. De thermis, 1. VII, c. it\, p. 466.

(2) Cf. : De balneis omnia quœ extant, etc. Venetiis apud Juntas 1 5 5 3 . Biblioth. Nat. • Te«*4.

(3) Cf. : Dictionnaire Dechambre. Article cité.

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